A la recherche des Anges (2nde partie)

par J.Jones
version française Tof

Alex Sanders a organisé une assemblée du coven où un journaliste et un photographe pourraient assister à une cérémonie d’initiation. Bien sûr, il ne pourrait pas s’agir d’un véritable rituel mais les journalistes ont accepté puisqu’il s’agissait d’un véritable rituel magique.

Alex a fait venir Bill et quatre autres amis, il s’est aussi procuré des vêtements décorés à la hâte avec des répliques de symboles magiques tirées des Clavicules de Salomon et a rédigé une cérémonie d’initiation composée pour moitié de magie égyptienne et pour moitié de sorcellerie. Au fond de la forêt d’Alderley Edge dans la banlieue de Manchester, ils ont pratiqué leur rituel bâtard, un rituel comme on n’en avait jamais célébré auparavant et que plus personne ne célèbrera. Il était totalement vide de sens, sauf pour les journalistes qui l’ont décrit dans leur article comme de la « magie noire » et illustré de photographies de personnes prostrées vêtues de vêtement décorés.

Quand Alex Sanders est arrivé au travail le lundi matin suivant, il fut convoqué dans le bureau du bibliothécaire. Lors du week-end le personnel de la bibliothèque avait reconnu Alex sur les photos du rituel et ils avaient aussi vu les symboles égyptiens sur ses vêtements. Comment, se sont-ils demandés, un simple employé comme lui, tout juste bon à épousseter les livres, peut-il savoir tant de choses sur la mystique orientale à moins d’avoir accès à des livres inestimables tels que ceux de la Bibliothèque John Rylands où travaillait Alex ? Une recherche immédiate a été ordonnée. Ils ont trouvé que la section égyptienne était celle qui était la mieux dépoussiérée et que tous les livres n’étaient pas tout à fait à leur place. Une recherche plus poussée a révélé que les Clavicules de Salomon était manquant.

Au début, Alex a nié avoir pris le livre et il a essayé de s’en tirer. Puis il a admis qu’il l’avait emprunté, mais seulement quelques pages à la fois. Où donc étaient la reliure et les pages qu’il avait prétendument ramenées ? Alex n’a pas été autorisé à participer lui-même aux recherches mais il a donné toutes les explications possibles quant au lieu où il pensait qu’elles étaient cachées, derrière d’autres livres sur une autre étagère. On lui a signifié qu’il était suspendu de ses fonctions jusqu’à ce que les documents soient retrouvés et il a été renvoyé chez lui en attendant sa sanction.

Un des responsables, croyant qu’Alex disait la vérité et qu’il rendrait toutes les pages qu’il avait encore chez lui, a proposé d’essayer de lui faire conserver son emploi. « Je suis certain que vous avez fait fausse route en pratiquant la sorcellerie, si vous promettez de revenir sur le droit chemin peut-être serez-vous en mesure de rester ».

Indigné, Alex lui a dit qu’il était une véritable sorcière, formé par sa grand-mère et que la seule raison pour laquelle il avait cherché à travailler dans la bibliothèque c’était pour avoir accès aux Clavicules de Salomon.

Cette après-midi, alors qu’il attendait le retour des pages qui étaient en train d’être photographiées, Alex a reçu la visite de deux détectives. Les responsables de la bibliothèque avaient signalé la perte à la police mais ne souhaitaient pas porter plainte. Les détectives ont jeté un œil au cercle qu’il avait peint sur le sol et on dit : « Vous ne croyez tout de même pas à ces conneries ? »

« N’essayez même pas de mettre un pied dans ce cercle » a averti Alex qui avait oublié sa position délicate « si vous tenez à la vie, restez à l’écart, sinon vous emporterez avec vous des choses dont vous ne pourrez jamais vous débarrasser. »

Ils ont ricané mais ils ont tous deux pris soin de ne pas marcher dans le cercle. Ils ont ensuite expliqué qu’ils étaient venus récupérer le livre qu’il avait volé et qu’ils refusaient de croire que, hormis les quelques pages qui étaient en train d’être photographiées, tout était à nouveau dans la bibliothèque. Alex a décidé de les y accompagner et de retrouver le livre pour eux, sous leur contrôle. Mais dans sa détresse, Alex avait oublié où il l’avait caché et tous les après-midi, lui et ses spectateurs ont fouillé les étagères à la consternation de personnel de la bibliothèque dont le travail était de tout remettre en place. Finalement, à la surprise de tous, Alex a retrouvé le livre démantelé, mais les détectives doutaient encore qu’il s’était contenté de l’emprunter.

« En tout cas, avec un livre aussi précieux que cela, vous serez probablement envoyé en prison, vous l’avez démonté et vous avez admis qu’il y a encore des pages manquantes » a dit l’un des policiers.

Alex a été autorisé à rentrer chez eux à condition que les pages manquantes soient entre les mains de la police à vingt heures. « Demandez-moi lorsque vous arriverez au siège de la police» a déclaré un détective, un sergent, qui a donné son nom à Alex Sanders.

« Je vous communiquerai alors les accusations auxquelles vous aurez à répondre. »

Envisager l’idée de la prison était vraiment terrible pour Alex. Il s’est précipité à Stockport chez Bill pour récupérer les pages manquantes puis il est allé chez lui en toute hâte, il a retiré ses vêtements, a rassemblé ses outils et a pratiqué la sorcellerie pour lui-même. Il a prié pour pouvoir sortir libre ce soir du poste de police et d’éviter d’être accusé d’un vol qu’il n’avait pas commis. Il a tout juste eu le temps de s’habiller avant de se précipiter pour attraper le bus pour aller au poste de police. Il n’y est arrivé que quelques minutes avant vingt heures.

Il frappa à la première porte du couloir et un policier lui a ouvert. A l’intérieur il y avait une trentaine d’autres personnes assises en rangs, en train de taper à la machine. Alex a expliqué qu’on lui avait demandé de remettre un paquet au sergent dont il cita le nom. On lui a dit que le sergent avait été appelé sur un cas urgent et qu’il ne serait pas de retour avant quelques jours. Heureux, Alex a laissé le paquet et s’en est allé. Le lendemain, il reçut une lettre recommandée de la bibliothèque où se trouvait sa carte de sécurité sociale ainsi qu’une lettre lui signifiant qu’ils se passeraient de ses services. Il savait alors que l’affaire était clause.

(à suivre)


 

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