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La Pratique Magique de Rosaleen Norton
Voyages en transe (à relire)
par Nevill Drury

Comme nous l’avons vu, les voyages en transe magique sont devenus une caractéristique centrale de la pratique magique de Rosaleen Norton après qu’elle ai commencé à pratiquer l’autohypnose à l’âge de 23 ans. L’exploration par Rosaleen Norton des états de transe était également au cœur de son processus créatif en tant qu’artiste... Il est pertinent de noter ici que plusieurs des œuvres de Rosaleen Norton des années 1940, des dessins comme « Astral Scene » et « The Sphinx », montrent clairement son corps nu, à l’horizontale, semblant inconscient avec des « formes-pensées » magiques jaillissant de sa tête. Dans « Astral Scene », un flux d’énergie blanche sort de la bouche de Rosaleen en zigzague et abouti en un sceau magique qui semble se diviser en deux « cornes » magiques et est causé apparemment par l’invocation réussie d’une divinité cornue. Cette divinité est décrite dans la légende qui l’accompagne comme étant « l’Egipanau visage cryptique [qui] représente l’Etre » [les majuscules sont de Rosaleen Norton]. La légende souscette œuvre, publiée dans le magazine Pix de juillet 1943 et manifestement écrite avec l’aide de Rosaleen Norton, identifie l’énergie en zig-zag comme étant « l’ectoplasme sortant de la bouche [de Rosaleen Norton] » et affirme qu’il s’agit du « corps astral » - cela indique clairement que Rosaleen Norton aété influencée par le spiritisme moderne ainsi que par d’autres aspects de la tradition ésotérique occidentale. L’ectoplasme est une substance éthérée dont on dit qu’elle émane des corps des médiums spirits lorsqu’ils sont en état de transe, permettant ainsi aux esprits décédés de se manifester visuellement pour l’audience réuniepour la séance. Cependant, le fait que la figure mythique de « l’Egipan au visage cryptique » soit apparue à Rosaleen Nortonlors de ce voyage en transe plutôt que la forme spirituelle d’une personne décédée ayant réellement vécue (qui serait ce qu’on attend normalementlors d’une séance spirite) montre que Rosaleen Norton utilisait les états de transe pour « projeter son corps astral » avec une intention magique, plutôt que pour jouer le rôle passif d’un médium spirite en transe. Dans « Sphinx and Her Secrets », l’intention magique associée à l’acte de projection astrale est encore plus claire. L’image est dominée par une tête de femme centrale ornée d’une coiffe égyptienne antique : cette figure incarne clairement la conception de Rosaleen Norton d’un Sphinx « féminin ». Deux autres êtres mythiques sont visibles derrière elle. L’un est une figure masculine nue avec des cornes circulaires - peut-être une représentation de Pan, l’autre est une déesse dévoilant sa poitrine et portant une robe cérémonielle. Le couvre-chef porté par la Sphinx féminin central est surmonté d’un serpent s’élevant d’une volute - une référence probable au serpent de la Kundalini –alors que juste derrière ce serpent, un orbe solaire rayonne de filaments d’énergie vaporeux, une allusion à la nature « ardente » du serpent.
Dans sa critique publiée dans Arnaen 1948 du travail artistiquede Rosaleen Norton, « The Art of Rosaleen Norton », Owen M. Broughton écrit que le personnage du Sphinx « est devenu synonyme de Mystère et est le Gardien des Secrets ». Broughton a aussi attiré l’attention sur le fait que la représentation nue de Rosaleen Norton, qui est représentée horizontale dans un état de transe, est représentée couchée sous la forme d’un yoni, une vulve - un symbole non seulement de la réceptivité de Rosaleen Norton aux forces d’autres plans et Dimensions of l’Etre », comme le dit Broughton, mais cela montre aussi l’intérêt de Rosaleen Norton pour le Tantra et le Kundalini Yoga. Broughton note aussi que « Le visage centrale est l’Esprit du Sphinx qui incarne le mystère de l’Etre - qui peut être appliqué à la fois à l’Etre en général et au Soi. Les deux personnages derrière et fusionnant avec le Sphinx représentent les ... principes actifs et passifs de la Nature et les principes Masculins et Féminins du Soi. »
Si Rosaleen Norton croyait être capable de contacter les « principes actifs et passifs de la Nature » en tant que formes divines sur les plans astraux - une capacité qu’elle a soulignée dans ce qu’elle a dit au psychologue L.J. Murphy - elle croyait aussi qu’elle avait rencontré l’entité qu’elle appelait l’Adversaire (Lucifer / Satan) sous la forme d’une présence incarnée et tangible. Dans une interview de Rosaleen Nortonque j’ai faite dans son appartement de Roslyn Gardens à Kings Cross en 1977, elle m’a dit qu’elle considérait Lucifer non pas comme « mauvais », mais comme l’Adversaire naturel de l’humanité. Pour reprendre les mots de Rosaleen Norton :

