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Dans
les Livres des Ombres utilisés par Gerald Gardner et ses
Grandes Prêtresses, on trouve quelques extraits de textes en
français. Parmi ceux-ci il y a, dans le Livre des Ombres
d’une Grande Prêtresse Initiée par Gerald
Gardner un grand passage de tiré de « Vénus,
la Déesse Magique de la Chair » un livre écrit
en 1908 par Pierre Piobb.
Vénus,
la Déesse Magique de la Chair
par
Pierre Piobb
La Morale du Plaisir et de l'Amour
I
La doctrine d’une religion se complète par la morale.
Au point de vue de l’hiératisme, la morale représente l’adaptation de
la vie intime de chaque fidèle à la forme religieuse adoptée. Comme
cette forme est calquée sur le mythe symbolique et que celui-ci parait
raconter la vie du dieu, on peut dire que la morale est une adaptation
de la vie intime de chaque fidèle à la vie même du dieu.
Mais on a vu que l’initié donnait au sens du mythe une interprétation
légèrement différente de celle du profane. De là deux manières
générales d’observer les préceptes de la même morale.
Ainsi que Kant l’a fait observer, il n’y a de murale que celle des
devoirs (1). Seuls les moyens de remplir ces devoirs varient. Les
philosophes discutent à l'envi sur ce sujet qui est immense et
diversifié comme l’humanité même. Les Hauts-Initiés, avec leurs
méthodes schématiques rationnelles, ne se perdaient point en toutes les
considérations qui divisent les moralistes modernes. Pour eux, un code
de morale est une règle de vie, Mais comme chaque individu est
différencié de son voisin par son degré de mentalité, par sa
constitution physique même, il ne peut être question d’imposer une
règle identique à tous les humains, de quelque sexe qu’ils soient, à
quelque race qu’ils appartiennent, en quelque pays qu’ils soient nés,
sous quelque latitude qu’ils vivent. Les déterminations de chacun,
causées par ces quatre facteurs, se multiplient au point de présenter
le caractère de l’infinité
Cependant, la constitution de « ce qui existe » est simple si l’on veut
bien l’envisager sous la forme synthétique de plusieurs cercles
concentriques. Douze plans ou ordres d’idées générales s’y rencontrent,
Ce sont :
1° Le Moi, c’est-à-dire la personnalité de l’être humain, centre incontestable de tout ce que l’on a appelé le « monde extérieur » ;
2° La Série à laquelle cet être humain appartient ; elle se compose des éléments sociaux qui l’entourent : famille, état, société ;
3° L’Espèce dont fait partie cet être humain et qui se caractérise par les déterminations du sexe, du type, de la race ;
4° L’Astre qui porte la race humaine et la société des hommes, donc aussi l’être humain ;
5° Le Cosmos, - soit, pour nous, te système solaire - dans lequel évolue cet astre ;
6° L’Univers ou ensemble de tous les systèmes stellaires ;
7° La Vie ou attribut général de tous les éléments du concret ;
8° Les Forces, qui, par leur jeu combiné, produisent la vie ;
9° L’Absolu, qui résume les raisons dernières de ces Forces ;
10° L’Existence en soi, ou le fait d'être, condition unique de l'Absolu;
11° Le Non-Etre, envisagé non comme le contraire de fait d’être, mais comme chaos primordial d’où la condition d’existence est sortie ;
12° La Divinité qui a séparé l’être du non-être.
On remarquera que, de ces douze plans, les deux derniers sont
inaccessibles et que, conséquemment, ils constituent l’inconnaissable.
L’homme ayant des devoirs, ceux-ci doivent nécessairement correspondre
avec ces douze plans chacun à chacun. Il y aurait donc douze ordres
généraux de devoirs ; mais, par suite des deux inconnaissables, on n’en
considère que dix. Leur ensemble forme ce que, en Kabbale, on a appelé
un décalogue.
Les plus connus des décalogues sont celui de Moise et celui des
décemvirs romains. Ce dernier, on le sait, portait le nom de « Loi des
douze tables », mais il n’en contenait que dix lorsqu’il fut promulgué.
Par la suite, les jurisconsultes remplacèrent les deux propositions
ayant trait à l’inconnaissable que tout d’abord les auteurs n’avaient
pas osé formuler.
Toute morale en soi, c’est-à-dire construite, selon le schéma général
de « ce qui existe », comprend donc les dix ordres de devoirs suivants :
1° Devoirs envers soi-même ;
2° Devoirs envers la société humaine et ses composantes ;
3° Devoirs envers la race humaine ;
4° Devoirs envers la nature, c’est-à-dire envers l’astre qui nous porte ;
5° Devoirs envers le système solaire ;
6° Devoirs envers l’Univers ;
7° Devoirs envers le principe vital ;
8° Devoirs envers les forces cosmiques ;
9° Devoirs envers les principes de l’absolu (vrai, beau, bien) ;
10° Devoirs envers le fait d’être en général.
Chacun de ces dix ordres de devoirs a, comme corollaire, un ordre de
droits. L’homme, comme toute entité, a droit sur chacun des plans de «
ce qui existe » aux contingences même de ces plans. Tout se passe comme
s’il y avait un contrat synallagmatique entre la Divinité
inconnaissable créatrice et la créature. Les deux parties ont
réciproquement des droits et des devoirs.
