La Wica
Textes de/sur Gerald Gardner
Textes de/sur les
Prêtresses de Gardner
Textes de / sur Doreen Valiente
Texte de / sur
Dayonis
Texte de / sur Lois
Bourne
Textes de / sur Eleanor Bone
Textes de / sur Patricia Crowther
Textes de / sur Monique Wilson
Les Anciennes Lois
Théologie, Dogmes et Croyances
Sur la Pratique
Sur l'Histoire
Lignée & Traditions
Le Livre des Ombres
Le Livre
des Plantes
Les Gens
L'Initiation
Le(s) Secret(s)
La Validité
Outils et Accessoires
Le NROOGD
Dion Fortune & The
Society of Inner Light
Alex Sanders & la
Tradition Alexandrienne
Chamanisme / Faery /
Huna
Magie Enochienne
Reclaiming / Feri /
3rd Road
Thelema
Tubal Cain
Autres
La Librairie
Le Cercle de la Pierre
Sorcières Liens
Dernières
mises à jour du site
|
Courte Biographie
de Doreen Valiente
par
Tof
(avril 2007)
« Écoutez les paroles de la Grande Mère Qui fut appelée jadis
Isis, Artemis, Astarte, Diane, Mélusine, Aphrodite, Cerridwen, Arionrhod,
Bridgid et par de nombreux autres noms encore.
A tout moment, lorsque vous aurez besoin de quelque chose, une fois dans le
mois, quand la lune sera pleine, vous vous rassemblerez en un lieu secret et
louerez l’Esprit qui émane de moi, rempli de ma Sagesse éternelle.
Alors, vous qui n’avez pas encore découvert mes secrets les plus profonds mais
souhaitez apprendre la sorcellerie, à vous j’apprendrai ce qui est encore
inconnu. Vous chanterez, jouerez de la musique, ferez la fête et l’amour en ma
présence car je suis l’extase de l’esprit et toute joie sur terre est mienne.
Ma loi est l’amour de toute la création. Gardez purs vos plus grands idéaux.
Efforcez-vous toujours de ne rien laisser vous arrêter et de vous décourager de
votre parcours initiatique... »
Voilà un extrait d’une traduction plus ou moins libre de la Charge de la Déesse
trouvé sur le net. Ce texte de Doreen Valiente (surtout si on en lit la version
originale) nous montre le talent d’écriture de son auteur et combien nous sommes
redevables à son auteur.
On ne présente plus Doreen Valiente, nous savons tous ce qu’on lui doit,
pourtant il n’y a pas beaucoup d’informations biographiques en français sur
elle. Nous allons ici tenter de combler cette lacune.

Le 4 janvier 1922 Edith et Harry Dominy ont eu la joie d’annoncer la naissance
de leur fille Doreen Edith à Mitcham dans le sud de Londres.
Elle a grandi non loin de Horley dans le Surrey, à l’ouest de l’Angleterre dans
une région encore très attachée à ses traditions. Toute jeune Doreen a pris
l’habitude de jouer à la sorcière. Elle se promenait dans les rues à cheval sur
un balai et passait aussi beaucoup de temps à regarder la lune qui la fascinait
complètement. Plus tard à l’age de 13 ans la jeune Doreen a fait sa première
dagyde pour punir une femme qui persécutait sa mère. Apparemment sa magie fut
efficace puisque la femme laissa la mère de Doreen en paix.
Jusqu’à l’age de 15 ans Doreen fut scolarisée dans une école religieuse.
Elle a raconté que c’est vers cette époque qu’elle a réellement commencé à
s’intéresser à l’ésotérisme et à lire des livres sur le sujet, surtout ceux de
Margaret Murray qu’elle admirait tout particulièrement et Aleister Crowley dont
elle étudia la magie pendant des années. Elle a aussi raconté comment un peu
plus tard elle fut déclarée persona non grata par un groupe théosophe après
avoir demandé pourquoi les « maîtres inconnus » étaient toujours des maîtres et
jamais des maîtresses ?
Le 31 janvier 1941 fut une grande date pour Doreen puisque ce fut le jour de son
premier mariage. Ce jour elle épousa Joanis Vlachopoulos un marin de la marine
marchande. A cette époque le couple vivait au sud du pays de Galles.
Leur bonheur fut de courte durée puisque même pas six mois plus tard Joanis
Vlachopoulos disparut en mer. Doreen resta encore quelques temps au pays de
Galles puis déménagea à Londres où elle trouva en emploi de secrétaire.
Le 29 mai 1944 Doreen épousa en seconde noce Casimiro Valiente un ancien
combattant de la guerre civile espagnole qui s’était engagé dans la13e
demi-brigade de Légion étrangère avec laquelle il a participé à la bataille de
Narvik en avril 1940, bataille qui fut la seule victoire française lors de la
guerre de 39-40. Malheureusement pour lui, Casimiro Valiente y fut très
grièvement blessé et fut peu après évacué en Angleterre où il rencontra Doreen.
