La Wica
Le NROOGD
Dion Fortune & The
Society of Inner Light
Alex Sanders
Chamanisme / Faery /
Huna
Magie Enochienne
Reclaiming / Feri /
3rd Road
Thelema
Tubal Cain
Autres
La Librairie
Le Cercle de la Pierre
Sorcière Liens
Dernières
mises à jour du site
|
Roi des
Sorcières - le Monde d'Alex Sanders
Labeur et Problèmes
par J.Jones
version
française
Tof

En plus de rendre visite à ses propres covens disséminés
dans tous le pays, Alex rencontrait aussi de temps à autre d’autres sorcières,
car une copie du Livre des Ombres, avec la liste des sorcières et leur adresse
qui y était jointe lui ouvrait partout les portes des membres. Tous les «
étrangers » ne reconnaissaient Alex comme le roi des sorcières, mais ils
l’accueillaient avec plaisir et profitaient souvent de l’occasion pour comparer
les rituels qui diffèrent quelque peu d’un coven à l’autre.
Un week-end Alex et deux autres hommes de son groupe sont allés assez loin pour
rencontrer un couple de sorcières, ils étaient mari et femme. Ils n’avaient pas
averti de leur visite et quand ils sont arrivés Alex a remarqué que la femme les
a gardés au salon pendant que son mari était de toute évidence en train de
cacher certaines choses. Alex appréciait qu’ils gardent leurs secrets à l’abri
du regard des étrangers, mais à un moment il a prononcé deux ou trois formules
du code des sorcières qui auraient dû être comprises par toute personne
connaissant le code standard, mais le couple ne semblait pas les avoir saisies.
Alex a échangé un regard avec ses compagnons. Quand ils ont finalement pu
pénétrer dans la pièce rituelle, il a su tout de suite que tout n’était pas
comme il fallait. Il n’y avait par exemple pas d’escourge sur l’autel. Cela ne
pourrait signifier qu’une seule chose: ils ne s’en servaient pas comme arme
symbolique. Deux ou trois autres détails avaient aussi été omis ou substitués et
Alex a décidé qu’il ne resterait pas plus longtemps.
« Vous avez surement le temps de boire un verre » a dit la femme.
Alex a refusé, mais la plus jeune de ses deux compagnons, une sorcière de
dix-huit ans initiée il y a peu, a accepté. Il a dit à Alex qu’il le
retrouverait plus tard à l'hôtel.
Avec un mauvais pressentiment, Alex s’est promené en ville en retournant
régulièrement à l’hôtel pour voir si son ami était de retour. A deux heures du
matin, il ne pouvait plus attendre. Il est allé à la maison des sorcières et a
frappé à leur porte jusqu’à ce qu’une lumière apparaisse à l’étage. « Allez-vous
en » a crié une voix d’homme.
« Ouvrez la porte ou j’appelle la police » a répondu Alex. Il savait avec
certitude ce qui s’était passé à l’intérieur. Sa rage était telle qu’il n’aurait
pas eu besoin de se contrôler pour conjurer ses familiers, mais il pensait qu’il
n’avait pas le besoin d’eux. Après avoir à nouveau frappé à la porte, elle s’est
ouverte. Il a bousculé l’homme et s’est précipité dans l’escalier. Il a regardé
dans chaque chambre jusqu’à ce qu’il trouve son ami. Il était nu, sa poitrine,
son abdomen et ses cuisses étaient recouverts de très grandes zébrures et
d’écorchures. Sa tête pendait sur le côté et Alex a remarqué qu’il avait les
pupilles dilatés. Il avait été drogué, battu et séduit.
Il n’y avait rien qu’Alex puisse faire à part dire à l'homme qu’il devait faire
en sorte que le jeune homme soit de retour à l’hôtel pour neuf heures le
lendemain matin, sinon la police serait informée. La femme a esquissé un léger
sourire mais son époux était prêt à accepter n’importe quoi pour qu’Alex s’en
aille.
Alex a très peu dormi cette nuit là, il a tenté de contrecarrer le mal qui avait
enveloppé son ami. Mais sa magie était surpassée par la magie noire du couple
qui était aidée par l’assentiment de sa victime. Cependant, peu avant neuf
heures du matin, le jeune homme est arrivé à l'hôtel, dans son état normal, ses
blessures cachées par ses vêtements.
