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Avec l’Aide de la Haute Magie
Chapitre XVII - Le Culte des Sorcières
par Gerald
Gardner  version française Tof  & Xavier

 
Le lendemain matin, ils sont descendus presque endormis pour prendre leur petit déjeuner, les paupières lourdes, mi déçus, mi intrigués et franchement perplexes. Leurs espoirs d’une conclusion rapide à leurs difficultés étaient brisés. « Cherchez Evan Œufs de Mouette, » n’était pas un bien grand résultat pour leur puissante opération magique. Jan qui réalisait qu’il en était responsable baissait la tête honteux, il était aussi perplexe et inquiet. Il regardait Morven avec espoir mais aussi effrayé. Ils ont mangé et bu en silence jusqu’à ce que Morven dise : « Je veux te parler sérieusement, Jan, et cela vous concerne aussi, Thur et Olaf. Les gens de Spurnheath ont discuté. Pas dans le sens que tu espérais, Jan, mais silence, je suis désolé de te raconter tout ça.
« Lorsqu’il a été question de se rassembler à Deerleap l’autre soir, ils étaient pleins d’enthousiasme. Ils pensaient que le bon vieux temps allait revenir, que Jan-le-Bretteur était un chef puissant et que tout ce qu’ils auraient à faire serait de le suivre en criant et ils pourraient s’emparer de tous les châteaux. Mais le lendemain matin, ils ont encore réfléchi, ils ont vu comme les châteaux étaient bien protégés et que des hommes en armure les gardaient. Ils ont pensé aux salles de torture et aux potences et aux hommes qui ont été aveuglés ou mutilés et qui sont maintenant réduit à la mendicité. Puis ils se sont dit : ‘Nous n’avons pas d’armes’ et ils ont découvert que leur chef n’était qu’un agriculteur qui n’avait aucune compétence guerrière. Ils se sont donc calmés et ont jugé qu’il était plus sage d’attendre et de voir comment les choses allaient évoluer. Jusqu’à hier soir, je pensais que nous allions obtenir une aide magique pour remporter au moins un succès, ensuite les gens nous auraient suivi sans se poser de question, mais je crains maintenant que puisque Bartzebal a eu une fois le dessus sur nous, plus jamais il ne nous sera possible de le forcer à nous aider. »
Jan la regardait d’un air décontenancé. « Mais il ne s’agissait pas de combats et tout ce que nous avons obtenu c’est un conseil. Je ne doute pas que nous puissions trouver Evan Œufs de Mouette à temps et il nous apportera son aide ou ses avis, Bartzebal n’aurait pas osé nous tromper sur ce point.
- Et le conseil est bon, il va nous aider, » a dit Thur.
« C’est vrai, » a-t-elle dit, « Mais nous voulons une aide rapide, pour que la population nous suive jusqu’au succès, avant que les bavardages de Maîtresse Hildegarde ne gâchent tout.
- Tu es une prêtresse, les gens te suivront, » a dit Thur.
« C’est vrai, j’ai été prêtresse, je suis passée par le triangle et par le pentacle, j’ai donc le droit d’assumer cette fonction si aucun ancien ou si personne n’ayant plus de droits que moi n’est présent. Mais je n’ai jamais occupé cette fonction et je crains de manquer d’expérience et de ne pas avoir assez de personnalité pour diriger les hommes dans la bataille. C’est pour cela que je veux que tu aies l’autorité, Jan, et vous aussi, Thur
- Oui, les combats sont une affaire d’hommes, » a dit Thur.
- Je commanderai, d’accord, » a dit Jan.
« Non, tu n’a pas encore cette autorité, » a-t-elle répondu.
« Je pense que Morven à une idée derrière la tête, » a dit Thur.
« Oui, » a-t-elle répondu. « Je veux que vous rejoignez tous la fraternité. Alors ils vous feront tous confiance et ils vous suivront jusqu’au bout, quelle que soit notre situation.
- Quoi, moi ? Adorer des diables ? » s’étrangla Jan.
- Non, ce ne sont pas des diables, Jan, c’est un mensonge qui vient des curés, ce ne sont que les anciens dieux de l’amour, du rire, de la paix et du contentement.
