La Wica
Textes de/sur Gerald Gardner
Textes de/sur les Prêtresses de Gardner
Les Anciennes Lois
Théologie, Dogmes et Croyances
Sur la Pratique
Sur l'Histoire
Lignée & Traditions
Le Livre des Ombres
Le Livre
des Plantes
Les Gens
L'Initiation
Le(s) Secret(s)
La Validité
Outils et Accessoires
Le NROOGD
Dion Fortune & The
Society of Inner Light
Alex Sanders & la
Tradition Alexandrienne
Chamanisme / Faery /
Huna
Magie Enochienne
Reclaiming / Feri /
3rd Road
Thelema
Tubal Cain
Autres
La Librairie
Le Cercle de la Pierre
Sorcières
Liens
Dernières
mises à jour du site
|
Dans les Livres des Ombres utilisés
par Gerald Gardner et ses Grandes Prêtresses, on trouve quelques extraits de
textes en français. Parmi ceux-ci il y a, dans le Livre des Ombres d’une Grande
Prêtresse Initiée par Gerald Gardner un grand passage de tiré de « Vénus, la
Déesse Magique de la Chair » un livre écrit en 1908 par Pierre Piobb.
Vénus,
la Déesse Magique de la Chair
par
Pierre Piobb Rites du Mariage
La
communion, on l’a vu, s’obtenait par le mariage. Le mariage correspond,
d’une part, dans le mythe aux ébats de Vénus et de Mars, enserrés dans
les mailles du filet de Vulcain en présence d’Apollon, Neptune et
Mercure ; de l’autre, sur le plan abstrait, parallèlement à cet
épisode, se trouve l’immixtion de Vénus dans la guerre de Troie. Tout
d’abord, nous découvrons le symbole de l’amour humain avec son cortège
d’adultérations et de bassesses en même temps que celui de la fondation
de la famille, pivot de la société, mêlée conséquemment aux luttes
sociales. C’est là, en quelque sorte, l’esprit du sacrement. Le
signe du Capricorne, où se place l’épisode des enlacements de Vénus et
de Mars et celui du Lion, où s’applique la guerre de Troie dans le
mythe, fournissent les éléments de la forme sacramentelle. Il
convient de considérer le Capricorne comme la représentation même de la
chair et de l’oeuvre de chair en soi, Ce n’est pas l’acte génésique
symbolisé principalement par le Sagittaire, mais la fusion charnelle
des deux conjoints. Quant au Lion, c’est incontestablement la
personnification de l’élément social. Dans le système astrologique
usuel (1), la planète Saturne a un rapport étroit avec le Capricorne et
l’astre du Soleil avec le Lion. Ce sacrement du mariage, doublé de
celui de la communion, devait donc logiquement se conférer en grande
solennité. Mais l’oeuvre de chair, à cause précisément du Capricorne,
devait être consommée en particulier dans une sorte d’intimité entre
les conjoints. Il ne faut pas oublier que l’homme a pour coutume
d’aimer dans la solitude. La raison suffisante de ce fait réside
principalement dans la qualité saturnienne du Capricorne. Saturne est,
à nos yeux d’humains terrestres, un astre peu visible. Le Capricorne
est le point solsticial de l’hiver, moment où, dans l’hémisphère nord
(2), les jours sont les plus courts, - où également la nature semble se
replier sur elle-même en une sorte de vie latente. Saturne, disaient
volontiers les anciens, aime la solitude. Le Capricorne symbolise
aussi le moi conscient et son intimité la plus secrète. Mais, comme
corollaire, il représente toutes les fantaisies et les caprices. Au
point de vue de l’amour, il donnera à l’oeuvre de chair un caractère
éminemment privé, voire personnel, et au choix du conjoint une
direction arbitraire. On en conclura que chacun des croyants
recevait le sacrement selon leur goût. Ils s’unissaient à leur
convenance et consommaient l’oeuvre de chair à part. L’obscurité
était nécessaire pour satisfaire aux conditions saturniennes du
Capricorne. Quand on voulait suppléer à celle que la nuit apporte, les
bols sacrés aux alentours des temples offraient leur ombrage tutélaire
(3). La règle suivie dans de telles fêtes était celle du meilleur
plaisir et du maximum de spasme ; et le changement était une loi
absolue. Chacun devait se livrer le plus possible à une prostitution
effrénée. Des danses amoureuses préludaient sans doute à la
cérémonie rituélique. Le Capricorne est en effet le signe zodiacal qui
correspond à la danse. Au surplus toute chorégraphie ne
symbolise-t-elle pas admirablement la fantaisie et le caprice ? Ne
voyons-nous pas encore dans nos bals les couples tourbillonner au
hasard de leur choix ? Ne considérons-nous pas comme indécent, dans nos
bals pourtant si chastes, qu’une femme danse toute une soirée avec le
même cavalier ? On peut se demander quelles étaient ces danses
hiératiques du culte de Vénus. Nous n’avons guère de documents sur
l’art chorégraphique des anciens, mais nous pouvons le reconstituer
aisément en faisant usage de la Même méthode cosmologique à l’aide de
laquelle nous restituons les rites oubliés. Le culte de Vénus
procède du signe de la Balance en général. C’est un culte calme,
admirablement réglé. On ne doit donc pas y danser follement,
désordonnément, comme dans celui de Dionysos. L’amour est une chose
grave. Quand on aime, on ne rit pas, on sourit à peine ; dans le
spasme, on est sérieux comme dans la mort. Or, les danses, dans une
cérémonie religieuse, doivent toujours symboliser la manière dont
s’exerce la potentialité-dieu sur l’Univers et sur l’Homme en
particulier. Les danses de Vénus devaient être graves et lentes.