(Sur le coup, selon la loi britannique, comme Casimiro Valiente était espagnol,
Doreen est devenue espagnole).

Peu après la fin de la guerre le couple a déménagé à Bournemouth dans le sud de
l’Angleterre (pas très loin de la New Forest) où Casimiro Valiente avait trouvé
un emploi de cuisinier et Doreen un poste de dactylo.
Le 29 juillet 1951 dans la presse du matin Doreen lit un article parlant de
l’ouverture d’un Centre Folklorique sur la Superstition de la Sorcellerie et
rapidement elle prend contact avec son directeur qui transmet sa lettre à Gerald
Gardner qui est « sorcière résident » du musée. Les deux ont commencé à
correspondre et Gerald Gardner lui a proposé une rencontre autour d’un thé chez
une amie à lui (Dafo).
C’est donc au cours de l’été 1952, que Doreen Valiente fait la rencontre de
Gerald Gardner. Ce dernier lui offre un exemplaire de High Magic’s Aid son
second roman qu’il lui demande de lire et de lui dire ce qu’elle en pense. Comme
Doreen n’a pas semblé choquée par ce qu’elle a lu, Gerald et elle tissent des
liens d’amitié. En juin 1953 Gerald Gardner, Dafo et Doreen Valiente sont allés
à la célébration druidique du solstice d’été à Stonehenge et sur le retour
Doreen est initiée par Gerald Gardner. Elle reçut le nom sorcier d’Ameth. Il se
dit que cette initiation eut lieu à Christchurch dans la maison de Dafo. L’alibi
de Stonhehenge arrangeait bien Doreen car ça lui permettait de ne pas parler à
sa mère de son initiation à la sorcellerie.
Pour cette initiation Gerald Gardner s’est servi du rituel qu’il a plus ou moins
décrit dans High Magic’s Aid, un rituel qu’il présenta à Doreen comme un rituel
très ancien qui lui avait été transmis par le New Forest Coven.
Mais Doreen avait déjà une certaine culture ésotérique, lors de son initiation
elle a reconnu des phrases tirées de textes d’Aleister Crowley qu’elle
connaissait très bien et elle en a fait la remarque à Gerald Gardner.
On connaît bien la suite, Gerald a expliqué à Doreen que les rituels du New
Forest Coven étaient très parcellaires et qu’il avait dû « boucher les trous »
avec ce qu’il avait sous la main. Doreen se proposa donc d’expurger et de
réécrire les rituels pour en gommer ce qui était trop marqué « Golden Dawn ».
Plus tard cette même année elle s’est rendue à Londres et y a rencontré le reste
du coven. A cette époque il était composé de 8-10 personnes, mais on n’en sait
pas beaucoup plus sur eux, Doreen (ce qui ne surprendra personne) et Gerald (ce
qui est plus surprenant) sont toujours restés très discrets à ce sujet.
Dans ce travail Doreen a pu exprimer ses dons poétiques et les textes qu’elle
nous a transmis sont teintés d’une grande poésie.
En 1956 à la suite d’une à de nombreuses attaques de la part de la presse Gerald
et Doreen décident d’écrire un livre pour remettre les choses au point. Doreen
passera donc une bonne partie de l’année à faire des recherche pour rassembler
la base de ce qui deviendra quelques années plus tard « the Meaning of
Witchcraft », mais en 1959 lorsque ce livre sera publié Doreen et Gardner ne
seront plus en aussi bons termes.
Pour Doreen il était important que les activités de leur coven demeurent
discrètes (même sa mère n’était pas au courant de son initiation) alors que
Gerald voulait que le monde entier sache qu’il y avait encore des sorcières et
qu’il était possible de se faire initier. Cette divergence d’idée fut bien
souvent source de frictions entre les deux et peu à peu le coven s’est scindé en
deux clans : ceux qui tenaient au secret et ceux qui voulaient qu’on parle d’eux
dans les journaux.
Lors de l’été 1957 il arriva ce qui devait arriver, les deux clans ne
parvenaient plus à se supporter et Gardner essayait de se débarrasser de Doreen
qui n’était pas assez malléable à son goût et Doreen de son côté envisageait le
départ de Gerald Gardner. Finalement, les « anciens » sont partis de leur côté
et ont formé un coven autonome avec Doreen et Ned Grove à sa tête et les plus
jeunes dont Jack Bracelin et sa petite amie Dayonnis (T.C.) et quelques autres
ont conservé l’ancien groupe avec Gerald Gardner à sa tête. Dans les faits,
Dayonnis étant devenue GPs c’est elle et Bracelin son Grand Prêtre qui prirent
la tête du coven, mais de toute façon, Gerald Gardner résidant sur l’Ile de Man
il était plus facile que ce soient deux londoniens qui s’occupent du Coven.
Selon Fred Lamond, le coven de Doreen Valiente semble s'être dissout après
seulement 12 mois d’activité.