- Que veux-tu exactement de nous ? » a demandé Thur
« Bientôt, à la nuit tombée, j’utiliserai votre cercle au grenier, je vous ferais passer par le triangle, cela fera de vous trois des prêtres et des sorcières.
- On va chevaucher des balais ? » ont demandé d’une même voix Jan méfiant et Olaf plein d’espérances.
« Non, ce ne sont que des bêtises, vous allez être conduit l’un après l’autre dans le cercle, il y a une épreuve à surmonter, mais elle est légère, puis vous jurerez d’être fidèle et de toujours aider vos frères, puis on vous expliquera les pouvoirs des outils de travail et c’est tout.
En fait, je vais appeler les Anciens, les Puissances, je leur demanderai d’être présent et d’assister à vos serments et de nous donner leur bénédiction, mais vous ne les verrez pas, » a-t-elle répondu. Ainsi, après bien des discussions, il a été convenu, Thur trouvant que les astres étaient favorable, que cette nuit ils monteraient dans la chambre au grenier et Morven dirigera les cérémonies. Après qu’ils se soient tous baignés dans l’eau chaude elle a dit: « Ne remettez pas vos vêtements, pour être des sorcières vous devez être comme des sorcières. Je vais tout d’abord initier Jan. Attendez ici que je vous appelle. »
Morven et Jan sont montés au grenier. Là, elle a à nouveau tracé le cercle avec son athamé, laissant une ouverture, puis elle a marché en rond trois fois dans le sens du soleil d’un pas dansant, tout en appelant les Puissances de l’est, du sud, de l’ouest et du nord pour qu’ils assistent au rituel. Puis après avoir dansé plusieurs rondes en silence, elle a chanté :


Eko, eko, azarak. Eko, eko, zomelak.
Bagabi lacha bachabe, Lamac cahi achababe.
Karrellyos.
Lamac lamac bachalyas.
Cabahagy sabalyos. Baryolos.
Lagoz atha cabyolas. Samahac atha famolas.
Hurrahya.

Puis elle a quitté le cercle par la porte et elle a dit en allant vers Jan : « Comme il n’y a pas d’autre frère ici, je dois être ton parrain ainsi que prêtre, je suis sur le point de te donner un avertissement, si tu es toujours dans le même état d’esprit, tu y répondras par ces mots : ‘Parfait amour et parfaite confiance’. »
Puis en plaçant la pointe de son athamé contre le cœur de Jan elle a dit: « Ô toi qui te tiens au seuil entre le beau pays des hommes et les domaines des seigneurs effrayant des espaces extérieurs, as-tu le courage de tenter l’épreuve ? Car en vérité je te le dis, tu ferais mieux de te précipiter sur mon arme et périr misérablement que de tenter l’épreuve avec la peur dans ton cœur. »
Jan a répondu : « J’ai deux mots de passe: Parfait amour et Parfaite confiance. »
Morven a retiré la pointe du couteau en disant : « tous ceux qui prononcent de telles paroles sont doublement bienvenus. » Puis, en passant derrière lui, elle lui a bandé les yeux, elle l’a attrapé par derrière en plaçant son bras gauche autour de la taille de Jan, et en plaçant son bras droit autour de cou de Jan elle lui a tourné la tête vers le côté a placé ses lèvres contre celles de Jan en disant : « Je te donne le troisième mot de passe : un baiser. »
En disant cela elle l’a poussé en avant avec son corps, et l’a fait pénétrer par la porte dans le cercle. Une fois à l'intérieur, elle l’a libéré en chuchotant: « C’est de cette la façon que tous entrent pour la première fois dans le cercle. » Elle a ensuite refermé la porte en passant trois fois la pointe de son athamé dessus pour fermer tous les cercles.
