La Wica
Textes de/sur Gerald Gardner
Textes de/sur les Prêtresses de Gardner
Les Anciennes Lois
Théologie, Dogmes et Croyances
Sur la Pratique
Sur l'Histoire
Lignée & Traditions
Le Livre des Ombres
Le Livre
des Plantes
Les Gens
L'Initiation
Le(s) Secret(s)
La Validité
Outils et Accessoires
Le NROOGD
Dion Fortune & The
Society of Inner Light
Alex Sanders & la
Tradition Alexandrienne
Chamanisme / Faery /
Huna
Magie Enochienne
Reclaiming / Feri /
3rd Road
Thelema
Tubal Cain
Autres
La Librairie
Le Cercle de la Pierre
Sorcière Liens
Dernières
mises à jour du site
|
Le Pape est Mort

Au début des années
1990, Dominique Desseaux, celle qu’on présente parfois comme la « Demoiselle »
du coven de la rue Danton au Kremlin-Bicêtre, m’avait dit que le Pape des
Sorcières se prénommait « Jean » et que c’était une femme.
Lorsque je lui ai parlé de cela, une bonne dizaine d’années plus tard, un ami
américain m’a conseillé la lecture de « Persuasions of the Witch’s Craft: Ritual
Magic in Contemporary England », un livre écrit par T. M. Luhrmann, une
américaine qui avait vécu en Angleterre et y fréquenté plusieurs groupes
magiques anglais dont le Bricket Wood coven, le plus ancien coven Wica toujours
en activité. Dans ce livre, m’a-t-il dit, on peut voir des photos de cette Jean
et de son conjoint, qui sont Grande Prêtresse et Grand Prêtre de ce coven. T. M.
Luhrmann parle de « Beth et Enoch », lorsqu’elle désigne Jean et son conjoint
mais mon ami me l’a assuré, il s’agit bien de la « Jean » dont je lui avais
parlé. Après m’être procuré une copie de cet ouvrage j’ai pu enfin voir le
visage de cette « Jean » et en savoir un peu plus à son sujet. Dans le livre il
y avait également une photo de la statuette que Gerald Gardner présentait comme
la Déesse des Sorcières dans son « Meaning of Witchcraft », statuette que l’on
voit également sur les photos d’Eleanor Bone prises à Bricket Wood. Si « Jean »
était la Grande Prêtresse du Bricket Wood coven, on pouvait en quelque sorte la
considérer comme le Pape des Sorcières, des Sorcières revendiquant l’héritage de
Gerald Gardner en tout cas, puisqu’en tant que Grande Prêtresse, c’était elle
qui dirigeait à cette époque le coven dont Doreen Valiente, Dayonis et Lois
Bourne avaient été Grandes Prêtresses.
Quelques années plus tard lors d’une rencontre païenne organisée à Londres j’ai
eu la chance de rencontrer « Beth et Enoch », Jean et Zach en réalité, et même
de parler avec eux. A cette occasion j’ai demandé à Jean de signer un petit
livre que je venais de me procurer « Winning with Witchcraft » de Jean Williams.
En le voyant elle a éclaté de rire, elle n’était pas l’auteure de ce livre, mais
comme ce n’était pas la première fois qu’on lui demandait de le signer, elle
pensait qu’il devait bien se vendre et que si j’y tenais, elle pouvait me le
signer, mais nous avons convenu tous les deux que ce serait quelque peu
ridicule. Quelque temps plus tard, lors d’une nouvelle rencontre elle m’a signé
un livre qu’elle avait écrit avec Zach et qui venait de sortir, Jean m’a précisé
avec un grand sourire que celui-là, elle en était bien l’auteure, elle se
souvenait donc de notre précédente rencontre.
Jean Williams est née en 1928, son père était pasteur et sa mère avait une
formation d’enseignante mais s’occupait de ses enfants. Le père de Jean est
décédé alors qu’elle n’avait encore que quatre ans, et sa mère a dû reprendre
l’enseignement.
Alors qu’elle était adolescente, Jean a cessé de penser que la religion qui lui
avait été transmise par ses parents était ce qui lui convenait, et ainsi elle a
commencé à se tourner vers d’autres spiritualités sans vraiment rien trouver qui
lui convienne réellement.
A la fin des années 1940 Jean a décroché un diplôme de psychologie à l’University
College de Londres puis elle a commencé à travailler comme psychologue.
En 1961, Jean a fait la connaissance des autres membres du Bricket Wood coven
dont Gerald Gardner et Zachary Cox avec qui elle vivra le reste de sa vie.
En 1963, après le décès de Gardner et départ de Jack Bracelin, Zachary devient
le Grand Prêtre du Bricket Wood coven et quelques années plus tard, Jean en
deviendra la Grande Prêtresse.
Parallèlement à ces fonctions Jean et Zach ont œuvré à partir des années 1970
pour créer des ponts entre les divers groupes païens britanniques qui jusque là
avaient plutôt tendance à se regarder en chiens de faïence. C’est ainsi qu’en
1975 est né « Pagan Pathfinders » (Eclaireurs Païens) un groupe utilisant
différentes techniques comme l’autosuggestion, la relaxation ou la conscience
amplifiée lors de leurs célébrations saisonnières.
La même année, Zach,
qui connaît très bien l’œuvre d’Aleister Crowley, décide de fêter le centième
anniversaire de la naissance de Crowley en célébrant sa Messe Gnostique. Cette
célébration a eu un effet si fort sur les participants qu’il fut décidé d’en
célébrer une deux fois par an.
Dès 1977, la Messe a commencé à être célébrée quatre fois l’an, grâce à l’aide
d’un groupe qu’ils avaient fondé : les Compagnon de l’Arc en Ciel. Ce groupe
avait été créé pour former ses membres à la création, la rédaction et la
pratique des Rituels. Ce groupe s’est perpétué jusqu’au milieu des années 1990,
on trouvera de fortes intéressantes informations sur les Compagnons de l’Arc en
Ciel dans le livre « The Play Goes On » que Jean a cosigné avec Zach.
Toujours en 1977, Zach lance un magazine, « Aquarian Arrow » (la Flèche du
Verseau), une revue ésotérique qui existera jusqu’en 1992. Jean collaborera bien
sur à cette revue, cette fois ci sous le pseudonyme de « Nimrodel ».
A la fin des années 1980, Jean s’est de plus en plus investie dans la direction
Pagan Federation, là encore sous un nom d’emprunt « Elen Williams ». Depuis
quelques années, Jean n’était plus que membre honoraire de la Pagan Federation,
mais elle répondait toujours présente lorsqu’on avait besoin d’elle que ce soit
pour une conférence, un workshop ou toute autre chose.
Jean est partie rejoindre les Dieux dans l’après midi du 25 décembre dernier,
nous laissant tous un peu orphelins, mais nous sommes quelques uns qui se
souviendront très longtemps de son sourire, de sa bonne humeur et de sa façon
quelque peu désarmante de résoudre les conflits.
retour
|