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Dans
les Livres des Ombres utilisés par Gerald Gardner et ses
Grandes Prêtresses, on trouve quelques extraits de textes en
français. Parmi ceux-ci il y a, dans le Livre des Ombres
d’une Grande Prêtresse Initiée par Gerald
Gardner un grand passage de tiré de « Vénus,
la Déesse Magique de la Chair » un livre écrit
en 1908 par Pierre Piobb.
Vénus,
la Déesse Magique de la Chair
par
Pierre Piobb
Les petits Rites du premier grade.
III «
Toute initiation est la mort du profane. » C’est là une règle adoptée
généralement par les rituels. La logique, du reste le veut ainsi.
L’initiation est, dans une religion, la représentation de l’abstrait,
comme le culte extérieur correspond au concret. Pratiquement, nous ne
passons du concret à l’abstrait, que par la mort. Tant que nous vivons
sur la terre, nous nous trouvons mêlés aux contingences et au concret.
Malgré sa hardiesse même, notre pensée, qui s’envole facilement dans
l’abstrait, se trouve néanmoins soumise aux exigences du cerveau, son
truchement, et le cerveau est purement matériel. Nous pouvons aussi
extérioriser notre « moi » de notre corps. Nous pouvons nous libérer
des exigences physiques, mais, également dans ce cas, nous restons
soumis aux déterminations contingentes (1). Seule, la mort nous libère
complètement du monde concret terrestre. Symboliquement donc,
l’initiation doit représenter la mort. La première cérémonie, par
laquelle l’admission du profane dans le cénacle ésotérique est
prononcée, sera par conséquent un simulacre de toutes les péripéties du
voyage de l’âme après la mort. On suppose que le postulant meurt sur la
Terre et que son âme va rejoindre le groupe des âmes sur le Soleil,
groupe dit des élus. Ce changement d’astre est nécessaire pour
avoir une compréhension nette et précise du système solaire. En effet,
l’homme placé sur la Terre, faisant partie intégrante du mouvement
autour du Soleil, ne peut avoir du cosmos solaire qu’une vision
imparfaite, dite géocentrique : Il lui semble que le Soleil tourne
autour de lui. Pour apercevoir la réalité, pour se rendre compte que la
Terre tourne autour du Soleil, il doit nécessairement se placer sur ce
dernier astre. Ainsi il comprendra que le Soleil-dieu est un centre.
Mais le déplacement se trouve impossible à exécuter tant que l’homme
possède un corps. On est obligé, alors, de supposer qu’il l’a abandonné
et qu’il est mort. C’est pourquoi le postulant à l’initiation,
enfermé d’abord dans un réduit obscur qui symbolise l’inhumation dans
la terre, entre ensuite dans le temple, les yeux bandés. A ce moment,
il se trouve, figurément, dans l’espace interplanétaire obscur. On le
promène à travers une première chambre, où il rencontre plusieurs
difficultés. Cette chambre représente l’espace compris entre la Terre
et la Lune, espace dans lequel une multitude de fluides évoluent. Le
désincarné lutte contre ces fluides qui tentent à faire dévier son «
moi » de sa course en lui occasionnant des vibrations douloureuses.
Mais il triomphe des obstacles, il entre dans une seconde chambre où
les difficultés sont moindres. Il est supposé s’élever dans l’espace
interplanétaire et atteindre alors les régions où les fluides
deviennent de plus en plus rares. Dans la troisième chambre, il ne
rencontre plus du reste aucune difficulté. Il est rendu enfin à la
lumière. Il est arrivé sur le Soleil. Dans le réduit obscur
symbolisant l’inhumation, le postulant passe par l’élément Terre. Dans
la première chambre où le vent souffle, il traverse l’Air. Dans la
seconde, il goûte, soit par immersion totale ou partielle, soit par
breuvage, de l’eau, et il pénètre dans l’élément Eau. Enfin, dans la
troisième il doit franchir le Feu, représenté par des flammes. Ce sont
les épreuves des quatre éléments. Tel est le schéma sur lequel
toutes les cérémonies du premier grade des initiations se trouvent
établies (2). Selon cependant le sens de la forme religieuse à laquelle
correspond chaque initiation, les rites présenteront diverses
particularités. Mais chacune de ces dernières sera nécessairement
empruntée au développement du mythe. Car il ne faut pas oublier que les
grades initiatiques constituent par eux-mêmes des sacrements. Ce sont
les sacrements ésotériques du culte secret dont la matière et la forme se tirent des correspondances du mythe comme celles des sacrements exotériques tin culte public.