Puis elle l’a conduit vers le sud de l’autel en murmurant : « Maintenant, il y a l’épreuve. » Prenant un petit morceau de corde sur l’autel, elle l’a attaché autour de la cheville droite de Jan, laissant ses extrémités libres, en chuchotant : « Tes pieds ne sont ni attachés ni libres. » Puis, avec une longue corde, elle lui attacha fermement les mains derrière le dos, puis elle les tira vers le haut dans le creux de son dos et attacha la corde autour du cou, ses bras formaient alors un triangle dans le dos, elle a laissé une extrémité de la corde pendre à l’avant comme une laisse. Avec cette laisse dans sa main gauche et l’athamé dans sa main droite, elle l’a amené dans le sens du soleil autour du cercle jusqu’à l’est, où en saluant avec l’athamé elle a proclamé : « Ecoutez, Ô seigneurs des tours de guet de l’est, Jan, préparé comme il se doit, va être fait prêtre et sorcière. » Elle l’a ensuite conduit tout à tour au sud, à l’ouest et au nord, où des proclamations similaires ont été faites. Puis, passant son bras droit autour de la taille de Jan, l’athamé toujours dans sa main gauche, elle lui a fait faire trois fois le tour du cercle d’un pas dansant rapide. Attaché, les yeux bandés, la course en cercle dans un si petit espace, le cerveau de Jan fut pris de vertige. Attaché comme il l’était, il ne pouvait rien faire si ce n’est s’efforcer de ne pas tomber.
Soudain, il a été arrêté net au sud de l’autel, où il vacilla, la tête lui tournait. Morven a frappé onze coups sur une petite cloche, puis elle s’est agenouillée à ses pieds, en disant : « Dans d’autres religions, le postulant s’agenouille alors que les prêtres affirment avoir un pouvoir suprême, mais dans l’art magique on nous apprend à être humble, ainsi nous disons :
(en lui baisant les pieds): Bénis soient tes pieds qui t’ont mené sur ces chemins.
(en lui baisant les genoux) Bénis soient tes genoux qui s’agenouilleront à l’autel sacré.
(en lui baisant le sexe) Béni soit l’organe de génération, sans qui nous ne serions pas.
(en lui baisant la poitrine) Béni soit ta poitrine, formée dans la beauté et la force.
(en lui baisant les lèvres) Bénis soient tes lèvres, qui prononceront les noms sacrés.
Elle l’a ensuite fait s’agenouiller devant l’autel, attachant la laisse à un anneau de manière à ce qu’il soit penché en avant et qu’il ne puisse presque pas bouger. Elle lui a ensuite attaché les pieds ensemble avec la corde de sa cheville droite. Puis, elle a fait tinter trois fois la petite cloche et a dit : « Es-tu prêt à jurer d’être toujours fidèle à l’art ? »
Jan a répondu: « Je le serai. »
Morven a alors donné sept coups sur la cloche en disant; Tu dois d’abord être purifié. Prenant l’escourge sur l’autel, elle lui a frappé les fesses, d’abord trois, puis sept, puis neuf, puis vingt-et-un coups (quarante en tout). Les coups n’étaient pas très forts, mais les yeux bandés et attaché comme il l’était, leur effet était saisissant, ils l’ont aidé à sortir de l’état d’étourdissement causé par les tours dans le cercle.
Quant il a retrouvé l’usage de ses sens, il a comprit qu’il était totalement impuissant.
Il était à la merci de Morven, il lui appartenait, il faisait partie d’elle, les coups qui pleuvaient sur ses fesses lui ont donné pouvoir sur lui, mais il ne lui en voulait pas. Elle dominait son esprit, mais c’était comme cela que cela devait être. Tout ce qu’il voulait c’était elle, s’il était à elle et c’était tout ce qu’il voulait.
Puis les coups ont cessé et la voix de Morven a retenti : « Es-tu prêt à toujours protéger, aider et défendre tes frères et sœurs de l’art?
Jan a répondu : « Je le suis. 
- Alors répète après moi : « Moi, Jan, en présence des Puissances des espaces extérieurs, de ma propre volonté, je jure solennellement que je garderai toujours secret et ne révèlerai jamais les secrets de l’art, si ce n’est pour une personne compétente, dûment préparée, dans un cercle comme celui où je suis maintenant et que je ne refuserai jamais les secrets à une telle personne, si elle est dûment présenté pour cela par un frère ou une sœur de l’art. Tout cela je le jure sur mes espoirs en une vie future et que mes armes se retournent contre moi si je brise mon serment solennel. »
Il sentait que ses pieds étaient détachés, puis ce fut le tour de la corde de l’autel, le bandeau fut enlevé et les mains toujours attachée on l’a aidé à se remettre sur pieds. Il était debout, chancelant, étourdi et pourtant d’une certaine manière, il se sentait réellement heureux.
