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LES MIROIRS MAGIQUES
XIX LES MIROIRS MAGIQUES
Théorie
Beaucoup d'occultistes de nos jours ne croient plus à la possibilité de voir,
dans le miroir magique, des personnages et des scènes, évoqués par le mage.
Ils ont perdu cette foi antique, parce que leurs talents et leur science
insuffisants ne leur ont pas permis de retrouver, dans l’expérience tentée, la
confirmation de ce fait, pourtant réel.
En vain, le célèbre Dr Dee de Londres, et bien d'autres avant lui, se sont-ils
servis, pour cette sorte de voyance, d'un miroir concave, de charbon glacé, et
d'autres choses encore, en attirant des sphères supérieures image ou l'idée,
qu'ils ne pouvaient capter autrement, - l'époque matérialiste ne peut admettre
qu'un simple coefficient physique, tel que le miroir concave ovale, le cristal
ou une goutte d'encre, puisse arracher à l'esprit ce que ce dernier garde
jalousement dans ses profondeurs impénétrables. Il lui faut une preuve
matérielle à la portée de tous. Nous nous efforcerons de la lui donner ici.
*
* *
Nous ne doutons pas que le
dogme chrétien de l'immortalité de l'âme soit conforme à la vérité.
Mille choses nous le prouvent, et nous y croyons, comme nous croyons que le
pouvoir qui fit naître le monde est plus fort que les rochers des mers.
Certainement, il y a es: dais le monde des médiums véritables, et il en est
encore, qui savent se mettre en rapport avec les âmes disparues, mais les
théories innombrables de gens sans cœur, de fumistes, qui ne songent qu'à
remplir leurs poches de l'or dérobé aux crédules ignares, ont effacé les
occultistes derrière la cohue des fous.
Le mensonge a discrédité la vérité et, aujourd'hui, le public est las du
spiritualisme qui lui est offert, parce qu'il faut une patience trop longue pour
y découvrir les trésors spoliés.
Les occultistes d'aujourd'hui bavardent à tort et à travers. Ils agissent peu.
Mais un travail sérieux et des expériences consciencieuses peuvent réhabiliter
la science traditionnelle des anciens. Nous en sommes convaincus, et nous
essayerons de le faire.
*
* *
Le spiritualisme de nos
ancêtres connaissait à fond les secrets du miroir magique.
Les Urim et Thumin, les surfaces polies de toutes sortes,
servaient pour la voyance religieuse, pour les avertissements et les
recommandations, demandés aux dieux.
Zoroastre préconisait déjà le miroir magique. Après lui, Socrate, Plotin,
Porphyre, Jamblique, Chich, Scaliger, Cardan, ont vanté ses vertus. Plus tard
encore, ce fut le tour de Robert Fludd et du grand mage et clairvoyant reconnu,
Paracelse.
Nous pourrions citer plus de trois mille noms de grands maîtres, versés dans ces
mystères ; et quelques-uns d'entre eux vivent encore.
Le secret du miroir magique est à quelques pas de notre région des ténèbres. Un
chemin très court nous sépare de lui, mais son pôle se perd dans l'Infini, et
lui-même est ici, là-bas, là-haut, en-bas, partout.
Partout, sauf dans le trou obscur, où nous nous confinons.
*
* *
A l'époque reculée de nos
ancêtres païens, les lacs de montagnes, sans cesse alimentés de l'eau pure des
ruisseaux, étaient, généralement, les lieux .de prédilection des manifestations
magiques.
Nous en retrouvons le souvenir dans les contes de fée, qui nous parlant des
forêts de Laynchark, dans Craicpol-main, de la vallée du diable,
dans le conte Wicklow, de la montagne des sorcières d'Italie, de la fameuse
Babia Gora (le Mont de la Femme), sur la frontière entre la Pologne
et la Slovaquie.
Facius nous parlait déjà des lacs et des sources de ce genre, rencontrés dans
les plaines germaniques.
Mais ce qui est plus intéressant encore, pour un esprit de formation moderne,
c'est l'ouvrage de Lane, intitulé l'Egypte moderne.
Lane était un sceptique, qui voulait voir de ses yeux les expériences vantées
par un sorcier égyptien de son époque.
Le sorcier en question commençait, généralement, ses opérations, en écrivant sur
six feuillets de papier blanc des formules d'évocation, qui le mettaient en
rapport avec les esprits. Après cela, il apportait un plateau en fer, plein de
menu charbon de bois ardent, et faisait venir chez lui un jeune garçon.
A la question de Lane, quels sont les êtres capables de voir dans le miroir
magique, le sorcier répondait : « Le jeune garçon, qui n'a pas atteint l'âge de
la puberté, la vierge, l'esclave noire, et la femme enceinte. »
Pour être sûr que le garçon, appelé à la séance, ne serait pas influencé
d'avance par le sorcier, Lane envoya son valet, en lui recommandant d'amener le
premier enfant du sexe mâle, qu'il rencontrerait sur son chemin.
Lorsque tout fut prêt et le garçon amené, le sorcier jeta dans les charbons
brûlants un morceau d'encens et l'un des six feuillets portant les inscriptions
vocatives.
Il prit, ensuite, la main du garçon et dessina sur sa paume un carré, entouré de
quelques signes mystérieux. Après cela, il plaça au milieu du carré le petit
miroir magique, et ordonna à l'enfant de le fixer sans détourner la tête.
Le gamin obéit, et déclara, quelques instants après, qu'il voyait successivement
: un homme endormi, sept hommes portant des drapeaux, une armée occupée à monter
des tentes, et, finalement, de nombreux serviteurs empressés autour du Sultan.
Lane raconte, comme suit, ce qui se passa alors :
« Le sorcier se tourna vers moi, en me demandant si je voulais voir une personne
absente ou morte.
