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Moments magicks dans une clairière de Charlwood
par W.J. Locke in « County Post » du 24 mars 1961 version française
Tof

C’est sous un chaud
soleil printanier et accompagné par le chant des oiseaux que je me suis rendu
l’autre jour à Charlwood-Newdigate road à la recherche de l’homme dont le nom a
été associé à une « pratique sacrilège de la sorcellerie médiévale. » Rapidement
j’ai atteint l’entrée d’une petite maison bien tenue et sans prétention qui se
tenait à moins de 50 mètres de la route. Au dessus de la double porte était
inscrit : « Dumblecott Magick Productions. »
J’ai toqué à la porte de la maison – un pavillon de chasse transformé – et je me
suis retrouvé en face d’une charmante dame qui qualifie de non-sens l’article
d’un journal national qui la désigne comme étant une « fille sorcière » ayant
joué un rôle important dans des rites de sorcellerie qui sont censés s’être
déroulés dans un bois de sureau à environ 350 mètres de là où nous tenions.
C’est Melle Mary Cardell une psychologue de 50 ans qui m’a ouvert. Elle prend du
bon temps dans cette retraite au cœur de la campagne du Surrey avec son frère
Charles Cardell, 72 ans, qui est lui aussi psychologue. Il est également connu
pour ses écrits sur l’occulte et les sujets qui y sont liés.
Discutant avec Melle Cardell, j’ai eu du mal à la voir en « fille sorcière. »
Elégante en pantalon, blouse rouge brillante et chapeau assorti, elle ne faisait
pas son age. Sachant que les cosmétiques à base de plantes font partie des
produits manufacturés par Demblecott Magick Productions – dont elle est son
frère sont les dirigeants – j’ai demandé à mon hôtesse si c’était ces
cosmétiques qui l’aidaient à conserver sa jeunesse. « Je n’utilise jamais de
maquillage » m’a-t-elle dit, « mais on peut dire que je crois fermement à la
Magick Lunaire. »
Anticipant ma question suivante elle m’a dit qu’elle ne pouvait en dire plus sur
la Magick Lunaire.
Notre conversation fut interrompue lorsque la porte a été ouverte en grand et je
me suis retrouvé en face de Charles Cardell, un homme imposant avec des yeux
profonds et pénétrants me saluant chaleureusement. Voila donc Rex Nemorensis,
autoproclamé « Rois des Forêts. »
J’ai été invité par Charles Cardell à assister à une conférence de presse – il
se trouve que je suis le seul journaliste à avoir répondu à cette invitation –
où il se proposait de démonter un article publié par un journal du soir
londonien prétendant qu’il avait dirigé des cérémonies diaboliques dans un bois
non loin de là.
Avec un minimum de cérémonies, Charles Cardell m’a invité à l’accompagner dans
la forêt pour voir par moi-même ce qui avait été décrit comme « un temple de
sorcellerie et de Magie Noire. » Je fus escorté dans la ferme, nous avons
dépassé plusieurs ateliers et un laboratoire où était élaborés des cosmétiques à
base de plantes et sommes arrivés au seuil d’une clairière dans la forêt.
D’un côté de l’entrée de la clairière venait d’être peint « Entrée : Sorcières
2s. 6d.; Presse 5s. » Je m’attendais à ce type de spectacle car M. Cardell
l’avait bien dit, il n’avait pas pris au sérieux le reportage du journal du soir
et préférait en rire.
Un peu plus loin sur le chemin d’autres panneaux avaient été installés. Sur l’un
on peut lire : « Chambre de Repos pour Sorcière » et sur un autre « Parking à
Balais » et un troisième « Faites 13 pas pour la Magick Lunaire. » Ce dernier
m’a interloqué (s’il s’agissait d’une blague je ne l’ai pas comprise) mais
lorsque j’ai demandé une explication, M. Cardell m’a opposé un sourire
mystérieux et a dit : « plus tard ».
