12ème nuit 1966
Cher monsieur Wilson
Merci pour votre lettre que j’ai lue avec intérêt. Vous portez de toute évidence un grand intérêt à la Foi et je vais tenter de vous la clarifier, ce qui me sera difficile car parler des « gens » (c’est ainsi que nous parlons de nous) est une chose que les groupes héréditaires demandent à leurs membres d’éviter. La religion est aussi plus mystique que d’autres, ce qui fait que les mots sont souvent trop pauvres pour décrire ce que nous découvrons ou ressentons à travers notre croyance.
La soif de savoir est le moteur de la connaissance. Le savoir est une chose que chaque organisme vivant possède, la connaissance est la récompense de l’esprit, le prix de la recherche du savoir. La vérité est variable – ce qui est vrai aujourd’hui ne le sera plus demain, car les vérités temporelles sont dépendantes de facteurs sociaux et éthiques – par contre la connaissance est peut être la vérité éternelle, indépendante de la condition humaine. Nous voilà au coeur des Gens, une croyance qui va plus loin que l’éternité, et ne tient pas compte des pressions sociales, et ainsi la croyance « sorcière » tient plus de la connaissance, et notre vrai nom est alors les « gens sages » et la connaissance est notre quête.
Certains groupes cherchent leur accomplissement dans les expériences mystiques – cela est bien si on n’oublie pas le devoir d’implication– le premier devoir des sages. Il ne suffit pas de voir la Dame, encore faut il la servir et accomplir sa volonté, en étant impliqué dans l’humanité, et dans le processus du Destin (le mot Destin désigne l’ensemble des Dieux) Dans le Destin et dans l’action de surmonter le Destin, se trouve le vrai Graal, car c’est de là que vient l’inspiration et la mort est vaincue. Il n’y a pas de Destin si terrible qu’il ne puisse être surmonté, que ce soit par une victoire littérale remportée à travers une action placée dans le temps, ou bien par une victoire solitaire sur soi même par la force de l’esprit. Le Destin est un challenge, le Château Périlleux dans lequel nous nous trouvons tous pour gagner ou mourir. Voici pourquoi les gens sont concernés par le Destin, car l’humanité est plus grande que les Dieux, mais pas aussi grande que la Déesse. Quand l’homme triomphe le Destin s’arrête et les Dieux sont vaincus, vous comprenez à présent le sens de la magie. La magie et la religion sont nos soutiens pour vaincre le Destin, et le Destin est un berceau qui berce l’esprit infantile.
A présent vous savez ce que sont les sorcières.
Vous confondez « lay »" une histoire chantée, et « ley » qui, en celtique signifie « plat ». Les leys étaient des chemins utilisés par les bergers du néolithique pour conduire leurs troupeaux. Ils étaient conçus pour aller d’un bout à l’autre du pays en ligne droite. Si vous vous trouvez dans ce qui fut le pays des indiens, et que vous regardez l’horizon, vous verrez parfois comme une coupure dans la ligne de la plaine ou des collines, et si vous allez jusqu’à ce point vous constaterez que ce point correspond avec un autre dans votre champ de vision, et ainsi de suite jusqu’à ce que vous ayez traversé la totalité de la Grande Bretagne ou de l’Amérique du Nord. Ces leys sont intimement liés à la religion des Sages, dans la mesure où ce sont ces mêmes bergers qui mirent les marques dans les collines, qui ont fait les cercles de pierres tels que Stonehenge ou Averbury, les Rollrights, etc… et également les grandes roues de pierre trouvées à travers l’Amérique du Nord.
La place d’Hermes est l’autel de pierre solitaire qu’on peut souvent trouver sur ces anciennes routes, et si on l’appréhende correctement, cet endroit peut être utilisé pour obtenir ce que l’on désire par la prière et la magie. Il y a des endroits puissants d’autrefois qui sont presque oubliés aujourd’hui, et ces endroits étaient un croisement entre plusieurs mondes. Je vais essayer de vous envoyer des photos de certains de ces endroits, ainsi peut être pourrez vous trouver leur équivalent en Amérique, et là vous trouverez la réponse à toutes vos questions. C’est dans des endroits tels que ceux là que certains voient la Déesse devenir Sept, puis redevenir Une. Le Sept suggère les jours de la semaine, mais considérez ces jours comme féminins et non pas masculins.
L’ordre 1734 ne correspond pas à une date, mais c’est une suite numérique qui parle à une sorcière. Un qui devient Sept est la connaissance, la Déesse du Chaudron. Trois pour les Reines des éléments, le feu appartenant uniquement à l’homme et au Dieu Forgeron. Quatre pour les Déesses des Vents. Les juifs orthodoxes pensent que celui qui connaît le nom de Dieu que l’on ne peut prononcer a le pouvoir absolu sur le monde tangible. En résumé, le nom de Dieu, prononcé Tetragrame (Je suis ce que je suis) s’épelle IHVH, ou bien l’Adam Kadmon, l’Homme du Paradis. L’Adam Kadmon est un ensemble de tous les archanges, en d’autres mots, une représentation poétique du nom des éléments. Ainsi ce que les juifs et les sorcières ont en commun, est qu’ils croient que l’homme qui découvre le secret des éléments contrôle le monde physique, 1734 est la façon dont les sorcières disent IHVH.
Le langage des mains est un sujet complexe auquel je reviendrai bien plus tard. Le chêne, le frêne et l’aubépine sont les noms des trois mères élémentaires. Tout ceci est une philosophie complexe. J’y reviendrai plus tard.
Le Gardnérisme est le nom de l’oeuvre de Gerald Gardner, qui, mû par le désir d’être flagellé, et de se pavaner nu, a créé sa propre religion qu’il a appelée « sorcellerie ». Ainsi que vous l’aurez compris, nous n’avons rien à voir avec cela. Dans la mesure où les garnériens ont un grand sens de la publicité, ils ont tendance à nous discréditer et peut être un jour relanceront ils la persécution. C’est pour cela qu’ils sont totalement détestés.
Le livre « La Déesse Blanche » de Grave répondra à beaucoup de vos questions, il ne parle pas seulement des 7 mondes, mais vous explique aussi comment y accéder. « l’endroit où l’étoile du soir rencontre l’obscurité de la nuit » est un des chemins.
Green Grows the Rushes O est une chanson d’archers, du Moyen âge. Elle a évidemment été corrompue par le christianisme, mais elle est partiellement restée inchangée. « un est un et solitaire, et il en sera toujours ainsi ». Les étoiles du drapeau américain sont autant de pentagrammes. Le crâne de taureau sur le drapeau du Texas est un autre signe sorcier, tout comme l’est l’étoile dans le cercle. Les barres en diagonales et les barres en V sont aussi sorcières à l’origine, tout comme les triangles, les fleurs de lys, les roses, etc…. qu’on trouve dans la tradition héraldique. Les blasons contiennent bien des réminiscences païennes.
L’homme avec qui je travaille s’appelle John Armstrong et il descend des Armstrong de Cumberland et Durham. Son ancêtres n’était pas seulement un bandit, mais aussi un chef reconnu.
Amitiés pour vous et les vôtres.
Flags, Flax, Fodder
Je vous bénis par l’eau, l’air et la terre