« Je nommai Lord Nelson.
Le jeune garçon, que nous avions fait venir, n'avait jamais entendu ce nom, et
il eut de la peine à le prononcer. Le mage lui ordonna de dire au Sultan : « Mon
maitre t'envoie son meilleur souvenir et te prie de me présenter Lord Nelson.
Présente-le devant mes yeux, pour que je le voie bien à mon aise.
Lorsque le garçon eut prononcé cette formule, la vision souhaitée se réalisa
sans doute, car il ajouta aussitôt : « Un autre homme vient d'arriver. Il est
vêtu d'un costume noir (Lord Nelson portait toujours, un vêtement bleu-foncé),
de mode européenne. Cet homme n'a pas son bras gauche.
Deux minutes plus tard, ayant vu encore mieux, il rectifia : « Non, cet homme a
bien son bras gauche, mais il le tient attaché à la poitrine. »
Il est notoire que Lord Nelson, qui avait perdu son avant-bras droit à la suite
d'un accident, portait toujours sa manche vide épinglée à la poitrine.
Je demandai alors au sorcier de me dire si le miroir magique reflétait les
objets comme les miroirs ordinaires. Il me répondit que la loi du reflet était
la même pour les deux genres de miroirs.
Je dus, donc, convenir que la description, faite par le garçon, correspondait
vraiment à celle qu'on aurait pu faire du véritable Lord Nelson.
Mais cette expérience, quoique probante, ne suffit pas pour tuer à jamais mon
scepticisme, car quelques autres expériences, faites en ma présence, demeurèrent
sans résultat : peut-être à cause de certains de mes amis anglais, qui ne
pouvaient s’empêcher de rire .pendant ces séances.
Je me rendis définitivement à la réalité des phénomènes surnaturels le jour, où
un garçon, appelé pour voir dans le miroir magique, donna, sur la demande de
l'un des assistants, la description exacte de son père, qu’il n’avait
certainement jamais vu. D'ailleurs, personne de nous, sauf notre ami, ne
connaissait ce gentleman.
Le garçon en fit la description suivante : C'est un monsieur, habillé à la mode
de France. Il tient sa tête de ses deux mains. Il a des lunettes. L'un de ses
pieds est à terre, tandis que l'autre est levé en arrière, comme s’il descendait
d'une chaise invisible, sur laquelle il se serait, d'abord, tenu debout.
C'était extraordinaire! Le fils du gentleman évoqué nous dit que son père
portait, en effet, très souvent ses deux mains à ses tempes, parce qu'il
souffrait de maux de tête continuels. L'une de ses jambes était constamment
repliée en arrière, comme le garçon l'avait vue, à cause d'un défaut dans le
genou, qui lui était resté à la suite d'une chute de cheval, à la chasse.
A une autre séance, aussi intéressante, on nous fit une description parfaite de
Shakespeare, et j'aurais pu citer bien d'autres exemples où la science d'un mage
avait étonné une nombreuse assistance, composée en majorité Anglais sceptiques.
»
*
* *
Nos lecteurs pourraient
comparer avec profit ces lignes, écrites par Lane, avec les descriptions
analogues de Kinglake dans son ouvrage remarquable : Tothen.
Il est intéressant de noter qu'à une certaine expérience hydromantique, faite au
sein de notre fraternité, le jeune garçon, dont nous nous servions, voyait mieux
sans l'aide du médium.
Il distinguait même des images curieuses dans un seau d'eau. On aurait pu croire
que ses propres imaginations se reflétaient dans l'eau.
*
* *
Mais nous voulons approfondir
ce problème.
Nous voulons expliquer comment ces choses sont possibles, et pourquoi l'humanité
moderne les repousse et s'en moque avec persistance.
Une foule de questions se pressent alors élans notre esprit :
D'où vient l'imagination, qui, du cerveau d'un individu, se projette sur une
surface polie et s'en reflète, ensuite, d'une façon perceptible pour des yeux
humains ?
Y a-t-il, peut-être, dans l'espace, des êtres inconnus, qui forment autour de
nous une sorte de public invisible ? Un public qui se moquerait de nous ?
Ou bien la vie n'est-elle qu'un mécanisme routinier, une harmonie de la matière,
que les savants nous expliqueront un jour ?
Le miracle existe-t-il ?
Les âmes, qui quittent ce monde, reviennent-elles ici-bas ?
Qu'est-ce que le hasard ?
Pouvons-nous connaitre l’avenir ?
D'où vient la crainte du merveilleux, qui règne dans l'humanité ?
Pourquoi y toujours quelques personnes persuadées de l'existence des fantômes ?
Comment se fait-il que l'histoire, la science et la « raison saine » ne se
liguent pas entre elles pour abattre à jamais les croyances spiritualistes, les
effacer, afin qu'elles fassent place définitivement à la « réalité » des
positivistes ?
L'humanité ne peut-elle pas se débarrasser une bonne fois de tous les « monstres
illusoires »?
Ne pourrait-elle pas refuser la peur et affronter courageusement les êtres
d'outre-tombe, qui se présentent devant elle sous forme de visions impalpables ?
Rien de sérieux ne sera fait par l'homme dans ce démaille, aussi longtemps que
la lumière n'aura éclairé les ténèbres.
L'homme ne sera pas chez lui sur cette terre, tant que l'inconnu s'y promènera
ainsi.
Mais il ne chassera pas l'inconnu, et il n'en fera pas un hôte paisible, aussi
longtemps qu'il n'aura vaincu en lui-même la peur de cet inconnu, qui se place
devant lui, telle une porte infranchissable.
Car, - et je le répète - c'est la crainte, c'est l'effroi devant le surnaturel,
qui empêche notre héroïsme de s'épanouir et de marcher franchement au-devant du
mystère.
