The Wicker Man

 

1973, deux films à signaler cette année, d’abord : THE WICKER MAN (l’homme d’osier en français), film de Robin Hardy, avec (s’il vous plait !) Monsieur Christopher Lee (Lord Summerisle), Edward Woodward, acteur shaekespearien, rien à voir avec Ed Wood (sergent Howie) Britt Eckland (Willow) et Diane Cilento (Miss Rose)

Passons au scénario :Le sergent Howie, policier raide comme la justice et chrétien profondément croyant (le genre qui "se réserve" pour son mariage!), reçoit un jour une lettre anonyme révélant la disparition d'une toute jeune fille sur une île isolée. Aussitôt, il se rend sur place en vue de mener une enquête, qui deviendra vite une obsession, malgré l'accueil très frais des autochtones. Il se rendra vite compte que les moeurs locales sont pour le moins inhabituelles : célébration de la fertilité, "orgies", cultes anciens... Peut-être l'aristocrate local, distingué et cultivé, Lord Summerisle, pourra-t-il lui en apprendre plus et ramener ses ouailles à la raison... (je crois deviner où les scénaristes de Dolmen ont trouvé leur inspiration) Il y a plus d'une scène choc dans ce film qui enchaîne morceau de bravoure sur morceau de bravoure! Entre la danse de séduction menée par la belle du village pour séduire l'étranger (scène d'un kitch jubilatoire!), la découverte du cimetière, la visite à l'école, les "cérémonies" qui ponctuent la vie des habitants...on ne sait plus où donner de la tête. Même pour l'époque, il fallait du courage, ou peut-être de l'inconscience pour montrer de façon aussi réaliste la vie d'une communauté païenne ayant choisi de retourner aux croyances primitives. Non seulement les auteurs de ce film sont allés au bout de leur propos, sans manichéisme, mais en plus ils ont su, malgré le manque de moyens (ça sent le petit budget à plein nez!) créer une ambiance vraiment prenante. Le rythme est calme malgré un suspense à couper au couteau. Les acteurs jouent juste, sans trop en faire (ça aurait facilement pu virer à l'hystérie) ; on a presque l'impression d'assister à un documentaire. Le regard porté sur ces gens "différents" n'est ni arrogant ni complaisant. Malgré leur côté profondément pacifiste, certains aspects de leur religion (puisque c'est bien de cela qu'il s'agit) restent inquiétants pour les occidentaux modernes.

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