A la fin des années 1960 Doreen s’attaque à l’écriture de son premier livre (si
on ne compte pas le travail de recherche qu’elle a effectué pour « the Meaning
of Witchcraft ») qui sera publié en 1962 : « Where Witchcraft Lives », un livre
que je n’ai jamais réussi à consulter et qui semble fort rare de nos jours.
En 1964 deux proches de Doreen décèdent, sa mère et Gerald Gardner. Ces deux
décès ont profondément affecté Doreen qui avait oublié toute rancune vis à vis
de Gerald. Gerald Gardner l’a d’ailleurs couchée sur son testament et lui a
légué divers documents ainsi que 200 £ une somme importante pour l’époque.
Toujours en 1964, Doreen s’est rapprochée de Robert Cochrane et elle fut initiée
dans son groupe sorcier. Dans un premier temps les pratiques de ce groupe ont
fortement impressionné Doreen mais peu à peu les prétentions de Cochrane et son
obsession pour les potions magiques à base de plantes ont fait réfléchir Doreen
et peu à peu elle a sérieusement mis en doute le côté « traditionnel » des
pratiques du groupe de Cochrane et finalement elle a aussi quitté ce groupe.
En juin 1966 Doreen est hospitalisée pour une opération, à son retour son époux
lui remet une lettre de Robert Cochrane où il lui dit que quand elle lira cette
lettre il sera mort. Affolée elle téléphone de suite à des gens qui vivent près
de chez lui, mais ils ne peuvent que lui confirmer le décès. Par la suite Doreen
s’est dit que si elle n’avait pas été hospitalisé elle aurait lu cette lettre
plus tôt et aurait pu empêcher la mort de Cochrane.
En 1972 nouveau coup dur, Casimiro Valiente décède en avril. Doreen se retrouve
à nouveau seule. Ainsi elle se replie sur elle et se met à écrire. Ce fut tout
d’abord « An ABC of Witchcraft » en 1973 puis deux ans plus tard « Natural Magic
» qui est selon moi son meilleur livre.
Dans les années 70 des Membres du Parlement anglais ont souhaité remettre en
place des lois contre la sorcellerie, mais Doreen fut de ceux qui se sont battus
contre le projet et ces nouvelles lois n’ont jamais vu le jour.
En 1980 un livre « A History of Witchcraft » est publié. Une des thèses de son
auteur J. Russell est que « Old Dorothy » n’est qu’un personnage fantôme inventé
par Gerald Gardner et par conséquent que Gerald Gardner n’ait jamais été initié
dans un « prétendu coven sorcier ». Doreen Valiente ne put accepter un tel
discours, elle est donc partie à la chasse de traces de l’existence de « Old
Dorothy ». Son enquête se révéla fructueuse puisqu’elle mit la main sur son
extrait de naissance et son testament. Depuis d’autres preuves de l’existence de
Dorothy ont été trouvées puisque Philip Heselton a publié des photos de Dorothy
Fordham Clutterbuck, des extraits de son journal ainsi que divers autres
documents la concernant. On retrouve le résultat des recherches de Doreen sur
Old Dorothy en appendice de « Eight Sabbats for Witches » des Farrar.
En 1988 paraît « Witchcraft for Tomorrow» son livre le plus populaire (en France
en tout cas). On y retrouve entre autres un texte sur Esbat qu’elle a vécu à
l’époque où elle faisait partie du groupe de Robert Cochrane et où ils ont
revécu une chasse sauvage dans les bois situés non loin de chez Cochrane.
En 1995 John Belham-Payne qui est devenu son dernier partenaire magique la
convainct de prendre la tête du « Centre pour les Etudes Païennes » qu’il avait
fondé. C’est d’ailleurs à ce centre que Doreen a fait son ultime apparition
publique.
Doreen Valiente a passé les dernières années de sa vie à Brighton dans le
Sussex, luttant contre le cancer qui l’a finalement emportée ce qui ne l’a pas
empêchée de travailler avec Evan John Jones à l’écriture d’un livre sur Robert
Cochrane, Tubal Cain et leurs rituels. Le livre sera publié en 1999 sous le
titre de « Witchcraft, a Tradition Renewed ».
Elle s’est désincarnée le 1er septembre 1999 à 6H55 dans les bras de John
Belham-Payne et de son épouse July.
Selon ses dernières volontés elle a légué presque tous ses biens à John
Belham-Payne. Parmi les très nombreux objets et documents légués il faut noter
qu’une partie d’entre eux avaient été donnée à Doreen par Gerald Gardner (dont
son propre Livre des Ombres).
C’est John Belham-Payne qui s’est chargé du service funèbre et c’est lui qui a
fait publié l’ultime livre posthume de Doreen « Charge of the Goddess » un livre
avec des poésies inédites écrites par Doreen dont certaines peuvent fort bien
servir lors de rituels.
retour
|