L'effroi est un lourd nuage, que nous attire notre volonté de sûreté, mais, à
son tour, l'effroi nous attire, et c'est ainsi que nous souhaitons que notre vie
soit un rêve et que l'au-delà, où sont déjà ceux qui nous ont quittés, soit, au
contraire, la réalité.
Nous nous demandons : où sont nos défunts ? où irons-nous nous-mêmes ? les êtres
disparus, sont-ils encore autour de nous ? les reverrons-nous un jour ?
Je réponds oui à ces questions, et j'atteste que le commencement de cette
connaissance arrive, comme une marée inattendue, sur le rivage du corps et de
l'âme.
Mais les hommes, au lieu d'accueillir la connaissance, pour l'approfondir et la
développer, voilent la peur, qui les saisit alors, du masque de l'obstination au
sourire sceptique.
En société, l'homme est courageux, mais, seul, il retombe dans les griffes de la
crainte.
Souvent, une expérience le persuade, une hypothèse rassurante le calme ; il
redevient héroïque en écoutant le discours d'un ami, auquel il voudrait croire.
Mais voila ! il voudrait seulement, mais il ne peut croire, car l'époque moderne
défend ce qu’elle ne peut accepter avec ses moyens habituels. Et l’époque
moderne ne connait pas de superstitions !
Elle n’en connaît pas ? Elle est, donc, pleine superstitions !
L'homme est curieux de nature. Il aime savoir la vérité ; il la cherche
toujours, partout.
Mais il veut que la vérité soit prouvée par l'expérience, par l'expérience
accessible à ses cinq sens.
Oh! il croirait certainement, s'il le pouvait!
Mais les manifestations des phénomènes supranormaux sont si fantastiques, si
contraires à la logique habituelle de l'homme, qu'il préfère se contenter des
lois scientifiques normales.
L'homme se dit : la racine du mystère est le manque de données positives; si je
creusais plus à fond, le secret disparaitrait et ferait place à la connaissance.
L'homme a raison, en disant cela, mais, malheureusement, il n’agit pas comme il
dit : il se contente de ne connaitre qu’un peu.
L'homme moderne prétend étudier la nature, mais en réalité il n’en scrute que le
matériel.
La science moderne ne fait aucun effort en profondeur.
Mais le savoir superficiel ne suffit que pour une conversation légère, pour la
conversation qui consiste à faire de l’esprit…
Notre fraternité fait un autre effort. Sur une échelle de mille échelons, nous
gravissons lentement vers les régions supérieures, où se trouve le sens central
de la vie.
Nous construisons le pont d'intelligence, qui manque à la plupart de nos
contemporains, et, à l'aide de ce pont, nous nous transportons sur l'autre rive,
où nous cueillons les perles précieuses, que ne peuvent ramasser ceux, qui ont
pas de mains.
Nous renverserons le règne de la lâcheté, les règles de la demi-croyance, de la
foi mêlée de doute.
Nous nous rions de l'écrivain, qui, en face du merveilleux, conclut à
l'impossible.
Nous rougissons de honte pour lui, lorsque nous l'entendons clamer à la
superstition là, où il entrevoit mais ne peut atteindre, à cause
de ses sens bornés ; et nous frémissons d’indignation, lorsque nous le voyons
décrire des choses splendides, le sourire aux lèvres, ce sourire comique, qui
cache sa crainte d’être pris, au sérieux...
Nous affirmons ceci : la superstition abaisse l'homme peu évolué, mais elle
raffine l'âme forte.
Walter Scott, qui se disait incroyant, a défendu, et même adoré, les
superstitions du peuple vulgaire.
Mais il a en le tort de les expliquer. Il a tant expliqué et réexpliqué, que le
miracle en disparut.
Et Walter Scott, lui-même, semble bien avoir perdu la vérité, à ce jeu
dangereux...
Arrivera-t-on jamais à établir clairement que la vérité, tout en n'étant que
notre vérité, peut être accessible à tous ?
L'horizon mental de Walter Scott était-il trop restreint pour embrasser
l'impalpable ?
Nous ne pouvons admettre qu'il doutât réellement de l'existence de l'invisible.
Il est plus raisonnable, nous semble-t-il, de supposer qu'il voilait sa
connaissance du mystère, pour s'adapter à la mode romantique de son époque. Il
voulait charmer ses lecteurs.
Peut-être, se souciait-il aussi de paraître « savant », sous le manteau de
l'affectation comique. Dans ce cas, le manteau aurait été pour le public, et sa
foi réelle pour lui-même.
Bien d'autres écrivains en ont fait autant. Ils souriaient, en parlant du
mystère, pour suivre la mode, pour plaire au public. Derrière leur grimace
drôle, la crainte du qu’en dira-t-on est visible…
Les hommes, en général, sont trop incertains dans leurs croyances. En face de la
normalité (de la majorité), ils ont rarement la force de rester
eux-mêmes. L'habitude dicte la forme à la pensée, de même qu'elle nous dicte la
mode de l'habit noir. Nous craignons la critique du monde...
Mais, je vous le dis ; l'écrivain, qui hésite d'éclairer le supranaturel de sa
vraie lumière, ferait mieux de ne pas s'en occuper du tout.
Si l’on croit, si l'on a des motifs pour croire, on doit confesser sa foi, on
doit dire ce que l’on sait…
Et il ne faut pas expliquer à outrance les phénomènes supranaturels.
Car, à force d’expliquer, on complique, et c’est alors que les choses sublimes
deviennent réellement incompréhensibles.
L'explication artificielle tombe en miettes trop facilement, et, lorsqu’elle est
tombée, la vérité ne subsiste plus. D'ailleurs, n’a-t-on pas remarqué que les
explications scientifiques ne persuadant personne ? Ceux qui croient déjà,
peut-être. Mais les autres ?
