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Avec l’Aide de la
Haute Magie
Chapitre I – Avec
l’Aide de la Haute Magie
par Gerald Gardner
version française
Tof
&
Xavier
« Orphial, Anial, Oramageon, Adonai, Tzabaoth, El,
Elothai, Eloahim, Shaddai, Tetragrammaton, Anaphoditon, » c’est ainsi que
claquaient les noms dans la grande incantation.
Olaf Bonder se balançait légèrement. Les yeux bandés et sans défense, il se
tenait dans le Triangle, à l'extérieur et coupé du Cercle protecteur, à mi
chemin entre le monde plaisant des hommes et celui des Redoutables Seigneurs
des Espaces Extérieurs. Thur Peterson lui avait dit de faire le vide dans sa
tête, de vider sa vision mentale, de créer en lui un vide qui sera rempli par
l’Esprit qui parlera par sa bouche et leur dira comment agir pour aboutir dans
leur grande entreprise.
La réceptivité d’Olaf était encore loin d’être complète. En ayant les yeux
bandés, sa vision mentale était considérablement stimulée de façon à ce que
des images de sa vie et de son histoire intime depuis plusieurs années
apparaissent spontanément et courent dans son cerveau, anormalement vives et
lumineuses avec des éclairs de feu comme des éclairs de foudre lors d’une
tempête effrayante. Pendant un moment il a été presque paralysé par la terreur
car il n’était pas habitué à des stimulations mentales aussi intenses ou à la
rapidité effrayante à laquelle les images se succèdent.
Il avait à peine seize ans et il ne le faisait que pour son frère Jan, il
n’était pas très préoccupé par leur revers de fortune. Pour la première fois
ces images terrifiantes arrivaient à lui, il voyait le pillage et l’incendie
de la maison fortifiée de son grand-père placée au sommet d’un rocher
inaccessible, l’assassinat du bon Edgar Bonder par le maudit normand Fitz-Urse,
son père qui avait échappé au massacre et l’avancement constant de la
construction de la forteresse normande sur les cendres de la vieille ferme.
Pourquoi est-ce que ces images étaient si vivantes ce soir, même celles de la
mort de son père loin lors des guerres? Pourquoi devait-il voir sa mère si
clairement lorsque Thur Peterson lui avait apporté la nouvelle. Olaf n’était
lui-même qu’un petit garçon de trois ans qui trainait dans ses jupes et Jan,
plus âgé, était maussade et déterminé, comme si déjà à cette époque il était
décidé à retrouver leur dignité perdue coûte que coûte. Elle avait essuyé une
larme du bord de sa main et était retournée derrière la charrue avec son
attelage de bœufs impassibles qui attendaient ses ordres : Il n’y avait pas de
temps pour le deuil, il fallait s’occuper de faire tourner la ferme et gagner
leur pain quotidien, la terre n’était pas généreuse et en plus une partie
devait être soustraite par la cupidité de l'Église.
« Chiaoth, Ha, Qadosch, Beraka! » Chaque nom frappait comme un marteau dans le
cerveau d’Olaf. Il devait chasser de son esprit ces souvenirs du passé,
dépasser tout cela et aller jusqu’au bout de cette tâche qu’il s’était engagé
à faire pour Jan, pour qu’il puisse être à la tête d’une famille avec des
terres, des châteaux, des partisans, au lieu d’être un hors la loi qui erre
sans rien à une trentaine de kilomètres de l’enceinte des grandes forêts.
« Anphaim, Aralim, Chashmalim, Ishm! » Est-ce que cela ne s’arrêtera donc
jamais? Les événements de la journée repassaient devant ses yeux. Un acte de
tyrannie mesquine de la part d’un des Frères avait chassé Jan et il était allé
là où Olaf s’escrimait à sa tâche sans fin.
« Je n’y arrivai pas » rageait-il « Cette nuit nous irons chercher Thur
Peterson et nous lui demanderons son aide.
- Quelle aide pourra-il nous apporter? Ce n’est qu’un parasite.
- Ce n’est pas aussi simple que ça.
- A-t-il de l’argent? Nous aurions besoin de nombreuses pièces d’or pour cette
grande entreprise, Jan.