Elles devaient consister on mouvements d’ensemble, eu marches
accompagnées de chants langoureux et de mimiques voluptueuses. Ces
marches devaient s’exécuter selon un sens giratoire, peut-être môme
spiraliforme, à cause du signe du Lion, dont l’idéographisme correspond
à une idée de spirale. Ces chants devaient être murmurés plutôt
que criés. Ils ressemblaient sans doute un peu à ces litanies
chrétiennes, qui ne sont, en somme, que des mentrams attractifs et qui
rendent bien le langage de l’amour. Celui-ci est généralement fait
d’épithètes sans cohésion entre elles : il n’a d’autre raison que celui
d’être proféré et d’autre sens que celui du son de ses mots. Cela ne
veut rien dire, mais c’est charmant : c’est de la plus simple et de la
plus sublime poésie. Quant aux mimiques des danseurs et des
danseuses, elles devaient se résumer en quelques contorsions lentes
dans le genre de celles que l’homme fait malgré lui sous la caresse de
l’amour. Elles exprimaient sans doute la sensation du plaisir et du
spasme. Des phallos symboliques furent portés en procession dès
que la religion se déforma (4). On faisait ces phallos immenses pour
montrer la puissance incommensurable de la force générative de la
nature (52). Les sexes et les rangs se trouvaient confondus. Quand la
loi établit une distinction entre les femmes mariées et les
courtisanes, on autorisa toutefois ces dernières à se mêler dans ces
fêtes aux mères de familles, et quand il y eut des femmes esclaves, un
leur permit, pendant les cérémonies du mariage et de la communion,
selon le rite de Vénus, de fréquenter les femmes libres (6). La déesse
ne connait ni sexe ni caste ; elle enflamme qui elle veut ! Mais on
distinguait soigneusement les deux faces du sacrement du mariage, -
l’union charnelle, de l’union conjugale. Dans ces fêtes d’amour, la
préoccupation de fonder une famille était écartée. Tous les auteurs
anciens sont unanimes à reconnaitre que, chez les peuples qui suivaient
la religion de Vénus, les filles se prostituaient toujours avant
d’habiter avec leurs maris. Ils ne parlent point des garçons, car les
religions d’une moralité différente ont accoutumé le langage à réserver
le mot prostitution pour qualifier la polyandrie hors du mariage
social. Ces mêmes religions, par suite de leur préoccupation de
l’abaissement de la matérialité au profit de l’intellectualité et de
leur proclamation de l’excellence de la virginité, ont aussi fait
entrevoir la prostitution sous un jour péjoratif. Elles ont entrainé
l’humanité à considérer la prostitution pratiquée par la femme comme
une infamie et, son équivalent, la polygamie hors la loi pratiquée par
l’homme, comme un simple défaut pour lequel on doit être indulgent.
Aussi voit-on des écrivains de valeur, tels que Valère-Maxime,
s’étonner de ce que, en Asie Mineure, les jeunes filles, après s’être
longtemps prostituées dans les temples de l’amour, puissent devenir
d’excellentes épouses et de parfaites mères de famille (7). Mais
Valère-Maxime vivait à une époque où les religions de l’antiquité se
trouvaient en décadence et où, déjà, les adeptes du Christ faisaient
des prosélytes. Afin même que le symbole soit encore plus
rigoureusement suivi, certains croyants avaient établi comme règle que
la prostitution des femmes ne devait s’exercer qu’avec des étrangers.
Dans le rite de Mylitta, qui est le rite assyrien de la religion de
Vénus, l’union de toutes les femmes avec un étranger au pays se
trouvait obligatoire au moins une fois l’an (8). Aussi a-t-on fait
remarquer avec juste raison le double caractère de la pratique
sacramentelle, qui est sédentaire pour les femmes et nomade pour les
hommes. La femme va au temple attendre l’homme. Celui-ci, le plus
souvent, pour elle sera un étranger ; en tout cas, ce doit être
quelqu’un qu’elle ne connait pas. L’homme ne se rend dans l’enceinte du
lieu sacré que pour y choisir sa compagne. De là une sorte de
claustration temporaire pour les femmes (9).
C’est la mise en
pratique hiératique des qualités, passive de la femelle et active du
mâle. La femme doit régulièrement se subordonner au désir de l’homme.
Il n’y a là aucune infériorité ni physique, ni morale, mais la simple
conséquence d’une différence de polarisation de la nature féminine. La
religion de Vénus proclame l’égalité absolue des sexes, mais elle a
soin de conserver à chacun son caractère propre. C’est logique, naturel
et humain.
(1) C’est-à-dire construit selon le septénaire des anciens. (2)
Dans les analogies des signes zodiacaux avec les saisons, il s’agit
toujours de l’état de la nature terrestre considérée sur l’hémisphère
nord. Cette particularité ne provient pas de ce que les anciens
connaissaient surtout ce dernier hémisphère, mais de ce que la zone de
civilisation est uniquement septentrionale. Cf. L’année occultiste et psychique de 1907, page 45 et suivantes. (3) Cf. Dufour, Histoire de la prostitution : sur les mystères d’Astarté en Phénicie. (4) Cf. St Clément d’Alexandrie, Exhortations aux gentils. - St Augustin, La cité de Dieu. (5) Cf. Hérodote, Histoires. (6) Cf. Athénée, Le Banquet. – Chaussard, Fêtes de la Grèce. (7) Cf. Valère-Maxime, De dictis factisque miratittibus. (8) Cf. Hérodote, Histoires. (9) Cf. Dufour, Histoire de la Prostitution.
retour
|