Un fait incommode est noté, il n'est pas accepté. Et si la conviction intime le
refuse, on crie au truc, au charlatanisme.
Le monde est fait ainsi : le raisonnement d'autrui ne persuade pas, et, si la
mode s'en mêle, chacun croit qu'il ne croit pas.
Tout fait nouveau, toute preuve nouvelle rapportés de là-haut, sont taxés de
magie noire... Magie noire ? Horreur!
Mais si l'idée nouvelle est commode, si elle correspond à l'intérêt
humain, une simple étiquette suffit pour la défendre... Evidemment, puisqu'on
l'accepte aussitôt...
Au sein de notre confraternité, nous avons été, nous sommes, et nous serons
toujours les partisans de la raison claire et forte, de la raison humaine.
On comprend aisément, que la plupart des phénomènes spirituels puissent être
expliqués par 1a théorie, qui veut que le magnétisme puissant de l'univers soit
forcé, par le médium ou, plus fortement encore, par le vide, de se refléter,
soit de former des vagues dans le sens contraire, comme le fait le cercle, formé
sur la surface de l'eau par la chute d'un caillou.
Le cercle magnétique reflété n'a pas de volonté propre, ni aucune possibilité de
choix pour son orientation. Il est soumis, dans son développement, à une loi de
direction précise ; et des lois, encore inconnues, le transforment en mouvement
sur des surfaces invisibles. Soit. Nous le voulons bien.
Nous admettons même qu'on puisse découvrir, dans les points, où les différents
cercles magnétiques se croisent, la racine de toutes les attirances et de toutes
les répulsions, nous appelons les sympathies et les antipathies, dans n’importe
quel phénomène supranormal.
Mais, si nous acceptons cette explication pour la naissance des fantômes, qui ne
sont qu’une partie microscopique et inutile de la nature secondaire de l’homme,
nous affirmons cependant que les fantômes véritables sont autre chose.
Quoi ? nos contemporains ne cherchent pas à le savoir, car les entités détachées
de l’ensemble des vivants ne les intéressent pas.
On en discute sans conclusion, sans véritable souci de connaître, et on en reste
où l’on est : on ignore.
Nous repoussons ces discussions vaines, et nous posons à la science moderne des
questions nettes :
Les fantômes existent-ils ?
L'homme a-t-il d’autres moyens de connaissance que ses cinq sens normaux ?
Les fantômes ont-ils besoin d'un corps pour se manifester ?
La vie spirituelle dépasse-t-elle ou non la vie matérielle?
Nous pourrions continuer ainsi encore longtemps, mais tout ce qu'on nous
répondrait se amènerait toujours à ceci : la matière est tout, et il n'y a rien,
ou presque rien, en dehors d'elle.
Cette phrase ne nous satisfait nullement ; car, si les cinq sens nous apprennent
tout ce qu’on peut savoir, si la matière est toute la nature, si le hasard
stupide est le roi du monde, si nous sommes seuls dans l'univers, sans direction
ni plan suprême, s'il n'y a rien, nulle part, sauf ce que les savants peuvent
nous démontrer, si la raison humaine, quoique limitée, est infaillible et le bon
sens humain l’unique initiateur, si ce que le matérialiste nous dit est toute la
vérité, - alors, mieux vaut abandonner tout de suite tous :es mystères et
rejeter à jamais toutes les « superstitions » spiritualistes, qui nous hantent
et nous épouvantent.
Plus vite on débarrasserait le terrain du supranaturel, qui ne serait, alors,
qu'un vain amusement, et plus facile serait la vie, plus sûre l'existence.
Pourquoi nous tourmenter, si rien, là-haut, n’existe ? Sommes-nous des enfants,
pour nous amuser à des jeux puérils ? Pourquoi craindre ce qui n'est pas ?
Est-ce raisonnable, est-ce digne d’hommes mûrs, de se laisser berner par des
contes de fée, inventés par quelques tricheurs pour en tirer profit ?
Les savants sont les rois de nos jours, c’est eux qui décrètent dans ce monde
sensuel.
Ils sont nos conducteurs ! Ah ! vraiment !
Drôles de conducteurs, car on ne peut s’y fier !
Ils nous laissent par terre. Ils nous assoient, chacun dans notre coin, et
introduisent dans nos âmes, des machines. Ils font de nous des mécaniques, et
nous abandonnent. Nous piétinons sur place, et c’est tout.
Les yeux myopes des matérialistes ne voient pas l’invisible, de là ce
terme.
L’autre sphère n’existe pas pour eux. Ils ne peuvent percer le voile, qui
sépare le matériel du spirituel.
Ah! oui! Saluons la science matérialiste, mais, d'abord, enlevons-lui tout
espoir d’avenir. Débarrassons-la aussi du trop de souci pour le présent.
Laissons-la tranquille, bien tranquille.
*
* *
La magie véritable, celle que
les « savants » ne connaitront jamais, repose sur la connaissance des forces les
plus secrètes et les plus profondes du plan mental.
Normalement, notre nature spirituelle est emprisonnée en nous-mêmes. Nous ne la
connaissons pas. C'est là que se place la parole du sage : « Connais-toi,
toi-même. »
Les miracles spirituels ne sont rien d'autre que le miracle de l’éclosion de
notre mental.
On trouvera dans le magnétisme vital la clef de la future science magique, qui
dévoilera tous les secrets de l'esprit créateur.
La magie est la grande sagesse secrète, que tous ignorent. L'intellect est la
formidable erreur, que tous admirent.
L'homme parade avec son intellect, qu'il crée lui-même.
Le matérialisme l'accepte, parce que c’est lui qui a sorti le genre humain de
son enfance. L'homme est devenu homme par son intellect, et il en est fier à
cause de cela.
