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Roi des Sorcières - le Monde d'Alex Sanders
Invoquer les esprits
par J.Jones version
française
Tof

Lorsqu’Alex eut dix-sept ans, il rencontra une jeune fille
qui était une spirite enthousiaste. Ayant appris son intérêt pour l’occulte,
elle l’a invitée à une réunion. Il était curieux de voir s’il y avait un rapport
avec la sorcellerie et il y est donc allé avec elle. Au cours de la soirée, une
médium en transe a murmuré à son intention : « Je vois des cornes sur votre
tête ». Il y a eu des petits rires parmi les participants, les cornes pouvaient
signifier qu’il était cocu. Mais Alex savait qu’il s’agissait d’un symbole de la
sorcellerie et il fut impressionné par une telle perception. Il s’est rendu
ensuite à chaque réunion à l’église spirite et peu après il fut formé comme
médium. Dans son cœur, il sentait qu’il trichait, car quand ils parlaient de se
mettre en transe, il pratiquait la sorcellerie. « Mais est-ce vraiment
important » se demandait-il ? Le résultat était le même, avoir un aperçu du
futur et il ne désobéissait pas à la loi sorcière en pratiquant seul.
Sans en parler à ses compagnons, il utilisait les pouvoirs que lui avait
inculqués sa grand-mère et commença à soigner. Il y avait une femme qui
souffrait de fibrosite dans le dos, un homme dont le visage était défiguré par
un tic, en tout une douzaine de cas. Ce n’était pas grand chose pour Alex, avec
sa grand-mère il avait pratiqué les mêmes traitements pour aider ses voisins
environ dix ans plus tôt. Mais pour ses amis spirites c’était magique. Le bruit
s’est répandu et la petite église a été submergée de demandes de soins. Heureux
de pouvoir utiliser ses dons, Alex passait presque chaque nuit à imposer ses
mains sur les corps souffrants. Cela ne lui rapportait rien si ce n’est la
satisfaction d’aider, le bonheur d’être nécessaire, mais ceux qui étaient guéris
manifestaient leur gratitude à l’église. Avec cet argent le bâtiment a été
rénové et réaménagé, la congrégation a atteint une taille qu’elle n’avait jamais
eue jusqu’à présent.
C’était un travail intéressant et les éloges qu’il recevait étaient gratifiants,
mais pour Alex le spiritisme n’était qu’une pâle imitation de la sorcellerie.
Déranger les morts était trop proche de la nécromancie et les sorcières étaient
opposées à la nécromancie, de plus il n’aimait pas devoir garder secrète la
source de ses pouvoirs. La sorcellerie était infiniment plus satisfaisante parce
que chaque membre participait activement et qu’il n’y avait pas de public passif
comme dans le spiritisme.
La nouvelle popularité d’Alex lui a fait tourner la tête et il s’est mis à se
vanter de pouvoir sortir avec n’importe quelle fille dont il avait envie. Une de
ses collègues au laboratoire était une fille calme, grande – un mètre
soixante-dix, la même taille qu’Alex - et plus raffinée que les autres. Doreen
et lui sont tombés amoureux. Il avait vingt et un ans et elle dix-neuf quand ils
se sont mariés et ont emménagé dans une petite maison avec deux chambres au
premier étage et deux pièces au rez-de-chaussée sur Vale Street à Hulme.
Presque dès le début il s’est senti pris au piège. Qu’était-il arrivé à ses
rêves sentimentaux ? Il habitait dans une maison dépourvue d’eau chaude à 6
shillings 10 dîmes la semaine et, le plus effrayant de tout, son épouse était
enceinte. Il redoubla d’efforts pour trouver une autre sorcière avec qui il
pourrait pratiquer la magie, au moins pour influencer ses chances de promotion.
Doreen n’imaginait pas qu’elle avait épousé une sorcière. Un soir, alors qu’il
était couché à côté de son épouse, Alex, frustré et plein et de ressentiments, a
eu un aperçu intéressant de l’avenir devant les yeux. Il a pu voir des fêtes,
lui-même en tenue de soirée (bien qu’il n’en ai jamais portée), cinquante ou
cent invités qui le saluaient comme leur hôte. Il y avait une salle de bal - la
sienne ... et encore une fois la mort de quelqu’un qu’il aimait. Voilà les
images qui se succédaient rapidement devant ses yeux.