- Oui, c’est vrai.
- Et est-ce que Thur en a beaucoup? ou alors l’Abbé lui-même?
- Thur a quelque chose de bien mieux. Nous allons quérir l’aide de la Haute
Magie! Tu viendras?
- Là où tu vas, j’irai. Ce que tu fais, je le ferais. »
Ils avaient chevauché furieusement de nuit pour rejoindre la grande maison de
Thur.
Thur a protesté: « Ça fait bien trop longtemps, Jan, environ vingt ans.
J’aimais ton père. Il était mon ami et mon compagnon et s’il avait fait la
tentative il y a de nombreuses années, tout le monde l’aurait suivi. Mais
maintenant, ce ne sont plus que de vieilles histoires de bonnes femmes et il
faudrait un miracle pour attaquer le château et remporter la victoire. Comment
pourrais-tu rester seigneur d’un pays hostile? Il te faudrait une armée et de
l’or pour la payer et la nourrir. »
« Tu avais promis d’aider mon père avec les Arts que vous commandez! »
En entendant cela Olaf a regardé les deux hommes à tour de rôle d’un regard
effrayé. Jan, blond, les yeux gris, grand, svelte et musclé, le corps tendu
avec une énergie refoulée était assis sur un tabouret, les jambes écartées
reposant sur ses talons. Il regardait le visage de Thur avec une grande
attention, alors que l’homme âgé, plus grand que Jan et plus fort, son visage
mince, ses yeux noirs très foncés qui rappelaient des feux invisibles,
regardait son visiteur.
« Diablerie! », murmura Olaf d’une voix rauque, et il se signa.
Thur le regardait bizarrement et haussa les épaules puis se tournant vers Jan.
« Oui, oui, je sais, mais en vérité je suis plus qu’un petit peureux. J’ai les
parchemins où l’on trouve les instructions, avec l’utilisation des bons
instruments... mais je n’ai pas ces instruments. »
« Des instruments! » dit Olaf horrifié. Jan lui a fait un geste d’impatience
lui ordonnant de se taire et ne pas interrompre la conversation.
« Sans eux, c’est très dangereux. Tout d’abord je dois faire un cercle avec
une épée consacrée comme il se doit. »
« Comment peut-on trouver tout cela? » a demandé Jan
« On peut les faire, mais c’est compliqué, voila le problème. Pour faire
l’épée il me faut le burin, pour faire le burin je dois avoir le couteau à
manche blanc consacré, l’athamé de la sorcière. L’athamé lui doit être fait
avec le burin. » Jan était désespéré sur son siège, assis dos voûté, la tête
baissée.
Thur le regarda avec compassion. « Il faut faire tout cela dans un cercle et
je ne vois pas comment. » Un lourd silence est tombé. La déception de Jan
était accablante. Sa foi enfantine dans les pouvoirs de Thur s’envolait et
même s’il savait qu’il devrait lutter et travailler durement pour retrouver
ses biens perdus et les conserver, il avait placé toutes ses espérances dans
les conseils et directives de Thur et son art magique.
Avec impatience quant à sa propre impuissance Thur a ajouté : « Fous, vous
pensez que je n’ai qu’à agiter une baguette? Est-ce que je peux faire des
briques sans terre ni feu? Un magicien doit avoir les instruments adéquats de
l’art.
- Je pensais que ... » a dit Jan timidement puis il s’est tu.
« Certes, le pouvoir se trouve en lui-même » a reprit Thur en marmonnant,
« mais il doit avoir la paix et le calme pour s’enflammer d’une très grande
puissance frénétique. Comment peut-il concentrer sa volonté pour puiser dans
les forces les plus puissantes quand on a peur que les hommes de l’Abbé
viennent frapper à sa porte?
- Qu’ils aillent aux diables tous ces foutu prêtres! » à dit Jan
« C’est pareil pour moi, je ne peux pas œuvrer en silence. Pour convoquer les
esprits, qu’ils soient au ciel ou en enfer, je dois le faire à haute voix et
si je le fais, les voisins vont l’entendre et aller le dire tout de suite à
l’Abbé... et il ne m’aime pas. »
- De toute façon, à part son ventre il n’aime personne » a ri Thur. « Non, je
ne vois pas comment t’aider mon garçon. Je verserais mon sang pour le fils de
ton père, mais je ne sais pas ce que je devrais faire.