La magie, quoique infiniment plus sage et plus vraie, est repoussée, comme
escroquerie et mensonge, parce qu'elle annule l'homme, comme l'a dit
Paracelse. La magie prouve à l'homme qu'il est peu de chose dans un tout
immense.
Et, certes, nous n'oublions pas non plus ces clairvoyants malhonnêtes, qui se
servent du cristal ou du miroir magique, pour prophétiser à faux aux jeunes
femmes amoureuses, leur prédisant ce qu'elles veulent, pour ramasser leurs sous.
Ceci se voit souvent, en effet, mais la magie n'y est pour rien. Dieu n'a-t-il
pas donné la raison aux bons et aux mauvais. En conclurez-vous que la raison, en
soi, est mauvaise ?
A New-York, les coiffeurs se servent souvent de feuillets, arrachés à des
Bibles, pour essuyer leurs lames et leurs ciseaux. Direz-vous que la Bible est
faite pour cela?
On voit même, dans ce pays, des valises tapissées de feuillets de Bibles, mais
ce livre fut écrit pour l'élévation de l'âme.
Nous convenons que le mesmérisme détraque, quelquefois, le système nerveux. Mais
le mesmérisme n'est pas toute la magie. La voyance dans le miroir magique n'a
pas ce tort, et les choses qu'on y voit, les personnages, les épisodes, les
symboles, s'y reflètent avec exactitude, nettement, presque palpablement, même
lorsqu'ils se présentent en planodiorama. On les voit comme toute image, dans un
appareil photographique quelconque.
Le miroir magique n'exige pas de l'opérateur un état anormal. Toute personne,
qui regarde dans le miroir magique, a tous ses sens intacts. Le cerveau ne s'en
fatigue pas, et les nerfs restent calmes.
Pendant les expériences mesmériques, les images surgissent et disparaissent
rapidement. Le miroir magique, au contraire, les retient aussi longtemps qu'on
le veut. Presque tout le monde peut utiliser avec succès ce moyen de voyance.
*
* *
Il y a plusieurs genres de
miroirs magiques.
Nous avons, tout d'abord, le cristal; par exemple, le charbon poli.
Mais, on ne voit de miroirs de ce genre, parce qu’il est assez difficile de
trouver un charbon suffisamment dure, lisse et sans aucune fissure, pour qu’on
puisse le polir convenablement.
Cependant, un tel miroir magique, lorsqu'il est réalisé, est excellent. Il
attire et conserve très bien les fluides magnétiques, qui sortent des yeux de
l'opérateur et forment, précisément, l'image perceptible.
Notez bien que l'image en question se forme non pas sur la surface ou dans la
matière même du miroir, mais à quelques millimètres plus haut.
Ceci signifie, que les rayons fluidiques sont reflétés, c'est-à-dire renvoyés,
avant leur arrivée sur la face du miroir.
Nous préférons la voyance au moyen du miroir magique aux opérations mesmériques,
parce que ces dernières exigent un rapport de sympathie entre le médium et
l'opérateur, sans lequel on ne peut obtenir la vision nette des images et des
idées projetées par le mental du médium, comme une vérité objective du monde
extérieur.
Il est vrai que le magnétisme spirituel, dont on se sert dans les séances
mesmériques, ne projette pas facilement le produit de la pure fantaisie du
médium ou de l'opérateur, et que, par conséquent, l'image perçue peut être
réellement une vérité du plan mental; mais, d'autre part, comment savoir si ce
que l'on prend, dans ces cas, pour de l'exaltation spirituelle n'est pas une
simple simulation ?
Bien souvent, les visions mesmériques ne sont que le produit fallacieux de la
volonté ou de l'influence des personnes, présentes à la séance, ou même
simplement l'effet d'un état morbide des nerfs et du cerveau du médium. Cela
pourrait être aussi - pourquoi pas ? - une farce de quelque habitant des autres
sphères.
Le médium, lui-même, ne peut nous rassurer à ce sujet, car, par définition, il
n'est qu'un instrument, une machine, influencée par une force qu'il ignore.
Il se meut, parle et agit, comme un automate inconscient.
Si l'on réfléchit à tout cela, on doit convenir avec nous que la voyance dans le
miroir magique est bien plus positive...
Nous réunissons clans une seconde catégorie les miroirs magiques, qui sont
préparés selon des lois scientifiques rigoureuses.
Nous y distinguons, tout d'abord, les règles relatives à la forme et établies
après de nombreuses expériences bien contrôlées.
Une observation curieuse s'impose. On a remarqué que la coupe d'un crâne, faite
horizontalement et exactement au-dessus des oreilles, donne, pour toutes les
têtes, absolument le même ovale ; tandis que le cerveau de l’homme vu sous cette
coupe, correspond parfaitement à la forme du globe terrestre.
On a essayé d'adopter cette forme pour le miroir magique, et l'on a constaté
qu'elle était la meilleure.
En effet, l'ovale ainsi obtenu, donne deux foyers, disposés avec une précision
mathématique, toujours la même.
Le courant magnétique, émis par la surface postérieure du cerveau, tombe sur
l'un des foyers, s'y reflète, et coule autour du cerveau vers l'autre foyer, en
fermant le cercle magnétique, qui excite alors la partie antérieure du cerveau,
celle qui se trouve en contact avec les deux foyers correspondants du miroir.
De cette façon, la force magnétique, mise en jeu, est activée avantageusement
par le mouvement des facettes du cerveau, excitées par le courant.
*
* *
De nombreuses expériences ont
prouvé qu'un bon miroir magique n'est pas conditionné seulement par la forme.
La matière dont il est fabriqué joue également un rôle important, pour lui
donner toutes ses propriétés nécessaires.