Alex lui a expliqué à quoi il s’était frotté puis il a dit : « Je n’ai pas pour
habitude de donner des ordres à mes sorcières, mais je t’ordonne maintenant de
faire ta valise et rentrer à la maison avec nous. Sinon tu subiras la
malédiction de la fraternité et tu seras banni de tous les coven du pays.
Le jeune homme a refusé. « Je reste ici avec mes amis » c’est tout ce qu’il a
dit et Alex a dû rentrer seul. Lors de la réunion suivante de coven, il a eu la
tâche peu enviable de prononcer la malédiction sorcière, qui dure un an et un
jour, mais qui peut être levée pendant cette période si l’excommunié demande
pardon et souhaite retrouver sa place au sein du groupe.
Mais Alex savait qu’il n’y aurait pas de retour pour son jeune ami, il ne
chercherait pas à être pardonné, il avait pris le chemin de la perversion et il
n’y avait rien qu’Alex pourrait faire pour changer cela. La magie noire ne peut
être surmontée par la magie blanche que lorsque la victime coopère et qu’elle
n’est pas de connivence avec ses bourreaux.
Mais le coup le plus dur était encore à venir. Un soir, lors d'une fête, une
demoiselle a demandé à Alex de prouver qu’il était une sorcière.
« Je n’ai pas à le prouver » a répondu Alex. Puis, voyant son visage confus, il
a ajouté: « Mais je peux te dire que tu traverses une mauvaise passe, tu vis
chez ta grand-mère. Tes parents ne font pas face à leurs responsabilités,
surtout que tu n’as que dix-sept ans.
La demoiselle a été surprise et a demandé comment il le savait.
« Parce que je suis une sorcière » a-t-il en souriant. « Qui plus est, tu as un
petit ami qui t’en demande trop. » Ils ont discuté jusqu’à ce que la demoiselle
soit obligée de partir et Maxine qui avait pitié d’elle lui a donné son adresse
et lui dit de les contacter si elle avait besoin d’aide ou de conseils.
Quelques temps plus tard la demoiselle est venue demander conseils. Alex l’a
présentée à Paul et tous les trois se sont assis pendant qu’Alex commençait à
lui tirer les tarots. Alex n’avait aucun problème à ce que Paul écoute les
confidences de la jeune fille. Ils étaient tous deux prêtres - ou docteurs - et
ainsi ils étaient tenus de respecter sa confiance et de ne pas en profiter. Les
cartes ont montré qu’elle envisageait de renoncer à son petit ami, mais Alex lui
a dit que si elle pouvait encore supporter leurs difficultés pendant quelques
semaines, ils seraient en mesure de s’installer ensemble, de se marier et
d’avoir une vie heureuse.
« Si tu romps avec ton ami, tu rencontreras rapidement deux autres hommes, l’un
jeune et l’autre plus âgé. » Alex a tiré les cartes de plusieurs façons
différentes, il n’aimait pas ce qu’il voyait. « Tu vas gâcher ta vie si tu ne
fais pas attention. Tu vas vivre avec le jeune homme et tu seras très
malheureuse. Tu auras deux enfants et l’homme va te quitter. »
Ces avertissements ont fait sourire la demoiselle, ils semblaient si éloignés
des personnes qu’elle connaissait.
Cela se passait quelques semaines avant que Maxine n’attire l’attention d’Alex
sur le changement qui s’était opéré en Paul. Paul n’était plus le compagnon
discipliné et amusant, il devenait secret et agressif lorsqu’on l’interrogeait
sur ses activités. Il a commencé à arriver en retard aux réunions et, comme
certains membres qui venaient de loin, il devait partir rapidement après. Alex
l’a pris à part.
« En tant que prêtre, tu as des devoirs vis-à-vis de la communauté » a-t-il dit.
« Si tu veux ne pas assister à une réunion, conduis-toi en homme et dis nous le,
nous demanderons à quelqu’un d’autre d’officier, mais ne traite pas tes frères à
la légère. »
Paul était agressif, mais il est devenu plus fiable pendant un certain temps.
Puis, un soir, il a appelé Alex et lui a demandé s’il voulait bien lui lire les
tarots, il a toujours été aveugle sur son propre avenir.