Ne parvenant pas à s’endormir, il a essayé de comprendre comment lui, un ouvrier
chimiste mal payé et sans grande formation, vivant dans une maison qui était
presque une masure, pourrait un jour s’offrir des fêtes aussi somptueuses et il
hésitait à penser à un nouveau décès. Son père était maintenant invalide, mais
dans sa vision il s’agissait d’une femme qui devait mourir.
Comme il était occupé par ses activités pour l’église spirite et qu’il aimait
bien son travail où il comparait les formules modernes des médicaments brevetés
avec des recettes ancestrales des sorcière (et souvent les recettes sorcières
étaient plus efficaces), Alex n’a pas réalisé que son union commençait à se
briser. Doreen s’est réellement appuyée sur sa mère, qui n’appréciait pas Alex,
et ni le petit Paul, ni, plus tard Janice leur autre bébé n’ont pu rapprocher
les deux époux. Paul avait trois ans quand sa soeur est née dans la chambre à
l’étage et la première chose qu’Alex ait remarquée quand il est allé voir le
nouveau-né c’est que son pied droit était tordu vers l’arrière. La sage-femme a
envoyé chercher un médecin qui est venu avec un spécialiste. Le bébé a été
conduit à l’hôpital pour y être examiné immédiatement et il est retourné deux ou
trois heures plus tard chez ses parents. Rien ne pouvait être tenté avant que
l’enfant n’ait treize ou quatorze ans.
Alex n’a pas accepté ce diagnostic, il devait aider son bébé, même si cela
impliquait d’enfreindre la loi aux sorcières en pratiquant seul. Après que
Janice ait été nourrie, il l’a emmenée en bas et l’a mise à quatre pattes devant
le feu. Il a prié son dieu pour avoir des conseils et de l’aide. « Chauffe un
peu d’huile et masse l’articulation » voilà le message qui lui est venu à
l’esprit. Il est donc allé chercher un peu d'huile et il l’a versée dans une
soucoupe. Il y a plongé les doigts et a commencé à toucher le pied tordu du
bébé. En le faisant il s’est senti poussé à tourner l’articulation et, bien que
cela l’effrayait, il a suivi son instinct. L’enfant ne s’est réveillé que
lorsque le pied avait été remis en place. Il a essuyé l’huile et l’a remis dans
son berceau. Il n’a pas dit à sa femme comment l’enfant avait été guéri, mais il
a laissé son épouse et le médecin penser que cela s’était fait tout seul.
Les frictions dans le couple ont encore augmenté et un jour, en rentrant du
travail Alex n’a pu que constater que Doreen avait emmené les enfants et une
grande partie des meubles et était partie pour de bon. Jusqu’à présent, il ne
fumait pas, il ne buvait pas et il remettait toujours à son épouse l’intégralité
de son salaire, il se considérait lui-même comme un époux modèle, sans réaliser
que sa propre immaturité avait été l’une des causes de la séparation. Il avait
vingt-six ans et croyait en avoir fini avec les femmes.
Peu après, pour la deuxième fois dans sa vie, un incendie a détruit son lieu de
travail et, sans travail, il était totalement découragé. Sa sœur Jeanne passait
tout son temps libre avec lui, elle lui faisait à manger et essayait de guérir
sa dépression. Un soir, elle l’a aidé à repeindre sa cuisine pensant que le
changement de couleurs pouvait l’aider à retrouver le moral. Ils ont travaillé
ensemble toute la nuit, ne finissant qu’aux premières heures du jour.
« Sais-tu quel jour nous sommes ? » a demandé Joan lorsqu’ils ont rangé leurs
pinceaux. « C’est Mardi Gras. Soyons les premier au monde à manger des crêpes.»
Ils se sont assis ensemble près du feu et ont mangé des crêpes. Alex ne pouvait
soudainement plus garder son secret plus longtemps. « Sais-tu que je suis une
sorcière? »
« Ne sois pas stupide » a répondu Jeanne.