On a vu, par exempte, que dans le cas d'une surface plate du miroir, le courant
magnétique, en se reflétant, ne magnétise que la partie antérieure du cerveau de
l'observateur, car le reste des fluides se perd dans l'espace, après voir
traversé le miroir.
Dans certaines loges expérimentales, on a fait de nombreux essais chimiques, en
vue de trouver une matière susceptible d'empêcher la perte du fluide magnétique,
qui est, comme on le sait, excessivement fin.
On a bien trouvé des matières isolantes ; mais même avec les meilleures de ces
compositions, la forme concave se montra insuffisante, car elle laisse glisser
le fluide, lequel disparait alors comme une bulle de savon.
La forme convexe présente un autre inconvénient. La boule invisible de l'aura
magnétique reste attachée sous le miroir et perd, par conséquent, son action sur
l'observateur.
Après de longs tâtonnements, on revint à la forme concave, mais avec les
perfectionnements suivants :
1. Le bord du miroir est protégé d'un encadrement d'or fin, façonné conformément
aux lois régissant les fluides liquides fins et les gaz.
2. La matière isolante est choisie selon son affinité électrique, chimique et
magnétique avec le fluide magnétique spirituel.
Evidemment, ceci exige un art et une habileté extrêmes.
On a vu tout de suite que les matières isolant l'électricité, sont tout à fait
transparentes pour le fluide magnétique.
On essaya le litium-sodi et différents métaux alcaliques et, enfin, l’amonium,
mais tout cela sans résultat.
La glaise alcalique de magnésium, le barium et le strocium, se
montrèrent aussi insuffisants, de même que le cerium, le lathan,
le zirkon, le tellurium, le beryllium, le thorium, l'yttrium et
l'aluminium.
On se retourna alors vers les métaux qui forment, en s'oxydant, le natrium, le
cuivre-uranium, le plomb-kobalt, le zinc, le nickel, le kadmium, le vizmut, le
fer, le chrome et le mangan.
Tout ceci fut aussi impuissant, qu'un panier à capter le soleil.
Les compositions faites avec de l'arsenic, de l'étain, de l'asmium, du
niobium, de l'antimon, du titan, du molybden et du tantal, donnèrent
des matières assez proches de celle qu'on cherchait, mais on voulut encore
essayer les métaux chers, tels que le rhodium, le ruthenium, l'argent, le
platine, l'iridium, le mercure, le paladium et l'or.
On examina aussi du soufre, du selène, du chlore, du phosphore, du fluor,
de l’iode et brome.
Quelques-unes de ces matières purent être utilisées avec un certain succès,
lorsqu'on y ajoutait de l'oxygénium, de l'hydrogénium, du charbon, du bor, de la
cire ou du verre.
Deux de ces compositions, mélangées avec du paranaphtaline, donnèrent,
finalement, la matière désirée, c'est-à-dire une composition fortement
électrique et très fine, telle qu'il la faut pour donner à la surface du miroir
toutes ses propriétés magiques…
*
* *
L'homme, qui limite sa
curiosité aux choses de la vie pratique, est une coquille aveugle, ballottée
dans la mer.
Il ignore les trésors, qui entourent son petit monde étroit, et il n'aperçoit
pas les sommets merveilleux, cachés dans la profondeur des eaux, qui le bercent.
Il ne sait pas, qu'en dehors de notre monde matériel, en dessus et en dessous,
il y a d'autres mondes innombrable. Ils sont incalculables, comme les étoiles du
ciel nocturne.
L'homme, confiné dans son étroite coquille, ne sait pas, car il ne veut pas le
savoir, que, souvent, le rêve, qui est une autre vie intense, nous donne un
faible aperçu de la grande Réalité, qui nous est cachée, et que les chemins
mesmériques, qui nous permettent de franchir certaines frontières défendues,
ouvrent devant nous d’étonnantes profondeur, où se cachent des parcelles du
Mystère Universel…
Le hasard n'existe pas. Nos sens erronés nous y ont fait croire. Lorsque, par
magie, nous écartons le voile, qui obscurcit notre vue, nous découvrons là-bas,
au bout de la large route inconnue, le néant de cette croyance.
Car là-bas, le passé, le futur et le présent s'unissent en un seul enlacement,
et on n'y voit qu'un seul instant éternel, où tout existe à la fois : ce qui
est, ce qui sera et ce qui a été, - une seule unité présente, complexe et
incommunicable dans un langage limité au temps et à l'espace.
L'homme, qui écarte le voile de l'obscurité, voit cet instant unique et éternel,
et il ne lui est pas difficile, alors, de prévenir l'avenir ; il le lit, comme
sur une page écrite.
Pour le divin, le temps n'existe pas, et l'homme illuminé voit le divin dans sa
présence éternelle et totale.
Mais on ne peut comprendre cela, si on ne veut être que normal.
Sir David Brewster, malgré sa volonté d'interpréter cette vérité d'une manière
vulgaire, écrit :
« Il est hors de doute que, dans les temples païens, les dieux de l'antiquité
ont d'abord été évoqués au moyen du miroir magique. »
En Tarce, Esculape disait déjà la même chose.
Dans le temple d’Enguine, en Sicile, les déesses se manifestaient, sur
l'évocation des prêtres ; et Jambicus nous dit, qu'elles apparaissaient dans la
fumée, comme sortant du feu.
On sait de quelle façon le sorcier Maximus s'amusait à effrayer ses invités, en
faisant rire la statue de Hekaté.