- Vous avez les parchemins, Thur, tu nous en as souvent parlé quand nous
étions petits.
- Oui, je les ai, mais que valent-ils? J’ai étudié la Haute Magie en Espagne à
l’Université de Cordoue, et alors? Tout le monde peut y enseigner et ils
enseignent ce qui attire les étudiants à leurs cours. Un enseignant avec de
nombreux étudiants est un grand homme, mais ils n’enseignent que la théorie et
non la pratique.
- Mais si vous connaissez la théorie, vous pouvez sans doute pratiquer?
- Non, c’est là qu’est le hic. Ils disent ‘Prenez ci et ça’... mais ce sont
des choses qu’un homme ne peut pas se procurer. Donnez-moi les outils et je
les utiliserai à ton avantage. Ils précisent bien que si l’on n’a pas l’outil
exact, essayer mettra votre vie et votre âme en danger. Sinon, pourquoi moi
qui ai le savoir je ne suis qu’un homme misérable qui vit pauvrement dans une
petite ville? Si j’en avais le pouvoir, n’aurais-je pas fait de moi un homme
riche?
- Je vois. », a dit Jan, tristement. Il avait placé tous ses espoirs en Thur
et Thur n’était plus qu’un homme brisé. « Mais, Thur il n’y a vraiment aucune
solution? Je n’ai pas peur de risquer ma vie, même si je dois vendre mon âme
comme le disent les moines.
- Ce ne sont que des mensonges de curés. » a dit Thur, « Le Dieu qu’invoquent
les magiciens est le même que celui que prient les moines, mais on nous
apprend à prier différemment. Nous utilisons les méthodes du Roi Salomon, à
qui le Seigneur dit : ‘Je t’ai donné un cœur sage et compréhensif, jamais
avant toi il n’y ait un homme tel que toi et plus jamais il n’y en aura un.’
Salomon a fait de nombreuses merveilles et de grandes œuvres en utilisant le
savoir que le Seigneur lui avait donné, mais quand le poids des ans s’est fait
sentir, il a écrit à son fils ‘ô Roboam mon fils, retiens bien la sagesse de
mes paroles, tu sais que moi Salomon j’ai accompli de nombreux miracles et
j’ai écrit un livre dans lequel est consigné le secret des secrets et dans
lequel je l’ai caché et j’y ai caché tous les secrets des arts magiques de
tous les maîtres et je les ai notés dans cette clé, de sorte que comme une clé
qui ouvre un coffre à trésor ... cette clef seule peut ouvrir la connaissance
des arts et des sciences magiques.
Ainsi, ô mon fils, que tout soit préparé comme il se doit, que tout soit mis
en œuvre au jour et à l’heure que j’ai fixés et que toutes les choses
nécessaires soient prêtes, car sans cela ton travail ne serait que mensonge et
vanité.
Je t’ordonne, Roboam mon fils, de placer cette clef à côté de moi dans la
tombe.’
Et » a continué Thur, « il en a été fait ainsi, mais à un moment, des
philosophes babyloniens sont arrivés et ils ont fouillé la tombe et ils ont
fait des copies de la clef et avec elles ils ont accomplis de nombreuses
merveilles. »
- Et tu as cette clé? » a demandé Jan alors qu’Olaf écarquillait les yeux.
- Oui, mon garçon et voilà le problème: Elle dit très clairement que d’essayer
sans les bons instruments entrainerait la mort ou pire encore. Cela ne ferait
que soulever des forces puissantes qui ne peuvent être contrôlées.
- Donc, il n’y a donc aucun espoir. » a dit Jan.
Thur a répondu lentement: « Il y a peut être un moyen. » Il s’est tourné vers
Olaf et dit sèchement : « Tu ... tu as déjà aimé une femme?
- Une femme? J’aimais ma mère lorsqu’elle était douce.