Morven s’agenouilla devant lui, il entendit sa voix comme dans un rêve.
« Je te consacre ici avec l’huile.
Je te consacre ici avec le vin.
Je te consacre ici avec mes lèvres, prêtre et sorcière. »
Il a sentit un contact, d’abord son sexe, son sein droit, son sein gauche, son sein droit et à nouveau son sexe, formant un triangle. Puis elle s’est levée et lui délia les mains, en disant :
« Maintenant je te présente les outils de travail d’une sorcière.
En lui tendant une épée de l’autel elle lui a fait signe de la toucher.  
« Tout d’abord, l’épée magique. Avec elle comme avec l’athamé, tu peux former tous les cercles magiques, dominer, soumettre et punir tous les esprits rebelles et les démons, et même persuader les anges et les génies. Avec l’épée à la main tu régentes le cercle magique, » et elle l’embrassa.
« Ensuite, je présente l’athamé. C’est la véritable arme de la sorcière, il a tous les pouvoirs de l’épée magique. (à nouveau un baiser)
Ensuite, je présente le couteau à manche blanc. On l’utilise pour fabriquer tous les instruments utilisés dans l’art. Il ne peut être utilisé correctement que dans un cercle magique. (à nouveau un baiser)
Ensuite, je présente l’encensoir à encens, il encourage et accueille les bons esprits et chasse les mauvais esprits. (un baiser)
Ensuite, je te présente l’escourge, c’est un signe de pouvoir et de domination, il sert aussi à causer des souffrances et purifier car il est écrit : ‘Pour apprendre tu dois souffrir et être purifié.' Es-tu prêt à souffrir pour apprendre ? »
Jan : « Je le suis. » (à nouveau un baiser)
Ensuite et pour finir je te présente les cordes. On les utilise pour lier les sigils, les matériaux de base et pour renforcer ta volonté. Elles sont aussi nécessaires lors du serment. »
Morven l’embrassa à nouveau, en disant :  
« Je te salue au nom des dieux, toi nouvellement ordonné prêtre et sorcière. »
Ils ont ensuite tous deux marché en rond dans le cercle. Morven a proclamé aux quatre points cardinaux : « Entendez, vous les Puissances, Jan a été consacré prêtre et sorcière. »
Puis Thur et Olaf ont été consacrés chacun son tour avec les mêmes cérémonies, mais quand Morven a enfin annoncé aux esprits des quatre directions qu’Olaf avait été consacré, elle ajouta : « Je vous remercie d’avoir été présents et je vous renvoie vers vos plaisantes demeures. Salut et adieu. »
Cette nuit, pour la première fois dans sa vie, Jan n’a pas pu dormir. Son cerveau ruminait cette pensée : « Morven, je veux Morven. » Quel idiot il avait été, l’idée de devoir épouser une femme qui lui apporterait richesse et pouvoir. C’est l’amour qu’il voulait ! « Oui, » s’est-il dit, « peut-être qu’à un moment j’aurai pu avoir son amour et je l’ai rejeté. » Idiot, quel idiot il avait été et finalement il s’est enfin endormi d’un sommeil troublé où Morven, Frère Stephen, Fitz-Urse, et divers esprits dansaient en grimaçant et se moquaient de lui jusqu’à l’aube.
Le lendemain, Jan resta silencieux et pensif, tout comme Thur. Olaf était excité mais déçu. « Je n’ai pas l’impression d’avoir changé, » se plaignit-il. « Tu as dit que je suis maintenant un prêtre et une sorcière, mais je ne me sens pas différent. Tout cela n’est que supercherie.
Tous les prêtres se sentent différents des autres hommes, ils me l’ont tous dit et ils agissent aussi comme s’ils étaient tellement mieux, plus sage et plus fier que les simples mortels, vois comment ils menacent même les grands seigneurs, même les rois doivent se prosterner devant eux.
- Pas notre noble roi actuel, » a fait remarquer Thur avec ironie. « Il reste toujours un peu à l’écart des prêtres et on dit que Jean sans Terre n’a pas montré un très grand respect pour notre père le Pape.
- Non, » a dit Olaf, « mais si j’étais une sorcière je devrai avoir certains pouvoirs et je n’en sens aucun.