Damacius, dans une page célèbre, citée par Solvert, dit ceci : « Pendant
l'évocation, nous vîmes, d'abord, sur le mur du temple, une matière claire, qui
semblait venir de loin. A mesure qu'elle se rapprochait, sa forme se précisait,
et nous distinguâmes, enfin, son visage, animé d'un regard courroucé. Ce visage
était très beau et éclairé d'une grande intelligence. Fidèle à sa religion, le
peuple d'Alexandrie adora cette apparition, en reconnaissant en elle Osiris ou
Adonis. »
Le roi de Macédoine, Basile, pleurant la mort de son fils, se rendit chez
Théodor Santabaron, le devin bien connu, et le supplia de lui montrer le défunt.
Le sorcier, procédant comme de coutume, lui fit voir le jeune homme,
luxueusement vêtu, à cheval sur un splendide coursier. Le fils se baissa vers le
père, l'embrassa tendrement, et disparut.
Ce phénomène étrange n'était pas dû au charlatanisme, car, aujourd'hui encore,
l'optique perfectionnée est incapable de 1’imiter. Il est certain que Théodor
Santabaron s'était servi d'un miroir magique, pour donner au roi Basile cette
consolation exceptionnelle.
Dans son ouvrage, consacré à la vie de Benvenuto Cellini, Roscal en racontant
les aventures extraordinaires de ce grand artiste, s’occupe de ses évocations,
réalisées au moyen de la magie rituelle, et il est intéressant de noter que ni
Roscal, ni Brewster, ni Smith, ne croient que c'était là le produit d'une pure
fantaisie artistique.
Il est vrai qu'ils essayent d'écarter les déductions, qui se présentent
naturellement en faveur de notre thèse, mais ils le font d'une façon si
maladroite, que leurs suppositions matérialistes ne persuadent personne.
On lit, par exemple, chez Roscal, que ces phénomènes étonnants étaient sans
doute produits à l’aide de la lanterne magique, alors que chacun sait que
Benvenuto Cellini vivait au XVIème siècle, c'est-à-dire cent ans avant
l'invention de la machine de Kircher.
D’autre part, ce que Brewster écrit à la page 154 de sa Magie, éditée par
Brewster, est si naïf, que ce serait une perte de temps que de s'en occuper.
*
* *
Mais, laissons de coté la
question du charlatanisme, qui a toujours existé et qui ne disparaitra que
lorsque la lumière brillera partout. Revenons aux choses sérieuses.
Le monde spirituel s'est prononcé suffisamment, pour que l'on puisse y croire.
Mais, évidemment, ce n'est pas l’œil ordinaire qui distingue les objets et les
phénomènes psychiques ou physiques, reflétés par le miroir magique, mais un sens
intérieur spécial, qui existe en tous, et qu'il s'agit de développer, parce que
chez l'homme ordinaire il est atrophié.
Ce sens spécial attire dans l’œil normal l'image de l’apparition supranormale.
L’être spirituel, qui habite l’homme physique, possède de nombreux sens
inconnus, qui forment la racine de nos cinq sens extérieurs et nous confèrent
nos différentes capacités.
Il s'agit, pour nous, d’établir un pont, un lien, entre nos sens extérieurs et
intérieurs. Ce pont nous permettra de nous évader de la prison du monde matériel
et de pénétrer dans les sphères éthériques.
Oh! Vous comprendrez un jour que, si la mort est un état passif dans le règne
physique, elle est, au contraire, une éclosion active dans le royaume mental.
Mais le devoir de l'homme vivant est de trouver la vie et l'activité du plan
mental, sans devenir passif physiquement.
Notre école enseigne à nos élèves la pénétration dans les sphères supérieures,
sans perdre de vue la terre et les lois, qui la régissent.
C'est pourquoi nous préconisons les expériences à l'aide du miroir magique.
Platon a dit que le fantôme est l'image de la réalité, vivant dans la lumière
intérieure.
Le miroir magique attire la forme de cette réalité, et la fixe, et la reflète,
selon des lois psychiques et physiques exactes.
La lumière intérieure reflétée par le miroir magique, s'unit dans l'œil humain
normal avec la lumière extérieure, et y produit le phénomène sensuel de la
vision. Mais si la lumière intérieure n’est pas unie à la lumière extérieure,
nous restons dans l'imagination pure, non concrétisée.
La lumière intérieure, lorsqu'elle est isolée du monde extérieur, repose dans
une atmosphère calme et claire.
Ce calme et cette clarté persistent, lorsque la manifestation extérieure se
produit.
C'est la lumière tranquille dont parlent les Livres antiques et modernes.
C'est la lumière tranquille, dont parlent Zoroastre et les autres sages et
savants de l'Orient.
Celui, qui connait l'invisible, ne se sert ni de la hâte, ni de la plaisanterie
vide, ni de la colère inutile.
Son âme est tranquille. Silencieusement et patiemment, il attend que sa foi lui
ouvre les portes du Mystère.
Certes, il n'est pas nécessaire de beaucoup discuter et d'expliquer
minutieusement les différentes méthodes d’évocation.
On peut trouver tout cela soi-même, sans trop d’enseignements, mais il est sûr,
aussi, que les parfums et les vapeurs magnétiques ont toujours été d’un grand
secours pour les voyants.
Des centaines de personnes ont visité les salles de la fraternité d’Eulis, à
Boylston Street, à Boston.
Tous ont été surpris du calme qui règne dans nos milieux, de l'assurance
tranquille dont sont pénétrés nos Frères.
Tout le monde se tait et attend patiemment que les par parfums soient répandus
et que les blocs odorants soient allumés.
Une pénétrante musique se fait entendre peu après et, lentement, des nuages de
vapeur s'élèvent des trépieds.
Ils adombrent de leur caresse le miroir merveilleux, préparé pour l'expérience.
*
* *
La foi dans la réalité du
supranaturel est le seul moyen pour décrasser les âmes de l'athéisme froid et
obstinément aveugle.
Le jour où l'on comprendra cette vérité essentielle, le monde entier aura une
autre attitude en face des phénomènes magiques.
