par Robert Cochrane version française Tof
Merci à vous pour votre intéressante missive. Comme vous, j'aime écrire. J'ai même eu un de mes articles publié dans le New Statesman, mais à part, lors de correspondances privées ; je n'ai jamais rien écris sur la sorcellerie. Je dois discuter de tout cela avec mes amis et ce sera la décision du groupe. Merci beaucoup pour votre aimable suggestion. Je vous enverrai probablement l'article, puisque vous en connaissez le sujet.
Shakespeare connaissait vraiment la sorcellerie. Je pense qu'il a passé un certain temps dans un des clans les plus avancés et que, pendant son service, il a donné naissance à la langue d'argent. Presque toute la sorcellerie de l'école à laquelle j'appartiens, cache ses secrets dans des vers et des jeux de mots. Robert Graves dans son livre « la Déesse Blanche » a écrit beaucoup de non-sens sur certaines sujets (principalement parce qu'il essaye de tout expliquer), mais il était très précis quand il a écrit que la Déesse variable était la vraie inspiratrice du poète et que toute vraie poésie doit traiter avec des thèmes dont Elle est la Maîtresse.
Shakespeare ne s’est jamais éloigné de ces thèmes et, dans un grand nombre de ses oeuvres, le paganisme est beaucoup plus apparent que le Christianisme. Ses « Femmes », par exemple, proviennent d'une très ancienne légende celte et cela donne une description simple et précise de la sorcellerie rurale. Le même thème apparaît dans « Le Roi Lear » qui, pour moi, n’est que pur paganisme au sens le plus noble du terme. Les personnages de Lear sont les archétypes de la légende principale. Le fou n'est en aucun cas un fou, mais plutôt un simple dieu. Lear est l’ancien Dieu de mort. Même Geoffrey de Monmouth ne pouvait se tromper sur cette question et la vérité première subsiste dans son mélange de mythologie et souvenirs celtes. Les wicas devraient lire Shakespeare puis jeter ensuite Aradia à la mer.
Notre terre des morts, l'Ile des Pommes, Avalon, Caerochren..., est un lieu qui, tel qu’il s’est figé dans les esprits, apparaît comme une campagne boisée, avec un triste bord de mer. On y trouve de grands pâturages et des collines qui se dressent jusqu’au ciel bleu. Près de la mer et de la forêt se trouve un petit hameau;
« Là où vous et moi mon amour
Là où vous et moi serons couchés,
Quand la croix de résurrection est brisée
Et notre temps sera près de s’achever.
Là bas, il n’y aura plus de pleurs
Là bas, il n’y aura plus de mort.
Seulement le coucher du soleil d'or,
Seulement le repos d'or ».
(Chanson sorcière)
Les bois sont sombres et effrayants et l’on y pénètre en traversant des flots. Là, le lâche se flétrit, les cœurs sensibles fuient, car c'est là que Roland devait souffler dans son cor et faire face à l'ennemi qu'aucun homme ne peut désarçonner. Je n’en connais pas les autres plans, si ce n’est inconsciemment comme chacun. Mon esprit est presque totalement dirigé vers l'Akashique, où je démêle le fil d'argent. Il y a eu tant de choses perdues et si peu de temps pour tout retrouver.
Pour fonctionner correctement, la magie sorcière doit se pratiquer en extérieur, à moins qu’on ai besoin de présences ectoplasmiques, les bâtiments sont inutiles et détruisent « la Vertu ». Nous pratiquons en plein air et c'est aussi la loi nécessaire pour les rituels les plus élevés.
La nudité, même si nous ne la pratiquons pas, est d’un bon effet psychologique, pour les personnes complexées que sont les païens de nos jours. Je comprends, bien que cela puisse ne pas être correct, qu'ils considèrent aussi la nudité essentielle pour produire ce qu'ils décrivent comme le pouvoir. Evidemment, l’escourge est aussi fortement favorisé pour cela. Là encore, on suppose que cela produit « le Pouvoir ». C’est probablement lié à une production d'adrénaline et de ses sous-produits qui aura des effets psychologiques. Comme il semble, qu’ils courent jusqu'à ce qu'ils parviennent à un état de suggestion, la suggestion y joue un rôle plus grand que l’escourge. Personnellement, je n’ai que fort peu de temps pour de telles pratiques. « Tout est dans le sang » comme me l’a dit l’un d'entre eux. Dans le passé, on a utilisé le fouet à cause de sa correspondance symbolique. « Le Diable », ou celui qui le représentait, poursuivait les autres dans un jeu sinistre, le jeu « du Lièvre et du Chien ». C'est une bonne façon d'amener chez soi le magnétisme de mort, aussi bien que celui de vie et la meilleure façon de tracer une frontière que je n’ai jamais pu traverser. Une fois que quelqu'un a compris de cette façon le symbolisme, il l’oubliera probablement à nouveau. Une interdiction que nous devrions aujourd'hui outrepasser. Rien ne peut jamais rester éternellement. Tout doit s’épanouir ou se corrompre. Conserver un modèle primitif corrompt les esprits civilisés et les âmes.