Mieux encore, ce contrat se subdivise en une multitude de sous
contrats, chacun des plans de « ce qui existe » ayant, envers ceux
qu’il comprend, des droits et devoirs, - et réciproquement.
Ainsi, par exemple, la Divinité inconnaissable a séparé l’Etre du
Non-Etre ; elle a, alors, par le fait, pour parler vulgairement, créé
le monde. Cette création, se répercutant et se continuant sur chacun
des plans, est parvenue jusqu’à moi. Je suis né. Dès cet instant, j’ai
droit à une famille : il me faut une mère, un père, une généalogie ;
j’ai droit à la société et à la race des hommes ; j’ai droit à ce que
la Terre me porte, à ce que le Soleil fasse tourner la Terre et que
l’Univers entier s’arrange dans ses rouages pour maintenir le Soleil où
il est et comme il est ; j’ai droit ensuite à la Vie ; j’ai droit aux
Forces répandues dans la Nature qui entretiendront la cohésion dans mes
atomes, qui feront circuler mon sang, qui me donneront les joies de
l’amour ; j’ai droit à aspirer vers le Vrai, le Beau, le Bien ; j’ai
droit, enfin, à exister ! Et tous ces droits nul ne peut me les
retirer, pas même la Divinité inconnaissable, car, si elle me les
enlevait, elle supprimerait tout « ce qui existe », elle cesserait de «
créer ».
Conserver tous mes droits est donc pour elle un devoir ; mon devoir à
moi sera d’observer vis-à-vis de chacun des plans leurs droits
particuliers et l’ensemble de ces derniers formera le droit que la
Divinité inconnaissable aura sur moi.
En réalité, rien ne se passe ainsi : il n’y a ni droits ni devoirs,
mais, comme la morale est chose humaine, faite pour les hommes, on
l’exprime bien plus aisément avec la fiction du contrat.
Si, on prenait, du reste, l’exemple au mot, le système moral aurait une
allure théiste et métaphysique, tandis qu’il n’en est rien. Par suite
de l’élimination de l’inconnaissable et de la réduction géométrique des
douze plans à dix, la nature créée fonctionne réellement comme si la
Divinité inconnaissable n’existait pas. De même que son fonctionnement
n’a pas besoin de cette Divinité inconnaissable pour être étudié,
démontré et compris, de même le décalogue peut être établi et suivi
sans que cette Divinité inconnaissable intervienne.
En d’autres termes, tout décalogue, se bornant à la nature, constitue une morale cosmologique et non métaphysique.
Mais il y a lieu de considérer que le schéma-type de décalogue,
pareillement au schéma-type de Religion, est un ensemble pratiquement
inapplicable. Il demeure l’apanage de la Haute-Science et reste dans le
domaine de la Haute-Initiation. En fait, la morale d’un hiératisme
quelconque se différencie du schéma-type selon la forme même de cet
hiératisme. On rencontrera donc autant de morales particulières qu’il y
a de formes religieuses possibles : c’est-à-dire dix. Chacune de ces
morales sera empreinte naturellement du cachet de la potentialité-dieu.
C’est pourquoi, Vénus étant la potentialité de l’attraction, soit de
l’amour chez l’homme, la morale de sa religion aura pour caractère
spécial le plaisir (2).
(1) Cf. Kant, Critique de la raison pure.
(2) Les dix formes de morales correspondant aux dix formes religieuses
sont : la morale de l’intérêt personnel ou du plaisir (Vénus), la
morale de l’intérêt humanitaire ou morale sociale (Mars), la morale de
l’harmonie psychique ou de la sympathie (Hécate), la morale de
l’harmonie physique ou de l’esthétique (Apollon), la morale du
déterminisme physique ou morale positive (Mithra), la morale du
déterminisme intellectuel ou morale idéaliste (Brahma), la morale de la
Nature ou utilitarisme général (Isis), la morale de la nature humaine
ou utilitarisme personnel (Dionysos), la morale cosmologique
anthropocentrique ou, également morale du mérite et du démérite
(Jéhovah), la morale cosmologique anthropocentrique ou, également,
morale du mérite et du démérite (Christ). Ces deux dernières, quoique
partant de principes différents, sont analogues dans leurs propositions
: l’une place le dieu vis-à-vis de l’homme, l’autre l’homme vis-à-vis
du dieu, ce qui revient au même.
Aucune de ces morales n’est ni supérieure ni inférieure aux autres, ni
meilleure ni pire que ses congénères. Elles sont en général peu
connues. Nous avons pris l’habitude d’envisager les doctrines morales à
travers le verre déformant de la nôtre, si bien que nous croyons de
bonne foi qu’elle est le schéma-type de toutes les autres et que, si
vos moralistes contemporains tentent quelquefois d’établir un système
nouveau de morale, celui-ci n’est jamais qu’une interprétation ou une
altération du code Judée chrétien.
Chacune de ces morales trouvera sa place dans cet ouvrage sur les
Mystères des Dieux au volume traitant spécialement de chaque hiératisme
correspondant.
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