Les lecteurs du numéro 5 de Pentagram (celui de décembre 1965) ont pu y lire différents textes où certains souhaitent défendre les « gardneriens » et la mémoire de Gerald Gardner alors que Taliesin une des personnes ayant, dans le passé, écrit deux articles pour Pentagram, se sentant attaqué y répond et contre-attaque en répondant à ceux qui, selon lui, l’agressent.
Il n’est pas tout à fait impossible que ces échanges « d’amabilités » aient causé la fin de la publication de ce petit journal.
Arnold Crowther et
Taliesin
in Pentagram décembre 1965 version
française par
Tof
N’est-il pas grand temps que les sorcières cessent de s’entre attaquer dans le
but d’essayer de démontrer qu’ils sont, eux, les élus ?
J’en ai plus qu’assez de ceux qui parlent des Gardneriens avec leurs initiations
théâtrales puis se mettent à décrire une méthode bien plus théâtrale où l’on
reste toute une nuit dans une forêt hantée. Cela n’aurait aucun effet sur
quiconque si ce n’est sur des esprits faibles et imaginatifs qui croient
toujours au croquemitaine de leur enfance. Pourquoi ne pas revivre la vieille
histoire où l’on passe la nuit dans la « Chambre des Horreurs ? »
Quant aux descendants de sorcières et de ceux qui affirment avoir le sang des
sorcières qui coule dans leurs veines, je souhaite rappeler que la plupart des
Britanniques doivent avoir hérité de leurs ancêtres d’une certaine proportion de
sang de sorcières.
Il est grand temps que ces « Grands » autoproclamés descendent de leur cheval à
bascule et retournent sur terre pour se souvenir des paroles du barde immortel
Ruberdt Burns : « Que ce serait un don fantastique que de pouvoir nous voir
comme les autres nous voient ! »
Ce qui fait le plus rire c’est que ceux qui s’opposent à ces prétendues «
méthodes théâtrales » sont effrayés à l’idée de se montrer en plein jour et se
cachent derrière des pseudonymes.
Je pensais aussi que Pentagram était censé rassembler différents covens sur des
bases amicales et non pas de faire qu’ils se querellent et déversent leur haine
les uns sur les autres en publiant de basses insultes proférées par des riens du
tout.
Arnold Crowther, 397 City Road, Sheffield 2
Et voici la réponse de Taliesin:
Ma première réaction en lisant la lettre de M. Crowther a été de l’ignorer et de
n’en faire aucun commentaire puisqu’elle me confirme, de toutes les façons
possibles, tout ce qui a été dit au sujet des partisans de Gardner - et
beaucoup, également, de ce que j’ai entendu dire au sujet de M. Crowther ! Mais
à la réflexion je me suis dit qu’il ne fallait pas laisser une telle attaque
sans faire quelques remarques. Je vais donc répondre à cette lettre paragraphe
par paragraphe.
(1) je ne dis pas que je suis une « sorcière ». La différence principale entre
l’ancienne tradition religieuse à laquelle j’appartiens et les Gardneriens est
que nous n’aimons pas le mot « sorcière » et que nous ne l’employons jamais s’il
est possible de faire autrement tout en restant clair. La publicité déplaisante
liée aux activités d’un certain nombre de covens modernes montre à quel point
nous avons raison.
(2) une lecture attentive de ma description délibérément vague des préparations
pour le rite révélerait que j’ai parlé d’une potion magique qui est bue avant
que le candidat soit laissé seul. Avec cette potion magique même M. Crowther
pourrait avoir un contact plus étroit avec les dieux - bien que je craigne qu’il
n’apprécie pas cela !
(3) je trouve ce paragraphe tout à fait absurde. Il parle comme si il y avait eu,
à un moment donné du passé, une race spéciale dans ces îles qui aurait transmis
ce « sang des sorcières » à sa descendance. Je conviens qu’il y a bien de façon
latente une tendance forte au paganisme chez les Britanniques mais qu’il y ait
en nous tous un élan à nous tourner vers cette combinaison contemporaine d’un
Dieu Cornu Sarrasin greffé sur de vagues concepts celtes – quel non-sens !
(4) Dans lequel de mes deux articles publiés par Pentagram ai-je dit que je suis
un « Grand ? » Je ne suis pas humble et je ne l’ai jamais été - mais mon
parcours spirituel a difficilement commencé et j’imaginais que de réaliser ma
propre inaptitude ferait que ce que j’écris resterait neutre. Je connais tous
les rites et rituels utilisés par les covens comme celui de M. et Mme Crowther
et je suis passé par les trois représentations théâtrales qui composent les
initiations du Premier au Troisième Degré Gardnerien (toujours en obéissant aux
ordres du clan, dois-je préciser !). En plus de savoir ce que je sais à son
sujet, je pense avoir été raisonnable dans mes écrits. Et quant à savoir ce que
Burns a à voir avec cela, c’est bien trop profond pour moi !
(5) Quel paragraphe extraordinaire que voila, M. Crowther déverse son terrible
dédain sur nous parce que nous ne dansons pas gaiement devant des journalistes
pour nous faire de la publicité que lui et ses comparses aiment tant.
Devrions-nous rivaliser avec Mme Crowther en écrivant des articles pour les
magazines féminins ? Ou encore accepter qu’il y ait des caméras lors de nos
rencontres pour que l’on nous filme en train de gambader plutôt timidement au
son du battement d’un tambour ? Ou encore désigner une Prêtresse comme étant la
seule et unique « Reine des Sorcières » (précisant que bien sûr toutes les
autres ne le sont pas vraiment !) ? Non, M. Crowther, nous avons des siècles
d’anonymat, et ça nous convient parfaitement et nous espérons que ça continue
ainsi. Nous vous laissons la publicité, faites-vous toute la publicité que vous
voulez, vous avez notre bénédiction.
(6) Est-ce qu’une personne charitable acceptera de me dire dans quel paragraphe,
expression ou phrase dans mes écrits je me suis montré coupable de «déverser ma
haine ? » J’ai relu non seulement ce que j’ai écrit, mais aussi ce que Robert
Cochrane a écrit, et je ne trouve rien qui puisse justifier cette accusation. Je
pense que M. Crowther a voulu terminer cette lettre plutôt vide par un éclat et
a voulu parler d’autre chose que de lui, ce qui n’est pas dans son genre
d’habitude. Quant aux « basses insultes proférées par des riens du tout » -
venant de M. Crowther c’est amusant mais cela ne mérite pas de commentaire. Je
laisse à l’Editeur le soin de répondre sur la question de savoir à quoi sert
Pentagram.
Taliesin
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