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Le Pape est Mort

Au début des années 1990, Dominique Desseaux, celle qu’on présente parfois comme la « Demoiselle » du coven de la rue Danton au Kremlin-Bicêtre, m’avait dit que le Pape des Sorcières se prénommait « Jean » et que c’était une femme.
Lorsque je lui ai parlé de cela, une bonne dizaine d’années plus tard, un ami américain m’a conseillé la lecture de « Persuasions of the Witch’s Craft: Ritual Magic in Contemporary England », un livre écrit par T. M. Luhrmann, une américaine qui avait vécu en Angleterre et y fréquenté plusieurs groupes magiques anglais dont le Bricket Wood coven, le plus ancien coven Wica toujours en activité. Dans ce livre, m’a-t-il dit, on peut voir des photos de cette Jean et de son conjoint, qui sont Grande Prêtresse et Grand Prêtre de ce coven. T. M. Luhrmann parle de « Beth et Enoch », lorsqu’elle désigne Jean et son conjoint mais mon ami me l’a assuré, il s’agit bien de la « Jean » dont je lui avais parlé. Après m’être procuré une copie de cet ouvrage j’ai pu enfin voir le visage de cette « Jean » et en savoir un peu plus à son sujet. Dans le livre il y avait également une photo de la statuette que Gerald Gardner présentait comme la Déesse des Sorcières dans son « Meaning of Witchcraft », statuette que l’on voit également sur les photos d’Eleanor Bone prises à Bricket Wood. Si « Jean » était la Grande Prêtresse du Bricket Wood coven, on pouvait en quelque sorte la considérer comme le Pape des Sorcières, des Sorcières revendiquant l’héritage de Gerald Gardner en tout cas, puisqu’en tant que Grande Prêtresse, c’était elle qui dirigeait à cette époque le coven dont Doreen Valiente, Dayonis et Lois Bourne avaient été Grandes Prêtresses.
Quelques années plus tard lors d’une rencontre païenne organisée à Londres j’ai eu la chance de rencontrer « Beth et Enoch », Jean et Zach en réalité, et même de parler avec eux. A cette occasion j’ai demandé à Jean de signer un petit livre que je venais de me procurer « Winning with Witchcraft » de Jean Williams. En le voyant elle a éclaté de rire, elle n’était pas l’auteure de ce livre, mais comme ce n’était pas la première fois qu’on lui demandait de le signer, elle pensait qu’il devait bien se vendre et que si j’y tenais, elle pouvait me le signer, mais nous avons convenu tous les deux que ce serait quelque peu ridicule. Quelque temps plus tard, lors d’une nouvelle rencontre elle m’a signé un livre qu’elle avait écrit avec Zach et qui venait de sortir, Jean m’a précisé avec un grand sourire que celui-là, elle en était bien l’auteure, elle se souvenait donc de notre précédente rencontre.
Jean Williams est née en 1928, son père était pasteur et sa mère avait une formation d’enseignante mais s’occupait de ses enfants. Le père de Jean est décédé alors qu’elle n’avait encore que quatre ans, et sa mère a dû reprendre l’enseignement.
Alors qu’elle était adolescente, Jean a cessé de penser que la religion qui lui avait été transmise par ses parents était ce qui lui convenait, et ainsi elle a commencé à se tourner vers d’autres spiritualités sans vraiment rien trouver qui lui convienne réellement.
A la fin des années 1940 Jean a décroché un diplôme de psychologie à l’University College de Londres puis elle a commencé à travailler comme psychologue.
En 1961, Jean a fait la connaissance des autres membres du Bricket Wood coven dont Gerald Gardner et Zachary Cox avec qui elle vivra le reste de sa vie.
En 1963, après le décès de Gardner et départ de Jack Bracelin, Zachary devient le Grand Prêtre du Bricket Wood coven et quelques années plus tard, Jean en deviendra la Grande Prêtresse.
Parallèlement à ces fonctions Jean et Zach ont œuvré à partir des années 1970 pour créer des ponts entre les divers groupes païens britanniques qui jusque là avaient plutôt tendance à se regarder en chiens de faïence. C’est ainsi qu’en 1975 est né « Pagan Pathfinders » (Eclaireurs Païens) un groupe utilisant différentes techniques comme l’autosuggestion, la relaxation ou la conscience amplifiée lors de leurs célébrations saisonnières.
La même année, Z
ach, qui connaît très bien l’œuvre d’Aleister Crowley, décide de fêter le centième anniversaire de la naissance de Crowley en célébrant sa Messe Gnostique. Cette célébration a eu un effet si fort sur les participants qu’il fut décidé d’en célébrer une deux fois par an.
Dès 1977, la Messe a commencé à être célébrée quatre fois l’an, grâce à l’aide d’un groupe qu’ils avaient fondé : les Compagnon de l’Arc en Ciel. Ce groupe avait été créé pour former ses membres à la création, la rédaction et la pratique des Rituels. Ce groupe s’est perpétué jusqu’au milieu des années 1990, on trouvera de fortes intéressantes informations sur les Compagnons de l’Arc en Ciel dans le livre « The Play Goes On » que Jean a cosigné avec Zach.
Toujours en 1977, Zach lance un magazine, « Aquarian Arrow » (la Flèche du Verseau), une revue ésotérique qui existera jusqu’en 1992. Jean collaborera bien sur à cette revue, cette fois ci sous le pseudonyme de « Nimrodel ».
A la fin des années 1980, Jean s’est de plus en plus investie dans la direction Pagan Federation, là encore sous un nom d’emprunt « Elen Williams ». Depuis quelques années, Jean n’était plus que membre honoraire de la Pagan Federation, mais elle répondait toujours présente lorsqu’on avait besoin d’elle que ce soit pour une conférence, un workshop ou toute autre chose.
Jean est partie rejoindre les Dieux dans l’après midi du 25 décembre dernier, nous laissant tous un peu orphelins, mais nous sommes quelques uns qui se souviendront très longtemps de son sourire, de sa bonne humeur et de sa façon quelque peu désarmante de résoudre les conflits.
 

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Dans la joie nous nous sommes réunis, dans la joie nous nous séparons et dans la joie nous nous retrouverons!