Le chemin que nous avons choisi est celui de la confiance. « Ainsi », dit-il en bourrant sa pipe, « c’est lié à une étrange histoire » « Dites-moi, Sir Humphrey », a-t-elle chuchoté en ouvrant délicatement ses yeux d’un bleu de porcelaine s'ouvrant..... « Mon arrière-grand-père était le dernier grand maître des sorcières du Staffordshire. Notre famille est vraisemblablement liée à la sorcellerie au moins depuis le dix-septième siècle, il y a des écrits de cette époque qui l’attestent. La maison où est né mon père était située sur la frontière entre le Staffordshire et le Warwickshire, ainsi lorsqu’on risquait l'arrestation, la famille allait d'une partie de la maison à l'autre. De toute façon, dans cette époque de matérialisme, mes grands-parents ont décidé de renoncer aux Dieux et sont devenus méthodistes. Cela a fortement fâché mon arrière-grand-père qui les a maudits. Cette malédiction a décimé ma famille au cours des années et des générations. Presque tous sont morts dans la misère ou de manière violente. Je suis né, ce qui était probablement la pire des malédictions. Mon père, qui était opposé à la sorcellerie, m'a regardé et a dit « le vieux bâtard est de retour » (mon père était sergent major) et tout de suite il a fait jurer à ma mère de ne jamais me parler de mon cet héritage. J’ai eu pour la première fois la conscience mystique des Dieux à l'âge de cinq ans et, depuis lors, j’ai progressé dans cet état. Je suis un professionnel, non pas parce que cela m’intéresse, mais parce que cela s’intéresse par moi. Après la mort de mon père, ma mère m’a appris la vérité. Je suis ensuite allé voir ma tante Lucie, qui est une vieille femme épouvantable. Elle m'a enseigné les cinq arts et la tradition. Mais la tradition sorcière veut que l’on doit avoir le sang sorcier pour avoir l'oreille des Dieux et ce sang sorcier revient à chaque seconde ou troisième génération avec la même physionomie. Autrement dit, seule une sorcière peut engendrer une sorcière et ne pas posséder cet héritage est la pire des choses qui puisse arriver à une sorcière. C’est littéralement une lente torture. Personnellement, je préfèrerais faire n’importe quoi plutôt que de revivre ces treize ans de sauvagerie. Mais seule une sorcière peut me comprendre ».
L'idée qui voudrait que le cercle magique mesure neuf pieds semble un peu erronée. Je suis très peu enclin à penser que c’est historique. Tout indique que c’est une invention du dix-neuvième siècle. Aucun contemporain n’aime admettre qu’il est possible que tout ait déjà été fait auparavant; mais de façon différente avec d’autres moyens. Cependant, c'est exactement ce qu’est la boussole sorcière, une machine très efficace et scientifique qui exige que la science l'utilise de façon correcte. Les cahutes construites par les Celtes avec des pierres et du bois, qui ont été utilisées jusqu'au seizième siècle pour la traite et la fabrication de fromage, étaient appelées « wiccens », un mot qui provient du Saxon et signifie sel. Il est possible que l’on utilisait des charmes pour les construire. En plus de la simple sorcellerie rurale, il doit être rappelé qu'il y a eu une autre tradition, dont on a très peu parlé. C'est la Clef de Rois.
«The witches blue band of hope and comradeship » a été inventée par Mme Leek pour s’amuser. Ils m'ont envoyé un formulaire à remplir où ils voulaient savoir toutes sortes de choses étranges. Je l'ai rapidement renvoyé à Mathieu Hopkins signé. Ils n'ont jamais vu la supercherie. Je ne peux qu’espérer que le Dieu Inconnu les assiste s'ils rencontrent un jour un maître de l'art noir. Comme vont les choses, j’ai conservé le questionnaire comme preuve de mon affirmation que ce ne sont pas eux qui rendront la sorcellerie respectable, mais qu’ils la tueront plutôt. Mme Bone est l’amie de Charlie Cardell qui se décrit comme Rex Nemorensis, ce qui en dit assez.
A propos, nous sortons parfois le dimanche avec la voiture d'un ami. Peut-être accepteriez-vous que nous passions vous voir pendant une heure.
Ma date de naissance 26.1.31. à 3h00 à Londres.
Nos respects à votre femme et vous-même,
Flags and Flax,
Roy et Jane