Chapitre 7
Une Sorcière à Temps Partiel (3ème partie)
par
R. Deutsch version française Tof & Néphilim
Alex a changé complètement de sujet en montrant une malédiction qu’il avait reçu d’un groupe de Sorcières Ecossaises. Elle était arrivée quelques jours après que la publicité aie commencé et il ne doutait pas qu’il s’agissait d’une véritable malédiction. Ecrit dans une langue ancienne avec du sang animal sur un parchemin, c’était la même malédiction qui avait été utilisée, de manière trop efficace, sur l’un des grands magiciens allemands de ce siècle.
Il a expliqué que toute la fraternité avait travaillé six jours et six nuits pour mettre en place des barrières de réplique contre la malédiction, qui proposait de lui infliger le cancer de la gorge, de la langue et des lèvres, provoquant ainsi une mort lente et douloureuse. Les Sorcières proches d’Alex – que l’on allait plus tard qualifier d’Alexandriens - ont mis en place des forces réflextives, des miroirs mentaux, pour renvoyer la malédiction à ses instigateurs. Alex a fait passer le parchemin dans le public. Au contact de celui-ci, une personne s’est évanouie.
Alex et Paul avaient emmené Maxine à la conférence, ce fut un grand succès. Mais cette soirée ne faisait que commencer.
Alors que les sorcières avançaient dans la foule, Maxine marchant seule maintenant, Alex a été approché par une jeune femme qui a dit qu’elle travaillait pour Granada Television. Plus tard dans la soirée Mike Scott devait présenter une émission évoquant des nouvelles régionales. Aimeraient-ils être interviewé ? Alex a dit que oui.
Alors qu’ils étaient conduits vers une autre limousine, Maxine et Alex faisaient leurs premiers pas vers une reconnaissance internationale. Quand ils sont arrivés au studio, ils se sont trouvés être des objets de curiosité, le genre de divertissement qu’on appréhende toujours avec un peu de crainte. M. H. est devenu sa propre victime lorsque des membres de l’équipe de télévision se sont mis à glousser derrière Alex. Alex s’est retourné, très lentement. Il a fixé H dans les yeux, ce qui peut être très effrayant.
Soudainement il a crié, « BOU !!! » L’homme avait faillit tomber alors que tout le monde riait.
Les répétitions ont commencé. Alex a dit à Scott qu’il ne devait pas interroger Maxine, parce qu’elle n’était que « une nouvelle initiée ». Maintenant la tension montait, l’air devenait plus lourd. Alex s’est vu proposer du brandy. Il en a bu deux. Il lui a dit : « contente-toi d’être belle ». Les téléspectateurs ont été unanimes, elle avait rempli son rôle.
Les journalistes ont commencé à harceler les deux Sorcières. Ils étaient inondés d’invitations à donner des conférences. Maxine a rapidement eu une garde-robe de deux douzaines robes de soirée juste pour ses apparitions publiques. Ils passaient régulièrement à la radio et la télé. Un contrat cinématographique avait été signé. Ils ont été invités à être conseillers techniques sur un autre film, « The Eye of the Devil », avec Sharon Tate et David Niven. Au cours de ce contrat ils vivaient dans une suite au Claridge qui était généralement réservé à des rois et des reines et une limousine était mise à leur disposition.
Il a avait, ou pouvait avoir, un problème. Personne ne leur avait dit d’économiser leur argent.
Lorsque vous êtes sous l’œil du public, il est naturel que tout le monde pense que vous gagnez beaucoup d’argent. Ce n’est pas toujours le cas, ou vous pouvez aussi dépenser autant que vous gagnez. En raison de ses engagements publics, Maxine a dû quitter son travail. Ni Alex ni Maxine n’avaient touché un centime des centaines de journaux qui avaient publiés leurs interviews et l’argent des radios et télévisions avait été utilisé pour acquérir des robes et des vêtements magiques. Lorsqu’elle a cessé d’être sous les projecteurs des média, Maxine a réalisée qu’elle était complètement fauchée.
Elle risquait aussi d’être rapidement sans domicile. Sa logeuse a fini par apprendre que la timide locataire de sa chambre du bas était la fameuse sorcière qui faisait voir son pelvis à toute l’Europe. Quand un journal national a publié l’histoire illustrée racontant comment Maxine était sans abri en raison de ses croyances religieuses (« Montre un peu plus ta cuisse, c’est parfait chérie »), elle a commencé à recevoir chaque jour deux sacs de courriers lui proposant un autre logement.
Une lettre a proposé un ménage à trois. Une autre disait : « J’ai une belle maison dans le Yorkshire, une maison de campagne, mais malheureusement elle n’a pas encore été modernisée. J’ai une baignoire en étain, mais il faut généralement que je fasse d’abord sortir mes cinq oies. Je n’ai pas de toilettes modernes et il faudrait faire avec des latrines portables que j’ai achetées pour pas cher. Elles sont vidées une fois par semaine. Veuillez agréer ... ». Une autre lettre demandait si elle aimait les chiens. Elle ne savait pas pourquoi. Un modèle nue proposait son appartement à Londres, car elle travaillait sur le continent la plus grande partie de l’année. Une lesbienne lui a proposé de l’héberger. Elle travaillait comme installatrice de conduite de gaz. Plusieurs offres sont arrivées de messieurs qui lui proposaient de l’installer à Londres en échange de « faveurs ». Un agriculteur a déclaré qu’il avait besoin de quelqu’un pour traire ses vaches. Un couple de personnes aisées ayant dans les soixante-dix ans ont proposé de l’adopter à la condition qu’elle abandonne la Sorcellerie, elle leur a répondu et a poliment refusé leur proposition.
Des cadeaux ont aussi commencé à arriver. Quelqu’un a envoyé une douzaine de roses rouges chaque semaine jusqu’à ce qu’elle déménage. Des boîtes de chocolats et des bouteilles de champagne arrivaient également, de sorte que Maxine ne s’est nourrie que de chocolats et de champagne jusqu’à ce que quelqu’un aie la présence d’esprit de lui envoyer un panier de nourriture.
La veille du jour où elle devait quitter son appartement, plus déprimée que jamais, elle s’est levée de son fauteuil, elle a mis son manteau et s’est dirigée vers le fond d’Ellesmere Road. Une promenade lui fera du bien. Elle a tourné à gauche dans Chorlton Road et s’est arrêté pour regarder la vitrine d’un agent immobilier. Il y avait des appartements partout et elle ne pouvait même pas se permettre un placard à balais. Elle s’apprêtait à s’en aller quand un homme est sorti de l’agence.
C’était une Sorcière qui avait abandonné la Sorcellerie, un vieil ami qu’elle avait oublié. Il était aussi le propriétaire de l’agence et il lui a proposé un petit appartement. Ce n’était pas le Claridge, mais c’était un abri alors qu’elle ne s’y attendait plus, et le loyer, payable chaque fois qu’elle pouvait, était d’une livre par semaine.
Elle y est restée trois mois. Avec l’aide d’Alex, elle a trouvé un emploi de bibliothécaire et un hébergement plus confortable à côté de chez Alex et Paul. Elle se souvient que ces trois mois, furent les plus misérables de sa vie – elle avait même envisageait de se prostituer - et la dernière nuit qu’elle y a passé, sa vie a changé une fois encore.
(à suivre)