- Non pas comme ça » a dit Thur « As-tu déjà posé les yeux sur une jeune fille
avec le regard de l’amour ... ou une autre femme d’ailleurs? Réponds
franchement!
- Non. » a déclaré prestement Olaf. « Les filles ne sont que des choses
stupides, je n’ai que faire de l’une d’entre elles.
- Alors je peux aider. » a dit Thur. « Il y a un moyen par lequel on peut
faire venir un esprit dans le corps d’une jeune personne et ainsi la
communication peut traverser le voile, car seule l’essence spirituelle est
présente et un cercle tracé par une épée ordinaire suffirait… en tout cas
c’est ce qu’on m’a dit. Mais le jeune homme ou la jeune fille ne doit jamais
avoir connu l’amour physique, quelle qu’en soit la forme, sinon cela mettrait
tout le monde en danger. Il y a encore d’autres dangers... être brûlé si on
nous surprend, mais nous pouvons courir ce risque là. Je n’ai jamais osé
essayer avec quelqu’un d’autre, ils étaient peureux et bavards et nous
auraient conduit à la mort, mais je peux vous faire confiance. Mais
souvenez-vous qu’il y a un grand danger pour l’adolescent car il doit former
un lien et servir de médium entre les deux mondes et pour sa protection il n’y
a qu’un Triangle ... car s’il était dans le Cercle protecteur, l’esprit ne
pouvait pas en franchir les limites pour entrer dans son corps. Ou si une
telle force était libérée dans le Cercle, tous ceux qui s’y trouveraient
seraient tués car ce cercle n’est qu’une protection partielle sauf s’il est
tracé par les outils qui nous font défauts.
- Je vois ce que vous voulez dire. » a dit lentement Jan. « Si Olaf n’a pas
peur.
- Je veux le faire. » a répondu Olaf.
- Non, non » a protesté Jan « je ne veux pas… mon propre frère.
- Je suis résolu. » a répété tranquillement Olaf et Jan a gardé le silence.
« Si Olaf a le courage de le faire ce n’est pas dangereux (c’est ce qu’on m’a
dit). » a dit Thur « Ne laissez pas la terreur vous saisir sinon vous allez
paniquer. Si nous ne sommes pas dérangés, nous pouvons réussir. Si non… au
moins nous obtiendrons des conseils qui pourront nous être utiles.
- J’ai vraiment peur » a dit vaillamment Olaf, « mais je vais chasser la peur
et pour l’amour de Jan, et celui de son grand désir, vous pouvez faire de moi
ce que vous voulez. J’obéirais en toutes choses.
- Alors n’ai pas peur, brave garçon. Je te donnerai un puissant talisman. » a
dit Thur, déjà occupé avec un pot et une grande baignoire. « Déshabillons-nous
tous maintenant et baignons-nous dans cette eau consacrée. »
Cela fait, Thur a ensuite tracé des grands cercles sur le sol, l’un dans
l’autre et en dehors il a tracé un grand triangle. Tous furent circonscrits de
noms mystiques. Ensuite il a versé de l’eau sur la tête d’Olaf en disant :
« Aspergus earn nomini, hyssop mundabitur, lavabus eam, et super nivem,
delabatur » puis il a accroché un talisman autour de son cou. Les mots avaient
un son réconfortant et Olaf se sentait fortifiée par eux, mais les mots
terribles qui suivirent ont terrorisés son âme mais aussi son esprit, ils
semblaient venir d’une vaste caverne et la voix n’est pas celle de Thur, mais
ressemblaient plus à un tonnerre qui explosait et faisait reculer toutes les
résistances, une puissance terrible commandant l’obéissance.
« Orphial, Anial, Ormageon! Venez, Bartzebal, Bartzebal ... VENEZ! »
Olaf a été menée dans le Triangle et Thur lui a bandé les yeux avec une bande
de tissus noir et il lui a lié les mains et les pieds ensembles et lui a
demandé : « Comme tu es aveugle et ne peux voir que la lumière que je te
donne, de même je te lie à un espace où tu ne puisses être l’objet que de ma
seule volonté. Avec cette épée, j’invoque sur toi la protection de Bartzebal,
pour que nulle force du ciel, des enfers ou de sous terre ne puisse agir sur
toi, à part les forces que je vais invoquer en toi.
