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Doreen Valiente
Sorcière, Espionne et amie de la Royauté
(à relire)
par Claire Dixon in The Wild Hune, le 4 mai 2016

 

Brighton, Angleterre - Les portes se sont ouvertes ce mois-ci sur une exposition d’objets de la collection Doreen Valiente, mais c’est la nouvelle biographie de la plus célèbre sorcière d’Angleterre qui a causé le plus grand émoi. Pourquoi ? Le livre a révélé que Doreen Valiente avait travaillé sur la légendaire base d’espions du MI-6 de Bletchley Park pendant la Seconde Guerre mondiale.

Comme on a pu le lire dans The Wild Hunt en Janvier, le livre de Philip Heselton, « Doreen Valiente Witch », a été publié par la Doreen Valiente Foundation (DVF) pour que sa sortie coïncide avec l’exposition historique à Brighton dans West Sussex. C’est le troisième chapitre du livre intitulé « Glimpses Through the Shadows (Or What Doreen Did During the War) », qui a attiré le plus d’intérêt.
Le MI-6 utilisait Bletchley Park dans le Buckinghamshire comme centre de déchiffrage et y interceptait toutes sortes de messages codés allemands. Le code le plus célèbre était le code Enigma, car il y avait plus de 100 millions de variations. Philip Heselton affirme que Doreen Valiente avait signé la Loi sur les Secrets Officiels et faisait partie de la division ISOS de Bletchley Park, son travail consistait à traduire les messages interceptés.
Ashley Mortimer le curateur de la DVF a dit que Philip Heselton, dans ses recherches pour le livre, n’a fait que confirmer ce que l’on soupçonnait depuis longtemps, à savoir qu’elle était impliquée dans ce cassage de codes. La découverte fut une nouvelle passionnante pour la DVF et la communauté Païenne en général.
Ashley Mortimer a dit : « John et Julie (Belham-Payne, les fondateurs de la fondation) ont toujours pensé que Doreen avait été impliquée dans quelque chose de secret pendant la guerre, ils avaient tous les deux spéculé que Doreen avait pu avoir été à Bletchley Park. Donc, avoir cette confirmation par Philip fut réellement vraiment passionnant ». Il a ajouté : « Cet aspect de la vie de Doreen, maintenant révélé, permet une nouvelle vision sur d’autres aspects - certainement sa capacité à être secrète et considérer ses promesses comme sérieuses, comme elle l’a clairement fait avec la Loi sur les Secrets Officiels. »
Malheureusement, ce nouveau chapitre de l’histoire de Doreen Valiente, ouvert aujourd’hui par Philip Heselton ne sera peut-être jamais complètement révélé. Le travail fait à Bletchley Park a été révélé dans les années 1970. Mais comme Doreen Valiente a signé le document Officiel sur les Secrets, elle n’avait pas le droit de parler de la nature de son travail pour le gouvernement. Pour le travail de renseignement, cette interdiction s’applique habituellement au reste de la vie du signataire et, en outre, des informations couvertes par la Loi peuvent parfois être officiellement gardées secrètes pendant un siècle.
Alors, que savons-nous vraiment ? Selon Philip Heselton, la division ISOS, qui était basée dans le Cabanon 18 à Bletchley Park, faisait partie de l’effort pour contrer l’Abwehr, le contre-espionnage militaire allemand. L’Abwehr s’était développé dans toute l’Europe en envoyant des espions se faisant passer pour des réfugiés fuyant le régime nazi. Ces espions faisaient ensuite des compte rendus sur les sites militaires ennemis, la formation militaire et ainsi de suite. La division ISOS s’occupait d’intercepter ces messages, de les décoder et de traquer les espions.
Une fois détectés, les espions allemands étaient placés devant un choix difficile. Ils pouvaient devenir des agents doubles ou être exécutés. Beaucoup choisissaient la première solution ce qui a conduit à la création d’un système qui a très bien fonctionné. De faux renseignements étaient envoyés aux allemands et un succès remarquable fut de convaincre les nazis que le D-Day les Alliés allaient débarquer à Calais plutôt qu’en Normandie. Ces agents doubles n’ont pas été démasqués par les Allemands et on a estimé que le travail de Doreen Valiente et de ses collègues de Bletchley Park a sauvé des millions de vies, écourtant la guerre de plusieurs années, quatre ans selon les plus optimistes.