Alors que les cartes étaient dispersées sur le sol, Alex pouvait à peine croire
ce qu’il voyait. « Tu as une liaison avec la demoiselle qui nous a demandé de
l’aide » s’est il exclamé. « Vous avez délibérément pris le chemin que je lui
avais dit d’éviter et tu es la personne qui l’a menée sur cette voie. »
Paul a brouillé les cartes et a essayé de s’en tirer.
« Tu peux me rejeter mais tu ne peux rejeter la Wicca » a répliqué Alex. « Ne
nie pas ta foi, s’il te reste un peu de décence. »
Alex convoqua un conseil composé de sorcières des second et troisième degrés
afin de décider ce qu’il fallait faire. Un bain de purification d’eau froide et
de sel a été préparé et on a dit à Paul de s’y plonger pendant que le conseil
traçait le cercle et écoutait ce qu’Alex avait à dire. Ils ont consulté les
livres sur les lois sorcières. Ils ont repéré précisément les lois que Paul
avait enfreintes et les ont recopiées. Ensuite le coupable a été appelé. Il a
été mené sur le trône à côté de l’autel et, quand il fut assis, on lui a lu les
accusations. On lui a demandé de sonder son âme, son esprit et son cœur avant de
répondre. Par trois fois on l’a prié de répondre aux accusations et comme il
demeurait silencieux, sa culpabilité a été acceptée. Il devait être banni, mais
pas pour un an et un jour comme on le faisait pour les sorcières des premier et
second degré. Pour lui, qui était grand prêtre du troisième degré, il serait
banni à jamais, dans cette vie et celles qui pourraient suivre.
La mort dans l’âme, Alex a donné à Paul les quarante coups d’escourge requis,
pas assez fort pour laisser des marques ou faire couler le sang mais assez pour
le meurtrir. Paul était toujours silencieux. Il a été chassé du cercle et son
nom a été retiré du Livre des Ombres.
Cela faisait quelques temps, qu’Alex envisageait de laisser ses covens de
Manchester sous la direction de Paul alors que lui et Maxine s’installeraient à
Londres où il y avait beaucoup de jeunes qui souhaitaient être initiés.
Maintenant qu’il avait perdu son apprenti, il devait reconsidérer le problème et
avant qu’il n’ait pris une décision définitive, deux évènements se sont
déroulés.
Le premier a été porté à sa connaissance par une de ses sorcières qui avait vu
une annonce d’un journal de Manchester : « Contact avec une sorcière demandé
d’urgence. Aidez-moi s’il vous plaît ». Alex a écrit et reçu une réponse de Mme
Kate Peters qui a accepté de lui rendre visite le lendemain.
C’était une grosse Jamaïcaine, vêtue d’une robe à fleurs et un chapeau à large
bord décoré de pommes et d’oranges grandeur nature. Son expression lugubre ne
correspond pas à son apparence exubérante. « Oh Seigneur, vous devez m’aider »
a-t-elle gémi en saisissant les mains d’Alex et en les serrant très fort quand
il l’a emmenée dans le salon de sa petite maison de Newton Heath.
Entre deux appels à Jésus, pour qu’il confirme la véracité de ses dires, elle
lui a parlé de ses problèmes. Un an plus tôt elle avait loué une de ses chambres
à Paddy, un Irlandais. Il avait été un bon locataire jusqu’à ce qu’il perde son
emploi, depuis il ne pouvait plus payer son loyer. Elle l’avait laisser occuper
le logement gratuitement pendant un certain temps, l’avait nourri de temps à
autre et même donné quelques sous pour son compteur à gaz.
Un jour, lorsqu’elle est revenue des courses, elle l’a entendu taper sur son
compteur de gaz. Elle s’est précipitée vers sa porte et l’a vu ramasser un tas
de pièces par terre. Alex pouvait imaginer le visage de l’homme plein de rage
quand elle a menacé d’appeler la police et de le faire mettre en prison s’il ne
prenait pas ses affaires et quittait les lieux. Elle a claqué la porte et est
allée se calmer dans la cuisine.
Quelques heures plus tard elle s’est souvenue de la cause de sa colère et est
allée voir s’il était bien parti. Sa porte était fermée et il y avait une forte
odeur de gaz. Elle courut fermer le robinet principal de gaz, puis elle est
allée dans la rue pour aller chercher un policier. Ca ne servait plus à rien,
Paddy était mort, son visage livide planté dans le tas de pièces de monnaie.