Parmi les bosquets de sureaux il y avait de nombreux arbres et j’ai remarqué une
grande flèche d’acier plantée dans un vieux chêne à environ 45 degrés par
rapport au sol et à peu près à 3 M 50 du sol. Sous la flèche une plaque avait
été clouée sur l’arbre sur laquelle avait été gravé le poème bien connu : « J’ai
tiré une flèche dans les airs, elle est tombée par terre, je ne sais où. »
Au pied de la plaque on pouvait lire : « Parun Hurder Meest ». M. Cardell l’a
traduit pour moi : « Tout finira bien. » Il a rapidement fait remarquer que
cette exposition particulière dans la forêt était sérieuse et a ajouté que le
poème était un de ses préférés.
Je me suis enfoncé plus profondément dans le bois envahi de primevères ou
serpentait doucement un petit cours d’eau. Nous avons atteint un autre grand
chêne – bien plus mystérieux. Tout autour du tronc il y avait sept petites
plaques portant chacune la lettre « D ». Sous le septième « D » il y avait un
poisson de bois grossièrement sculpté sur lequel les mots « Magick Lunaire »
étaient peints.
Pressé de fournir une explication, M. Cardell a juste dit : « Les sept « D » de
la Magick Lunaire sont la philosophie secrète de la Magick Lunaire. Ce sont sept
mots, commençant chacun par la lettre D ».
Comme je ne savais que penser de cela, j’ai regardé devant moi et j’ai vu une
grande table de pierres plates sur laquelle du sable avait été répandu et où on
avait aussi placé une tête réduite (ou en tout cas une assez bonne
reproduction), de fausses araignées, une coupelle d’eau un os et une boule de
cristal.
Dans un autre coin de la forêt j’ai vu un chaudron suspendu au-dessus d’un tas
de cendre, ailleurs il y avait une grande sphère en verre argenté avec une
étiquette disant : « Le Cristal Dit Tout ».
La blague la plus macabre de toutes était pourtant encore à venir. Dans le cours
d’eau lui-même il y avait une paire de bottes en caoutchouc retournée. Disposée
ainsi il n’était pas très difficile de se faire des idées.
Alors que je retournais sous le chaud soleil d’un ciel sans nuage en laissant
l’ombre des arbres derrière moi, M. Cardell m’a dit que lorsqu’il aura retiré
tous ces « accessoires », il installera un musée de la sorcellerie et de la
magick dans les bois.
Il a rajouté que lui et sa sœur possédaient les 16 hectares autour de la maison
mais qu’ils n’en faisaient rien en hiver. Bientôt il plantera des iris puis plus
tard, il vendra les fleurs à Covent Garden.
Récemment lui et sa sœur ont travaillé aux derniers chapitres d’un livre qui
sera bientôt publié. Il sera intitulé « La Magick c’est notre Affaire », il
contiendra des chapitres comme « Le Jardin Psychique des Mauvaises Herbes »,
« Le Grand Culte des Sorcières », « Magie et Maléfice », « Goules et Fantômes »,
« Hypnotisme » et « Conscience ».
Après ma visite guidée dans les bois j’ai été invité dans la demeure des Cardell,
je fus frappé par son atmosphère chaleureuse et confortable. Dans un bureau,
bien rangé avec des livres sur différents sujets, Charles Cardell m’a tendu une
document dactylographié niant catégoriquement l’histoire de la « sorcellerie
dans les bois » qui a été imprimée.
Le document mettait en avant que lui et sa sœur étaient des psychologues
professionnels ayant un cabinet de consultation au 63 Queen’s Gate à Londres et
qu’ils se spécialisaient dans la schizophrénie paranoïaque causée par une
pratique hasardeuse des arts « occultes.
Au dessus de leur signature, ils offraient tous les deux 1000£ au représentant
de la presse qui pourra prouver qu’ils pratiquent la magie noire, des rites de
fertilité ou encore toute autre forme de pratiques indécences.
Je passais par là, je me suis arrêté, j’ai pris un rafraîchissement. J’ai aussi
rencontré deux personnes remarquables… et mes yeux ont vu des choses
intéressantes.
Note : Tout au long de mon histoire j’ai pris soin d’écrire « magick » de cette
façon. C’est à la demande expresse de M. Cardell, pour qui l’orthographe sans le
« k » signifie « magie noire ».
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