Par ce livre nous voulons couper le nœud imaginaire, dont les hommes se croient
attachés irrémédiablement au seul univers extérieur.
Nous ne voulons pas renforcer des superstitions, mais nous voulons rendre au
supranaturel le trône, qui lui a été ravi.
Technique
Si vous voulez vous servir du miroir magique, n’oubliez pas les règles suivantes
:
1. Le miroir ne doit être touché que par son propriétaire, afin d'éviter le
mélange d'un magnétisme étranger, qui pourrait annuler celui dont le miroir est
chargé.
D’autres personnes peuvent le regarder, mais elles ne doivent toucher ni le
cadre, ni la surface du miroir.
2. Si la surface du miroir est ternie, on en enlèvera la poussière au moyen du
savon.
On le lavera, ensuite, avec de l'alcool, et, lorsque le miroir sera sec, on le
frottera encore avec du fluor oxygéné, en l'essuyant avec un chiffon de velours
de soie ou une peau de daim.
3. Tous les jours, pendant cinq minutes entières, on magnétisera le miroir de la
main droite.
4. On raffinera, ensuite, l'action de la surface du miroir, au moyen de passes
magnétiques, faites de la main gauche.
5. Plus souvent et plus longtemps on se servira d'un miroir magnétique, et mieux
cela vaudra, car l'action du miroir augmente à son emploi.
6. Pour s'endormir à l'aide du miroir magnétique, il faut le fixer dans le
centre, calmement et sans la moindre préoccupation d’esprit. Les visions
apparaissent, alors, dans le rêve.
7. Il ne faut pas que la surface brillante du miroir soit frappée par les rayons
du jour, qui paralysent l'action magique. - En vous servant du miroir,
présentez-le de dos à la fenêtre.
8. Le miroir magique doit être tenu obliquement comme un livre.
9. Si plusieurs personnes veulent voir en même temps, accrochez le miroir au
mur. - et que personne ne le touche!
10. La meilleure position pour la vision dans le miroir magique est celle qui ne
permet aucun reflet de l'ambiance.
Cherchez, par conséquent, cette position inclinant le miroir en tous sens,
jusqu'à que sa surface vous présente une seule nappe d'eau foncée, lisse et
limpide.
Lorsque le magnétisme, sortant de vos yeux, se sera accumulé au-dessus du miroir
(à quelques millimètres de sa surface), l'eau limpide fera place à la vision
souhaitée.
11. On verra, d'abord, des nuages de colorations diverses.
Ces nuages sembleront se former dans la matière même du miroir, mais ce n'est là
qu'une illusion optique. En réalité le magnétisme se concentre plus haut.
12. Les personnes brunes, aux yeux noirs et au tempérament magnétique, chargent
le miroir plus rapidement, mais pas plus puissamment que les personnes blondes,
au tempérament électrique.
D'une façon générale, on peut dire que les hommes ne voient pas aussi facilement
que les femmes. mais lorsqu'ils voient, ils distinguent mieux et se troublent
moins.
13. De toute façon, il a été prouvé que les garçonnets et les fillettes, qui
n'ont pas atteint l'âge de la puberté, voient le plus vite et le plus
clairement, parce que leur magnétisme est pur et non sexué.
La pureté est, comme on le sait, un puissant coefficient pour toute action
magnétique et occulte.
14. Les nuages blancs, vus dans le miroir magique, sont d'un bon présage. La
réponse qu'ils apportent à la question posée a une valeur positive.
15. Les nuages noirs sont un signe d'alarme. Leur sens est la négation.
16. Les nuances violettes, vertes et bleues sont bonnes.
17. Le rouge-carmin, l'orange-clair et le jaune annoncent des influences
mauvaises.
18. Si vous opérez avec le miroir magique, en vue d'influencer une personne
absente, évoquez son image par la force de votre volonté. Lorsqu'elle sera
devant vous, dans le miroir, fixez-la fermement et concentrez sur elle toute
votre imagination. Votre influence la frappera infailliblement, à n'importe quel
point du globe qu'elle se trouve.
Mais n'oubliez pas que vous subirez le contre-coup de ce que vous lui enverrez :
le mal vous sera payé en mal, et le bien en bien.
19. Ayez de la patience, lorsque vous consultez le miroir magique. Certaines
personnes voient presque aussitôt, d'autres doivent attendre longtemps.
20. La surface du miroir ne doit subir aucune influence chimique ou optique, et
on doit la préserver soigneusement de la lumière du soleil, car elle est aussi
sensible qu'une plaque photographique.
La lumière lunaire lui est, au contraire, bénéfique.
Le froid et la chaleur extrêmes lui sont nuisibles, car les températures
exagérées annulent sa force.
21. Toute vision, qui apparaît dans le miroir magique à gauche de l'observateur,
est l'image d'une vérité concrète.
22. Ce qui se manifeste à droite est symbolique. Il faut l'interpréter selon la
signification traditionnelle des symboles.
23. Les nuages, ou les ombres, qui montent dans la vision magique, sont des
réponses affirmatives aux questions posées.
24. Les nuages, ou les ombres, descendants, sont des réponses négatives.
25. Les ombres, qui s'orientent de gauche ci droite, signalent la présence d'une
intelligence occulte.
26. Les nuages, qui se dirigent de droite à gauche, signifient que la séance
doit être levée.
27. Si, après une longue patience, le résultat voulu se fait encore attendre, il
est permis de se servir du sable excitant, dont nous parlons plus loin, dans un
chapitre spécial.
Mais ce sable est dangereux pour la plupart des hommes : il faut donc s'en
servir avec prudence et le moins souvent possible.
Lorsque le sable excitant a fait son effet, il faut continuer le travail sans
lui.
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