« Mais je suis une sorcière », a-t-il insisté et il lui a parlé de son
initiation lorsqu’il était enfant et de la magie qu’il pratiquait avec leur
grand-mère. Elle s’est moquée de lui, pensant qu’il était en train d’inventer
tout cela.
« Si tu peux faire de la magie et conjurer les esprits comme tu le prétends,
alors prouve-le, vas-y » a-t-elle dit « fais venir un de tes démons, ici et
maintenant.»
Docilement, il a dégainé son couteau à manche noir qu’il ne cachait plus depuis
que son épouse ne vivait plus à la maison.
Surprise de son attitude posée, Joan a eu des doutes « c’était une blague Alex,
je ne voulais pas te taquiner. »
Mais Alex l’a ignorée. Il a commandé à un démon de venir, quelqu’un qu’ils
connaissaient tous les deux. A peine l’incantation fut-elle terminée qu’on a
frappé à porte d'entrée. Horrifiée, Joan a supplié Alex de ne pas ouvrir.
Quelques secondes plus tard on a recommencé à frapper, cette fois c’était à la
porte arrière, celle qui menait directement à la cuisine où ils étaient assis.
Elle s’est glissée derrière lui quand il a ouvert la porte. Le visiteur était un
acteur, un ami de leur famille.
« Je me demande si tu pourrais m’aider » a-t-il dit « mes amis m’ont laissé
tomber et je n’ai nulle part où passer la nuit. Pourrais-tu m’héberger ?
Alex était sur le point de le laisser entrer, mais sa sœur était presque en
larmes. « Tu ne peux pas rester ici » a-t-elle dit. « Tu n’as pas à frapper à la
porte des gens à trois heures du matin. »
Froissé, l’ami s’en est allé laissant Alex réconforter sa sœur.
« Je ne sais pas si sa visite était une coïncidence » a-t-elle dit nerveusement,
mais je n’aime pas ça. Il ne faut plus jamais jouer avec ces sortilèges. Tu dois
arrêter tout cela, m’entends-tu ? »
« Arrêter ? » s’est écrié Alex. « Ce n’est qu’un début. »
Amèrement il a parlé de l’abnégation, qui avait été son sort depuis des années.
Et qu’est ce que cela m’a rapporté ? Plus de travail, plus de femme et pas
d’argent.
« J’ai arrêté d’être bête maintenant. Je vais penser à moi. A partir de
maintenant je vais utiliser les pouvoirs dont je dispose pour travailler pour
moi. Je vais disposer de toutes les choses que je n’ai jamais eues. La richesse,
le luxe, les vacances... »
« Mais tu viens juste de dire que tu ne dois pas solliciter cela » l’a
interrompu Joan.
« Je ne vais pas les solliciter. Je vais les demander. Si les pouvoirs doivent
se retourner contre moi à la fin. Eh bien qu’ils le fassent. Je vais profiter du
présent et au diable l’avenir, ce qui compte vraiment c’est le présent. »
Pendant qu’il parlait, il marchait dans la pièce et rassemblait des encensoirs,
des épées, un couteau à manche blanc qui aille avec son athamé, et une coupe
d’eau qu’il a posée sur la vieille commode noire que sa grand-mère lui avait
laissée. Avant elle avait servi de grand autel à sa grand-mère et à la
grand-mère de sa grand-mère et maintenant c’est Alex qui s’en servait.
A la lueur des bougies, il a tracé un cercle magique avec son épée, Joan restant
à l’extérieur. Quand elle a fait mine de lui parler, il lui a dit de se taire ou
de sortir. L’air s’est chargé d’encens pendant qu’il pratiquait les sorts et
récitait les paroles qui le menaient de la sorcellerie blanche à la sorcellerie
noire.
« Par tous les pouvoirs, je commande aux démons de m’apporter la fortune,
richesse, pouvoir... »
Joan sanglotait doucement, elle ne comprenait pas ce qui se passait, mais elle
réalisait que son frère bien-aimé était en train de vendre son âme au diable et
que finalement quelqu’un devrait le payer.
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