Mariage de Sorcières (2nde partie)
par J.Jones
version française Tof
Un soir, alors que le coven venait de commencer sa réunion, un parent éloigné de Mme Morris est arrivé et a demandé que Maxine soit renvoyée chez elle. Les sorcières se sont retirées dans la cuisine pour continuer ce qu’ils étaient en train de faire pendant qu’Alex tentait de raisonner l’homme. La discussion fut houleuse et leur voix pouvait être entendue partout dans l’appartement, le coven a alors décidé de régler le problème. A voix basse, ils ont invoqué le pouvoir et lui ont ordonné de dégonfler les pneus de la voiture de l’homme. Quand il est sorti il a constaté ce qui s’était passé et a pensé que quelqu’un avait dû se glisser hors de la maison et avait dégonflé les pneus. Il les a donc regonflés et est retourné à la porte de l’immeuble sans quitter des yeux la voiture. Il a ensuite dénoncé les sorcières et tout ce qu’elles représentaient. Pendant cela, les sorcières ont « souhaité » que ses pneus se dégonflent à nouveau. C’est la dernière fois qu’ils ont eu affaire à lui. Il regonflé ses pneus, a mis son moteur en marche et a démarré à toute vitesse. Il a préféré laisser Maxine aller au diable plutôt qu’il arrive à nouveau quelque chose à sa voiture dans ce quartier.
Un matin Maxine est retournée chez sa mère de son propre gré. Elle s’était réveillée et avait vu une épée pointant vers le bas, un symbole de mort, sur le mur de la chambre. Elle a disparu presque immédiatement, mais pas avant qu’elle ait décidé de rester avec sa mère jusqu’à sa mort. Ce décès est survenu quatre jours plus tard et alors que la petite sœur de Maxine est allée vivre chez des parents, Maxine a essayé de mettre en ordre les affaires de la famille. Ses voisins ne l’ont pas aidée dans ses efforts, ils avaient entendu dire que la jeune fille était une sorcière. Ils disaient du mal d’elle dans la rue et jetaient des briques dans ses fenêtres. Les journaux ont publié des articles sur ces « persécutions » et la semaine suivante, Maxine a été licenciée du garage où elle travaillait. Son patron était désolé, si ça n’avait tenu qu’à lui, Maxine aurait pu suivre la religion qu’elle voulait, mais certains clients l’avaient « pressé » d’agir de la sorte.
Alex savait que le moment était venu de faire de Maxine sa femme. Il ne serait être question de cérémonie à l’église puisqu’ils étaient tous les deux païens, ni de cérémonie civile puisque Maxine n’avait que dix-neuf ans et que ses tuteurs continuaient le combat de sa mère contre la sorcellerie et refusaient de donner leur consentement au mariage. Le mariage ne pouvait être qu’un handfasting, une cérémonie qui n’avait plus été pratiquée en Angleterre depuis des siècles. Maxine était ravie – un mariage dans une cathédrale ne lui aurait pas plu davantage.
La cérémonie a débuté lorsque le couple a sauté par-dessus un manche à balai, puis au dessus d’un chaudron en flammes, pour assurer la fertilité du mariage. Puis leurs avant-bras furent entaillés avec un poignard et les avant-bras furent liés ensemble de sorte que leurs sangs puissent se mêler. Normalement, l’initiation au troisième degré aurait du avoir lieu juste avant, mais pour Maxine et Alex c’était déjà une histoire ancienne. Ils ont passé leur lune de miel dans l’appartement d’Alex, entouré des armes magiques qui occupaient une si grande partie de leur vie.
Maintenant qu’Alex passait beaucoup de temps avec son épouse, Paul était très seul. Il avait pris une chambre à Stockport et était tombé amoureux d’une demoiselle, mais elle était amoureuse d’un autre et il s’était résolu de ne pas essayer de gagner son cœur. Habitué à avoir de la compagnie, il a demandé à Alex de se servir de ses pouvoirs pour lui envoyer quelqu’un avec qui il pourrait vivre.
Depuis quelque temps, Alex avait envie de faire une expérience. Il l’avait étudiée, mais ne l’avait jamais tentée ni entendu dire qu’une personne encore en vie avait essayé. Autrefois, de nombreux magiciens pouvaient conjurer un familier et le faire apparaître physiquement, il était non seulement visible pour eux mais aussi pour les autres magiciens présents et Alex voulait les imiter. Il en a parlé à Paul. « Faisons d’elle une vraie beauté » fut sa réaction.
Alex a dû ensuite expliquer que ce qu’il prévoyait de faire était de créer un bébé, le fils spirituel de Paul. Ils devaient combiner leurs compétences pour le concevoir et lui donner naissance, et il serait en mesure de développer son propre caractère dans le monde des esprits, sous leur guidance.
Bon nombre des rituels de purification nécessaires à la cérémonie de trois jours étaient identiques à ceux du système Abra-Melin, y compris le jeûne préparatoire de neuf jours. Le tout fut pratiqué dans la chambre de Paul, le grenier d’une maison victorienne appartenant à un membre du clergé anglican qui heureusement n’était pas au courant des croyances de son locataire. Le canapé-lit avait été redressé et recouvert de draps fraîchement lavés et placé entre Paul et Alex, l’une des instructions étant qu’ils ne devaient pas pouvoir se voir l’un l’autre lors des rituels. Ils ont fait des invocations aux dieux égyptiens Hâpi, Kébehsénouf Douamoutef et Imsety :
Seigneur Hâpi, Royal Fils d’Horus, Dieu de la Terre et Seigneur du Nord, Gardien et Protecteur des poumons, avec le sel sacré qui est jeté, fertilise et sanctifie cette terre sacrée de ton être, afin que nous puissions être forts en toutes choses.
Seigneur Kébehsénouf, Royal Fils d'Horus, Dieu de l’Air et Seigneur de l’Ouest, Gardien et Protecteur des intestins, avec l’air qui est perturbé par cette musique, descends de ton point cardinal et purifie et sanctifie l’espace de ce sanctuaire sacré.
Seigneur Douamoutef, Royal Fils d’Horus, Dieu du Feu et Seigneur de l'Est, Gardien et Protecteur de l’estomac, avec la combustion du feu rituel devant le grande Mère Isis, élément dévorant, sanctifie et purifie ce sanctuaire de toutes les violations .
Seigneur Imsety, Royal Fils d’Horus, Dieu de l’Eau et Seigneur du Sud, Gardien et Protecteur du foie, avec l’aspersion de cette eau sacrée, sanctifie et purifie ce sanctuaire sacré de toutes ses impuretés et des vanités des hommes.
(à suivre)