Attrapant à nouveau les mains d’Alex, Mme Peters a roulé des yeux et a dit qu’à
ce moment précis elle a eu l’impression que les pièces quittaient le sol et
volaient dans sa tête. Maintenant, lorsqu’elle bougeait elle les sentait faire
du bruit dans sa tête. Pendant une seconde Alex a senti un fou rire monter en
lui. Lorsqu’il était enfant il avait une tirelire en forme de tête d’homme de
couleur. Elle avait une main tendue attachée à l’arrière et faisait levier et
quand on y mettait une pièce le levier était actionné et la main se plaçait sur
la bouche ouverte et faisait basculer la pièce dans la gorge. Il se souvenait du
nombre de fois qu’il avait essayé de récupérer des pièces en plaçant un couteau
entre les dents de la tirelire et en la secouant la tête en bas.
En plus d’avoir des piécettes qui teintaient dans sa tête, Mme Peters n’arrivait
pas à retrouver la paix chez elle car l’esprit de Paddy toquait dans toute la
maison. Cela faisait des mois qu’elle cherchait un « berger » jamaïcain ou un
prêtre vaudou pour se débarrasser des mauvais esprits. En désespoir de cause
elle avait placé une annonce pour trouver une sorcière.
« S’il vous plaît aidez-moi» a-t-elle dit. « Le Seigneur vous bénira si vous
m’aidez. »
Alex lui dit de se ressaisir, il était convaincu qu’elle s’en voulait beaucoup
trop au sujet de son locataire et qu’un peu de psychologie ferait qu’elle aille
mieux.
«Vous avez été cupide, vous vouliez ces pièces lorsque vous les avez vues par
terre autour de la tête du mort, n'est-ce pas ? » a-t-il demandé.
« Oh oui, maître, si vous le dites. J’ai été cupide » a-t-elle dit en se
balançant d’avant en arrière.
« Très bien » a-t-il dit sévèrement, il a pris quelques-unes de ses armes
sorcières et a tracé un cercle autour d’elle, « je vais maintenant pratiquer ma
sorcellerie sur votre tête et demain je viendrai pour exorciser votre maison. »
Pendant qu’il chantait des incantations, il fut perturbé et amusé de l’entendre
teinter pendant les Psaumes.
Au point culminant de sa cérémonie, il a pointé un doigt vers la femme qui
maintenant était silencieuse et avait fermé les yeux et Alex a dit à l’argent de
partir. Il a eu un moment de silence puis on a entendu des mots très crus
prononcés avec un fort accent irlandais. Alex avait cru qu’il avait affaire à
une femme très imaginative qui s’illusionnait elle-même, mais maintenant il se
rendait compte qu’elle était vraiment possédée. Il a laissé tombé sa parodie de
cérémonie sorcières et a commencé à œuvrer plus sérieusement. Il fallait
conjurer le pouvoir pour lutter contre la mauvaise influence qui parlait par la
bouche de la femme en transe.
Peu à peu la tension a baissé et la voix s’est tue. Mme Peters, surprise a
ouvert les yeux. « Est-ce que j’ai dormi ? »
Alex lui a assuré que tout allait bien et il a rassemblé ses outils puis lui a
proposé de la reconduire chez elle pour qu’il puisse exorciser sa maison sans
délai.
Tout était tranquille lorsqu’ils ont pénétré dans la maison. Alex est allé de
pièce en pièce et les a aspergées d’eau en récitant ses incantations pendant que
Mme Peters disait des extraits des évangiles.
« Tout ira bien maintenant » lui dit-il, mais elle n’était pas convaincue.
« Restez pour le repas » l’a-t-elle exhorté. « Ca commence toujours après le
thé. »
Cela a commencé comme un coup lointain. « Faites couler le robinet » a conseillé
Alex. Il avait remarqué les tuyaux d’eau chaude qui passaient dans la cuisine et
il pensait qu’il y avait peut être de l’air dedans. Pendant quelques moments il
n’y a plus eu de coups et il a cru avoir trouvé le problème. Puis ça a
recommencé, les murs grondaient comme si on leur donnait des coups de pied, les
vitres tremblaient bien qu’il n’y avait pas de vent et les décorations en cuivre
sur la cheminée bougeaient et vibraient. Résolument Alex a levé le poing et a
exigé que les esprits s’en aillent sinon ils seront détruits par l’encens et les
malédictions. Il a couru de pièce en pièce, chassant le spectre invisible,
encouragé par Mme Peters qui était derrière lui et criait : « Alléluia! »
Mais les bruits ont continué. « Votre magie ne sera pas suffisante sans vaudou »
a conclu Mme Peters. « Je sais ce dont vous avez besoin. Revenez demain soir à
neuf heures et mes amis et moi, allons vous montrer. »
Intrigué par son échec, Alex fut heureux de s’éloigner de l’esprit frappeur
indiscipliné. Il a passé la soirée à chercher dans ses livres de sorcellerie
pour voir s’il avait quelque chose qu’il avait oublié de faire.
