Chapitre 6
Le Début des Travaux (troisième partie)
par
R. Deutsch version française Tof & Néphilim
Mon oncle « Doc » est une Sorcière naturelle qui a
découvert ses pouvoirs lorsqu’il était enfant quand il a été mordu par un chien.
Il a voulu que le chien meure, ce que le chien a fait de façon fort aimable le
lendemain, alors qu’il était en bonne santé. Les réflexes de Doc sont si vifs
qu’il peut attraper des mouches en plein vol. Il affirme qu’il a renoncé à ce
genre de souhaits qui ont abouti à la mort du chien, mais je ne me souviens
surtout de ses côtés positifs.
Des chercheurs contemporains ont prouvé les deux principes dont je viens de
parler. Les sorcières et les peuples primitifs les connaissent depuis des
milliers d'années.
L’utilisation d’un anxiolytique dans les expériences du Dr Rizyl suggère une
autre façon dont la science moderne est parvenue à d’anciennes pratiques : la
potion séculaire des Sorcières. Tout comme Alex Sanders, Maxine est célèbre pour
sa connaissance des plantes médicinales. En Suède, des expériences sur le gui
(Dr A. Fyle « A Moon and a Plant » London, Society for Cancer Research, 1968)
ont démontré que ce qui était autrefois considéré comme de la superstition, que
l’on doit « ramasser telle ou une telle plante à minuit précise ou à telle ou
telle une heure le matin » n’était pas si ridicule. Les expérimentateurs ont
constaté que la plante est extrêmement sensible aux conditions de temps et de
lieu, et même à des influences extra-terrestres telles que la pleine lune, les
éclipses de lune et ce que les occultistes appellent les heures planétaires.
Comme le dit Watson : « Rien n’est identique d’un moment à l’autre ». Pour
capter et distiller l’essence nécessaire d’une plante spécifique, il faut la
ramasser, au propre et au figuré, quand le moment est venu.
A ce sujet je me souviens du mépris qu’éprouvait un de mes amis pour les
alchimistes qui ne faisaient leurs expériences que sous la pleine lune. Où
d’autre, à cette époque, aurait-il pu se demander, pouvait-on trouver
suffisamment de lumière polarisée ?
S’il est possible d’imprimer ses propres pensées sur un autre esprit humain, il
est au moins possible que l’on puisse ainsi être en mesure d’imposer sa volonté
à des objets inanimés. Je ne parle pas de psychokinèse, un phénomène qui a été
bien étudié en laboratoire, mais de la façon dont une sorcière peut « charmer »
des talismans, des potions ou des choses, pour qu’elles accomplissent sa
volonté. Ainsi, on peut imprimer une opinion sur quelque chose qui peut ingérée,
même de la nourriture ordinaire. Il s’agit de l’une des significations de « la
bénédiction » de la nourriture lors des repas, ce qui est précisément ce que
faisait un personnage historique au pain et au vin il y a quelque 2000 ans lors
de ce qui était peut-être le repas le plus célèbre de l’histoire. Les talismans
portés sur la personne peuvent avoir un effet bénéfique en plus de leur valeur
psychologique. J’ai consacré de la nourriture pendant que je la faisais cuire,
avec l’intention de remonter le moral d’une personne précise ou pour qu’elle
soit dans telle ou telle disposition d’esprit et cela a fonctionné de façon
spectaculaire. Maxine a une fois béni pour moi une magnifique croix en laiton et
émail, et une fois, alors que je partais à Paris, elle m’a donné un peu d’huile
de Vénus pour que je m’en frotte la peau. Excessif comme je le suis
généralement, je l’ai utilisée pour tracer un pentagramme invisible à la tête de
mon lit à l’hôtel. Le résultat a été l’une des catastrophes les plus cocasses
que je n’aie jamais connue.
Avant d’aborder le côté surnaturel et religieux de la Sorcellerie, il faut
envisager une troisième arme parmi celles de la Sorcière, souvent considérée à
tort comme son unique arme. C’est le pouvoir de suggestion. « La Sorcellerie,
mon cher » m’a dit Maxine lorsque je l’ai rencontrée pour la première fois, est
environ à quatre-vingt-cinq pour cent « psychologique ». C’est une exagération
mais l’idée n’est pas fausse. On peut utiliser le pouvoir de suggestion pour
guérir ou porter chance à une personne. Mais il peut être plus intrigant, de
façon macabre, de donner au lecteur quelques informations sur la façon dont une
Sorcière de contes de fées utilise le pouvoir de suggestion pour ensorceler.
Faisons d’abord une petite expérience, ce que j’appelle le truc de citron. Ce
n’est pas vraiment de la magie, mais il illustre la façon dont la suggestion
peut jouer un rôle dans le véritable travail magique.
Chassez toutes les pensées de votre esprit - posez ce livre pendant une minute,
si vous voulez. Visualisez maintenant un beau citron juteux. Le jus circule
librement dans le citron, parce qu’il a été conservé au chaud et non au
réfrigérateur.
Coupez maintenant le citron en deux. Le jus jaillit à la minute où vous plantez
le couteau dans le citron. Prenez maintenant la moitié du citron et tirez la
langue. Maintenant, frottez le côté coupé du citron sur et sous votre langue. Le
jus coule et il est si acide que vos mâchoires peuvent le sentir. Le goût du
citron passe dans toute votre tête. Votre bouche est pleine de jus de citron.
Maintenant, si vous vous êtes bien concentré pendant une minute, vous
constaterez que votre bouche est pleine de salive. Rien ne vous a été fait
physiquement mais votre corps a réagi à la simple suggestion. Et si la pensée
dirigée sans stimulus physique – ce que je viens de faire en vous mettant l’eau
à la bouche, et je suis probablement des centaines de kilomètres de vous – et si
la télépathie est possible alors la Sorcellerie l’est aussi. Si vous êtes un de
ces cas difficiles qui ne réagit pas aux expériences, alors j’attendrais que
vous soyez endormi, sans défense et totalement réceptif, pour travailler sur
votre esprit et vous envoyer des pensées.
L’utilisation d’une poupée de cire ou de pâte à modeler faite à l’image d’une
personne devant être ensorcelée et remise à la victime (cela n’est nécessaire
que pour le côté suggestion pas du point de vue magique), est un autre très bon
exemple du pouvoir de suggestion. Idéalement, un peu de cheveux de la victime ou
une rognure d’ongle aura été placé dans la poupée. Se les procurer peut être un
peu compliqué. Si vous ramassez une rognure d’ongle au beau milieu d’une
conversation, votre victime pourrait penser que vous êtes un peu bizarre. Si
vous volez des cheveux dans le peigne de quelqu’un il vous faudra être tout à
fait certain qu’il s’agit bien de ses cheveux. S’il ou elle est votre ami (qui
sera bientôt un ex-ami) les cheveux pourraient bien être les vôtres. Ce serait
une tuile comme on dit. Le sort, s’il marche, aura l’effet boomerang.
(à suivre)