- Non, » à dit Morven, « beaucoup d’hommes sont faits prêtres par les chrétiens, mais as-tu  jamais vu qu’un prêtre se soit transformé en grand prédicateur ou en bon chanteur du seul fait de son ordination ? Non, le pouvoir est toujours intérieur. Pourtant, en étant ordonné prêtre, un homme est mis sur un chemin où il peut apprendre à développer ses pouvoirs, apprendre à prêcher ou chanter, ce qu’il n’aurait pas fait s’il était resté derrière une charrue toute sa vie. Lorsque la fraternité était puissante, elle choisissait toujours ceux qui avaient naturellement un peu de pouvoir et on leur apprenait à le développer et ils pratiquaient les uns avec les autres et développaient ainsi leurs capacités. Mais je t‘ai toujours dit que nous n’avons pas les pouvoirs extraordinaires dont parlent les gens, mais nous avons des pouvoirs. Nous ne cherchons qu’à vivre tranquillement et adorer nos dieux à notre manière, à nous amuser comme nous l’entendons et qu’on nous laisse en paix. Mais les hommes nous importunent toujours, il ne fait donc s’étonner si parfois nous ripostons.
Alors à chaque fois qu’il y a un orage ou une mauvaise récolte, les prêtres disent que ce sont les méchantes sorcières qui en sont responsables et ils se propagent des histoires terribles sur nos réunions secrètes, ils disent qu’on y mange la chair de nouveaux nés. Mais, ils ont racontés les mêmes histoires il y a longtemps sur les gnostiques et les Romains de l’antiquité n’ont-ils pas raconté la même chose au sujet des premiers chrétiens ? Non Olaf, tu es maintenant membre d’une ancienne fraternité dont les membres se sont engagés à s’aider mutuellement. Si tu le souhaites, tu peux étudier la magie, et où pourrais-tu trouver un meilleur professeur que Thur ? Mais il ne s’agit que de développer tes propres pouvoirs et ça ne se fera pas d’un coup de baguette magique.
- Ni par des coups d’escourge apparemment, » a dit Olaf, un souvenir encore cuisant à l’esprit. « Tu a parlé de degrés plus élevés. Tu bats les postulants à tous les degrés ?
- Oui », a dit Morven. « Tu n’arrives pas à comprendre ? C’est pour ton propre avancement, il est écrit ‘L’eau purifie le corps, mais l’escourge purifie l’âme.’ Je pense que Jan en sent quelque chose, » a-t-elle poursuivi.
« Oui, » a dit Jan « D’une certaine façon je me sens un autre homme, comme si j’avais été débarrassé de ma crasse. Qu’as-tu ressenti, Thur ?
- Oui, je l’ai aussi ressenti, » a dit Thur. « C’est une étrange expérience mystique, j’en avais entendu parler avant, mais c’est outil dangereux dans de mauvaises mains ; par contre dans les bonnes cela fait des merveilles, alors tu vois, tu apprends déjà, Olaf
- Hum, » a dit Olaf. « Apprendre que l’âme d’un homme peut être nettoyée comme un tapis en la battant.
« Tu as vu et entendu parler de la secte des Flagellants, » a dit Thur. « Ils se flagellent les uns les autres, cruellement. On dit qu’ils font ainsi des miracles et même qu’ils peuvent  ressusciter les morts. Et est-ce que la sainte mère Eglise ne prescrit-elle pas souvent la flagellation ? Est-ce que notre roi Henri, deuxième du nom, n’a pas été fouetté à Canterbury sur la tombe de Becket, cinq coups de la part de chaque évêque et abbé présents et trois coups de chacun des quatre-vingts moines ? Il était dans un triste état, mais par la suite son âme était dans un état de grâce. Et est-ce que le roi Henri IV de France n’a pas été fouetté par le pape lui-même ? Non, la baguette est une mauvaise chose, mais elle peut avoir son utilité, la bienheureuse Ste. Thérèse l’utilisait régulièrement et elle a fait qu’on l’utilise dans l’ordre des Carmélites et grâce à cela elles obtiennent de nombreuses visions merveilleuses et encore une fois, tout le monde ne parle-t-il pas des merveilles accomplies par le bouleau sacré de la joyeuse Ste. Bridget ? 
- Mais qu’en est-il de ces ordres supérieurs dont tu parles ? » a demandé Olaf.