* * *
Dans
la religion de Vénus, le premier grade initiatique se confère avec le
sacrement de l’hiérodulisme. Ainsi, par la force même des choses,
l’apprenti se trouve dans une situation hybride. D’une part, il remplit
une fonction du culte public : la prostitution. De l’autre, il
participe aux cérémonies du culte secret. Cette dualité provient
du caractère éminemment physique et humain de la religion de Vénus.
L’amour est un fait patent ; il est accessible à tous et,
conséquemment, tous les fidèles doivent pouvoir le pratiquer
rituéliquement. De là la fonction publique de l’hiérodule. Ainsi
envisagée, cette fonction publique consiste principalement à se
soumettre au caprice du premier fidèle venu qui tient à sacrifier. Il y
a donc une certaine passivité exigée. Or, la passivité étant la
polarisation même de la nature féminine, il s’ensuit que les femmes
seules sont dévolues à la fonction publique de la prostitution
hiératique. L’homme, au contraire, y échappe par sa nature active, pour
se consacrer uniquement au culte secret. Le rituel de ce premier
grade de l’initiation à Vénus, par suite des épisodes de la naissance
d’Antéros (correspondant au Verseau) et du jugement de Pâris
(correspondant au Cancer) comporte des cérémonies où l’air et l’eau,
l’eau surtout, jouent un grand rôle. En effet, le Verseau se range
parmi les signes dits d’Air et le Cancer parmi les signes d’Eau.
Cependant, la figure du Verseau représente un homme versant de l’eau.
Ou a, par là, l’indication que la purification de la seconde chambre
des épreuves prend une importance considérable. Nous savons qu’il
existait dans l’antiquité gréco latine une secte secrète dite des
Baptes (3). On a raconté que ces initiés buvaient, durant leurs
cérémonies, des liqueurs excitantes dans des verres en forme de phallos
(4). Mais l’appellation même de Baptes décèle une purification par
l’eau. Or, cette secte prétendait célébrer le culte de Cotyto, déesse
de la lubricité. On a dit que les femmes en étaient bannies et on a
surtout émis cette assertation parce que de notables homosexuels, comme
Alcibiade, y étaient affiliés. Rien n’est moins prouvé cependant. Ce
qui demeure certain, c’est que les cérémonies de Cotyto se célébraient
dans le plus grand secret et la nuit (5), que les Initiés devaient
porter des vêtements de femme, que tous devaient être fardés, parfumés,
coiffés artistement avec les cheveux longs pendant sur les épaules (6).
Il ressort également que la volupté la plus raffinée faisait l’objet
principal de ces réunions, - si bien que le nom de baptes, qui signifie
purifié par l’eau, devint dans la langue grecque synonyme de fardé et
d’efféminé. Ne sont-ce pas là les caractères même de l’initiation à Vénus au premier grade ?
(1) Cf. L’année occultiste et psychique de 1907, p. 203 et suiv. (expériences d’extériorisation du corps fluidique). (2) Cf. Oswald Wirth, Le livre de l’apprenti. (3) Cf. Strabon, Géographie, - Eupolis, Les Baptes. (4) Cf. Juvénal, Satires. (5) Cf. Dulaure, Histoire abrégée des différents cultes. (6) Cf. Synesius, Dion.
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