Philip Heselton affirme aussi que Doreen Valiente a passé une grande partie de la Seconde Guerre Mondiale à se déplacer entre Bletchley Park et le sud du Pays de Galles. Elle aurait rassemblé des informations sur la bataille de l’Atlantique auprès de marins étrangers, au cœur de ce qui était le blocus allié de l’Allemagne. C’est à cette époque que Doreen Valiente a rencontré son premier époux Joanis Vlachopolous, qui s’est noyé six mois seulement après leur mariage en 1941. Mais ce que Doreen Valiente a fait au sud du Pays de Galles est moins clair que son rôle à Bletchley Park.
Les recherches de Philip Heselton ont sans doute ajouté une importante nouvelle dimension à l’histoire de Doreen Valiente et la communauté païenne se pose aujourd’hui bien des questions. Cependant, comme je l’ai indiqué plus haut, comme elle a signé la Loi sur les Secrets Officiels, on ne connaîtra peut être jamais la véritable ampleur ou la nature de son travail pendant la guerre - ou du moins pas avant un certain temps. Ashley Mortimer a dit : « La recherche continue et nous sommes tous convaincus qu’il y aura de nouvelles informations et d’autres révélations à venir. Doreen Valiente reste une énigme et il semble que plus nous en apprenons à son sujet et plus nous réalisons combien nous en savons peu sur elle ».
On a contacté Bletchley Park pour obtenir un commentaire au sujet de Doreen Valiente mais ils n’ont pas répondu.
Dans la biographie de Philip Heselton se trouve une autre information intéressant : Doreen Valiente avait des liens avec la famille Royale britannique - en particulier la Reine Mère (décédée en 2002). Philip Heselton a raconté au Brighton Argus : « Plusieurs personnes m’ont dit qu’elle connaissait bien la Reine Mère. Comme une grande partie de sa vie, il s’agit là d’un mystère et ça le restera, mais nous avons certains indices sur leurs liens. »
Selon Philip Heselton, dans les années 1980, la Reine Mère a fait venir Doreen Valiente, dans les Highlands écossais, à Balmoral, la résidence d’été officielle de la famille Royale, en jet privé pour l’avertir que le gouvernement de l’époque pensait faire interdire à nouveau la Sorcellerie. La Sorcellerie avait été interdite en Grande-Bretagne au 16ème siècle sous le règne de Henri VIII et était punie de mort. Parmi les grands procès on citera notablement ceux des Sorcières du North Berwick à East Lothian en Ecosse (1590) et le procès des Sorcières de Pendle, dans le Lancashire, au Nord de l'Angleterre (1612).
Mais en 1735 une nouvelle loi sur la Sorcellerie a été adoptée pour refléter les valeurs des Lumières de l’époque. Pratiquer la Sorcellerie n’était plus punissable mais y croire l’était. La peine maximale est un emprisonnement d’un an ou une amende et la Loi n’a pas été abolie avant 1951.
Lorsqu’en 1954 Gerald Gardner a fait connaitre la Wicca aux masses, la Sorcellerie commençait à connaitre une résurgence. En conséquence, la possibilité d’une nouvelle interdiction était inquiétante. Philip Heselton n’est pas clair quant à la date exacte du séjour de Doreen Valiente à Balmoral, mais il a dit : « J’ai l’impression que sa rencontre avec la Reine-Mère a eu lieu dans les années 1980 ».
Une autre rumeur citée par Philip Heselton est que le miroir à main utilisé par Doreen Valiente dans ses rituels et que l’on peut voir dans l’actuelle exposition de la DVF, appartenait autrefois à la reine mère. Doreen Valiente l’aurait trouvé dans une vente dans un village près de Balmoral après que la reine mère se soit débarrassée de quelques affaires. On dit qu’elle a pu discuter avec la Reine Mère lors de la vente et qu’elle a confirmé que le miroir était le sien. Mais, à l’heure actuelle il n’y a plus moyen de vérifier cette histoire.
Cette rumeur comme l’histoire sur Bletchley Park ne semblent pas être les seules à raconter à propos de Doreen Valiente. Nous nous en feront l’écho lorsqu’elles feront surface.
 


 

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