« Pour le moment je n’ai eu droit qu’à une fessée et on m’a montré des épées et des couteaux, tout ça je connaissais déjà, je veux voir quelque chose de vraiment magique.
- Non, » a dit Morven, « Je pense que jamais tu n’avanceras. Si tu ne ressens pas les anciens secrets de joie et de terreur, il est inutile que tu continues.
- Je vais continuer, » a dit Jan, « J’ai l’impression que des choses effleurent mon âme, comment était-ce pour vous, Thur ?
- Je ne sais pas, mais il me semble qu’il y avait une sorte de mystère cultuel, délicat, mais comme dans un rêve, quelque chose de bizarre, j’ai du mal à me souvenir de ce qui s’est passé, j’étais comme en transe, mais j’y pense avec plaisir.
- Quand pourrons-nous progresser, Morven, et combien y a-t-il de degrés?  
- Il n’y a qu’un degré de plus, » a-t-elle dit. « Vous y prêtez un serment et vous pourrez utiliser les outils de travail, mais après il y a encore ce qu’on appelle aussi un degré. Il n’y a pas de serment et tous ceux qui ont le second degré sont compétents pour ce degré, mais il s’agit de la quintessence de la magie et il ne faut pas s’y frotter à la légère, et uniquement avec la personne que vous aimez et qui vous aime, sinon c’est malsain. Son mauvais emploi est ce qu’il y a de pire dans ce monde et dans le suivant.
- As-tu été fouettée à ce moment ? » a demandé Olaf.
« Ne poses pas de questions stupides, » a répliqué sèchement Morven. « J’aurai aimé te mener jusqu’au second degré, le pentacle. J’aimerai te fouetter durement, mais je ne dois pas, pour une raison que je ne peux pas te donner maintenant. En attendant, je vais faire passer Jan et Thur par le pentacle, plus vite cela se fera et mieux ce sera.
- Et après ? » a demandé Jan.
Elle a rougi. « Non Jan, quand tu seras passé par le pentacle, je ferai mon devoir et je t’enseignerai d’autres mystères, le mystère des mystères. Quand tu sauras en quoi il consiste, nous parlerons plus. Ce n’est pas une chose à faire à la légère. Mais maintenant nous devons discuter de beaucoup de choses, Evan Œufs de Mouette en est une. »

* * *

Le lendemain, Thur, qui avait consulté les astres toute la nuit a annoncé : « Ce jour est mauvais pour les opérations à l’extérieur, mais il est bon pour celles à la maison donc ce n’est pas aujourd’hui que nous chercherons Evan Œuf de Mouette. Mais je sais qu’il y a une opération que nous pouvons faire à la maison, » et il a regardé en direction de Morven.
« Oui, » s’écria Jan qui eu soudain une idée, Morven rougit.
« Oui, fais de nous des grands prêtres, » a dit Thur.
Olaf s’est proposé ironiquement de les fouetter tous les deux sans attendre la nuit. Morven a protesté en rougissant, de nombreux hommes ont attendu pendant des années avant de progresser, mais elle a convenu que cela leur donnerai plus de pouvoir sur les frères, dont quelques-uns n’étaient jamais allé au-delà du triangle.
Donc, cette nuit trois d’entre eux (car Olaf malgré ses protestations, a été enfermé en bas par ce qu’il se moquait des autres) sont montés dans la chambre au premier.