Avec cette épée je pique ton cœur pour que ton corps soit un temple de Mars et
je t’ordonne de répéter après moi: ‘J’invoque les pouvoirs de Mars pour qu’ils
se manifestent en moi, Amocramides Ancor.’ »
La voix enfantine d’Olaf s’est fait entendre nettement, il a adopté un ton
chantant : « J’invoque les pouvoirs de Mars pour qu’ils se manifestent en moi,
Amocramides Ancor. » Il se tenait debout, fermement à l’intérieur du triangle.
C’est alors qu’a débuté un rituel où des gémissements et des bruits semblaient
jaillir autour de lui du début des temps. Le bandeau autour de sa tête,
pourtant attaché lâchement, semblait être un étau de fer. Il avait
l’impression que sa tête allait éclater et se fendre en deux et il en était de
même pour ses poumons et le bruit sourd de son cœur semblait vouloir faire
éclater sa poitrine. C’était une peur pure et sans mélange d’une telle
intensité qu’un homme ne pouvait en faire l’expérience et continuer à vivre.
Peur! Et s’il meurt, lors de ce rite maudit, même le Christ Lui-même ne
pourrait le sauver de la damnation éternelle.
Une grande brume noire s’est massée à la base de sa colonne vertébrale et elle
s’est mise à grimper, lentement ... lentement ... jusqu’à atteindre sa nuque,
jusqu’à ce que ses cheveux se dressent sur sa tête, puis l’enveloppe
totalement comme une tornade portée par tous les diables. S’il avait pu y
mettre la main, il aurait pu la toucher, épaisse, noire et étouffante comme un
chiffon. C’est la peur qui se manifestait... et maintenant la brume commençait
à couvrir sa tête ... à le glacer ... si elle atteignait sa bouche, il serait
perdu.
C’était cette peur, dont il les avait mis en garde, qui pourrait détruire Jan
et Thur et le tuer. Il ne doit pas... il ne faut pas! La brume noire semblait
atteindre ses narines... en quelques secondes elle sera sur sa bouche.
Il a commencé à la chasser et elle s’est arrêtée. Pendant un moment qui
semblait interminable, la brume semblait rester stationnaire, pendant qu’Olaf
agonisait aux prises avec lui-même, luttant pour leur vie à tous. Aussi
lentement qu’elle avait progressé la chose noire reculait et a disparu, le
laissant tremblant et en sueur, mais à nouveau maître de lui.
Il avait réussi! Jamais plus, pensait-il, les puissances des ténèbres ne
pourraient l’assaillir ou avoir le dessus sur lui.
Puis de nombreuses nouvelles visions tremblotante sont apparues, mais elles
diminuaient en fréquence et intensité jusqu’à disparaitre complètement,
laissant Olaf avec un sentiment d’épuisement et d’étourdissement qui l’a fait
chanceler à nouveau. Ce n’est qu’avec un effort suprême qu’il a réussi à se
maîtriser. Malgré lui il s’est mis à marmonner, comme s’il délirait, il
prononçait des paroles qu’il ne comprenait pas. Il a pris conscience de la
voix de Thur, qui était persuasive avec un ton de bienvenue et ... oui,
était-ce aussi du soulagement?
« Salut, ô Bartzebal, puissant esprit, bienvenue à celui qui vient au nom d’Eloahim
Gibur. Dis-moi en vérité comment mon ami Jan Bonder ici présent peut faire
pour que s’accomplisse sa volonté! »
Des lèvres sèches et gercées d’Olaf sont sorti une suite de mots obscurs, les
seuls à être intelligible disait : « Cherchez la Sorcière de Wanda. » Mais il
y a eu ensuite un bruit terrible de tambours qui tonnait dans sa tête et il a
réalisé que quelqu’un frappait à la porte. Les hommes de l’Abbé! En une
minute, les portes seraient enfoncées..., puis ce serait le jugement et le
bûcher pour eux tous ... et il était attaché, les yeux bandés et sans défense.
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