La nuit suivante, il s’est présenté à l’heure dite. Mme Peters l’a emmené dans
la cuisine où il y avait quinze ou vingt Jamaïcains qui l’attendaient. Sur la
table il y avait un sac de ciment, une couronne de gousses d’ail, quatre gros
clous en fer fixés à une grosses chaîne et un poignard. Une petite chèvre était
attachée au pied de la table, elle bêlait comme si elle sentait qu’elle allait
mourir.
« Oh, non » a dit Alex lorsqu’on lui a tendu le poignard, « je ne fais pas de
sacrifices. Ce n’est plus nécessaire de nos jours ... » Ses paroles furent
noyées par des grondements de colère. Mme Peters a bondi pour apaiser ses amis
tandis qu’Alex tentait d’expliquer son point de vue.
Dans un coin un petit jamaïcain a exprimé l’opinion de la majorité. « Est-ce que
les sorcières blanches sont trop importantes et puissantes pour aider leurs
frères de couleur ? »
Vainement Alex a essayé d’obtenir leur approbation et, à contrecœur, ils ont
accepté de lui expliquer comment la cérémonie vaudou devait être conduite. La
chèvre devait être tuée afin que son sang éclabousse les murs et tous les gens
présents dans la pièce. Puis les clous en fer devaient être emmenés au cimetière
où l’Irlandais a été enterré et on cimenterait un clou à chaque coin de la tombe
pour lier l’esprit. Pour finir la couronne d’ail devait être placée à la tête de
la tombe pour empêcher qu’il ne s’échappe.
A nouveau on tendait le poignard à Alex et à nouveau il a refusé de le saisir.
Sans plus tarder, un grand Jamaïcain l’a pris et a tranché la gorge de la
chèvre. Elle a bêlé un court instant, le sang a jailli dans tous les sens et la
petite chèvre a ployé et s’est effondrée. Quelqu’un l’a poussée du pied, elle
avait rempli son rôle. Alex n’imaginait pas qu’une créature aussi petite pouvait
contenir autant de sang. Le sang se répandait, remplissant l’air d’une chaude
odeur.
Alex a réalisé que les autres prenaient plaisir à son malaise. Les hommes
barbouillaient leurs poignets de sang, il avait le sentiment que le rituel était
arrivé à son paroxysme, il avait vraiment peur.
« Il n’était pas nécessaire de faire un sacrifice sanglant » a-t-il crié en
essayant de dominer le brouhaha. « J’ai déjà fait un charme et votre fantôme a
disparu. »
Comme pour se moquer de ses paroles, on a entendu des coups contre les murs et
les vitres vibraient plus fort que jamais. Les hommes se sont levés de leurs
chaises et se sont rassemblés au centre de la pièce. Alex s’est rapproché de la
porte, il avait plus peur des vivants que des morts.
« Je vais aller chercher d’autres plantes » leur a-t-il dit. Puis il a ouvert la
porte et s’est enfui sans s’arrêter avant d’avoir atteint la route principale et
trouvé un taxi pour l’emmener en sécurité.
Honteux de sa fuite - et de sa défaite - Alex a appris quelques mois plus tard
que quelqu’un, d’une façon ou d’une autre, avait exorcisé l’esprit frappeur
déchaîné.
L’événement qui allait précipiter son départ pour Londres eut lieu quelques
jours plus tard : Maxine a annoncé qu’elle était enceinte. Tout se liguait
contre le fait qu’ils restent à Manchester : la maison était trop petite pour
trois, l’appartement n’était pas pratique, et surtout, Maxine insistait pour que
nulle trace de la période de magie noire d’Alex ne puisse corrompre l’enfant. Il
devait renoncer à la petite rente que lui versait Ron depuis qu’il avait quitté
la bibliothèque Rylands.
retour
|