A nouveau ils se sont soigneusement lavés, Morven a consacré une nouvelle fois son cercle comme avant, mais cette fois Jan était avec elle et il devait l’assister comme il pouvait dans les évocations et les chants. Puis il fut attaché comme avant, mais ses yeux n’ont pas été bandés et il a été conduit autour du cercle alors qu’elle proclamait aux directions : « Ecoutez Puissances, Jan, un prêtre et sorcière dûment consacré est maintenant bien préparé à être fait grand prêtre. » A nouveau on l’a fait courir autour du cercle guidé par la laisse. Il a ensuite été attaché à l’autel comme avant. Puis Morven a dit : « Pour atteindre ce degré sublime, il est nécessaire de souffrir et d’être purifié. Es-tu prêt à souffrir pour apprendre ? »
Jan a répondu : « Je le suis. »
Morven a dit : « Je te prépare à faire le grand serment, » et elle a frappé trois coups sur la cloche. Puis, avec l’escourge, elle l’a frappé comme auparavant, trois, sept, neuf et vingt et un coups (quarante en tout) comme auparavant. Puis elle a dit : « Je te donne un nouveau nom, Janicot. Répète après moi ton nouveau nom et dit : moi, Janicot, je jure sur les entrailles de ma mère et sur mon honneur parmi les hommes et parmi mes frères et sœurs de l’art, que je ne révélerai jamais à quiconque, aucun des secrets de l’art, si ce n’est à une personne qui en est digne, bien préparée, au centre d’un cercle magique tel que celui où je suis maintenant. Cela je le jure sur le salut de mon âme, sur mes vies passées et mes espoirs en une vie future, et je me voue à une destruction totale, si jamais je brise mon serment solennel. »
Morven s’est agenouillée et, posant sa main gauche sous les genoux de Jan et sa main droite sur sa tête elle a dit, « je veux que tout mon pouvoir passe en toi, » et elle l’a voulu au plus haut point, puis elle a détaché les pieds de Jan et la laisse de l’autel et l’a aidé à se relever comme avant.
Elle a ensuite mis de l’huile sur son pouce et touché le sexe de Jan, puis son sein droit, sa hanche gauche, sa hanche droite, son sein gauche et à nouveau son sexe (dessinant ainsi un pentacle inversé) en disant : « Je te consacre avec l’huile. » Trempant son pouce dans le vin, elle répéta les gestes en disant : « Je te consacre avec le vin. Puis tombant à genoux, elle a à nouveau dessiné le pentacle avec ses lèvres en disant : « Je te consacre de mes lèvres, grand prêtre et enchanteur. »
Elle s’est relevée et a détaché les mains de Jan et a dit : « Tu vas maintenant utiliser les outils de travail, tour à tour, » et elle lui fit prendre l’épée sur l’autel et retracer le cercle magique autour d’eux, puis elle l’embrassa.
Puis elle lui a fait faire de même avec l’athamé et il y a eu un autre baiser.
Puis elle lui a fait prendre le couteau à manche blanc qu’il a utilisé pour graver un pentacle sur une bougie et il y a eu un autre baiser.
Puis elle lui a fait prendre la baguette qu’il agita aux quatre directions et ils se sont embrassés.
Puis elle lui a fait prendre le pentacle qu’il a présenté aux quatre directions et ils se sont embrassés.
Puis elle lui a fait prendre l’encensoir et il a marché en rond avec elle dans le cercle et ils se sont embrassés à nouveau.
Puis elle prit les cordes et elle lui a demandé de l’attacher comme lui l’avait été avant puis elle a dit : « Apprends qu’en sorcellerie, il faut toujours rendre au triple. Comme je t’ai donné l’escourge, tu dois aussi me donner l’escourge, mais au triple. Là où je t’ai donné trois coups, donne neuf. Là où je t’ai donné sept, donne vingt et un. Là où j’ai donné neuf, donne 27. Là où j’ai donné vingt et un, donne soixante-trois. (Il y a une plaisanterie en sorcellerie, la sorcière sait, mais l’initié ne sait pas, qu’elle aura droit à trois fois ce qu’elle a donné, ainsi ses coups sont légers.)
Jan était nerveux, mais elle insista et il lui donna finalement le nombre de coups requis, mais les coups étaient très légers.
Puis elle dit : « Tu as obéi à la loi. Mais note bien quand tu reçois le bien tu es aussi tenu de le rendre au triple. »
Il l’a détachée à sa demande. Elle a repris son athamé et lui tenait l’épée, elle l’a conduit autour du cercle, proclamant aux quatre directions :
« Ecoutez vous les puissances, Janicot a été dûment consacré prêtre et enchanteur. ».
Puis elle fait le tour du cercle et effaça les marques avec ses pieds.
Thur fut alors appelé et Jan a fait son premier travail magique, re-tracer et re-consacrer le cercle.
Puis Thur fut fait grand prêtre et enchanteur de la même manière. Quand ce fut terminé, elle a renvoyé les esprits comme avant.

 

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Dans la joie nous nous sommes réunis, dans la joie nous nous séparons et dans la joie nous nous retrouverons!