Il lie et limite l’homme lorsqu’il apparaît qu’il devient trop ambitieux. Il essaie de tromper l’homme, mais pas avec une intention malveillante, afin d’exposer les limites de l’ego et la fierté de l’homme dans sa propre existence.

Le concept de Rosaleen Norton de Lucifer est aussi mentionné dans l’article de Broughton de 1948, dont il a été question plus haut. Ici, Broughton écrit que le portrait de Rosaleen Norton, « The Adversary », « représente le ‘Principe d’Opposition’opérant dans la Nature - le grand personnage étant la personnification de ce principe et le petit personnage représentant l’homme tentant de défier un pouvoir indestructible. »
Rosaleen Norton m’a dit lors de l'interview de 1977 qu’elle avait invoqué « intérieurement» et « intuitivement » les dieux.Lorsque j’ai demandé à Rosaleen Norton si les « dieux » et l’univers magique en général pouvaient être considérés comme une projection de la réalité existentielle de l’humanité, Rosaleen Norton a catégoriquement rejeté cette approche. Rosaleen Norton m’a clairement fait comprendre que, pour elle, les dieux existaient en eux même et n’était pas simplement des projections de la psyché, et elle croyait que c’était une approche « très égoïste et égocentrique qui place l’homme sur un piédestal dans la création. » Rosaleen Norton a aussi souligné qu’elle connaissait des entités magiques comme Hécate, Lucifer et Pan et qu’elles ne sont pas comme des extensions de sa propre conscience, mais bien des êtres qui [l’]honoraient de leur présence si eux en avait envie [c’est Rosaleen Norton qui met l’accent sur eux] et qui n’étaient pas soumis à sa volonté. » Dans mes notes de l’entretien de 1977 avec Rosaleen Nortonon peut lire :

Elle dit qu’elle a retrouvé certaines des qualités de ces dieux dans son propre tempérament et c’est un catalyseur naturel qui rend leur invocation beaucoup plus facile et plus efficace. Mais elle ne les contient pas à la manière de la pratique occulte consistant à « prendre la forme divine » par exemple. Elle allait avec eux sur les plans astraux, et à différentes occasions, il est possible qu’ils montrent différents aspects, ou facettes, de leur propre puissance magique.

Les voyages en transe magiques de Rosaleen Norton ont toujours eu lieu dans un endroit sûr. Selon Cecily Boothman la sœur aînée de Rosaleen Norton, Rosaleen avait l’habitude de quitter Kings Cross pour aller à Kirribilli au bas de la CôteNord près du pont de Port de Sydney, pour entreprendre certains de ces voyages en transe. Boothman vivait dans un vieil immeuble sur l’avenue Kirribilli avec de grandes fenêtres donnant sur le port. Selon Boothman, Rosaleen Norton considérait cet appartement comme sa seconde maison et y passait souvent du temps. Il y avait un arbre spécial dans un parc pas très loin et « Roie allait méditer près de lui, entrait en transe et communiquait avec l’esprit de l’arbre. » Selon mes notes prises lors d’une interview faite en août 1986, Boothman savait très bien que sa sœur avait une capacité naturelle à entrer dans des états de transe et d’autres formes de conscience dissociées, et elle était disposée à l’aider dans ce processus. A une occasion, Boothman était présente lorsque Rosaleen Norton est entré dans un état de transe en continu sur une période de cinq jours. Boothman a laissé de l’eau à côté d’elle et compris que le corps de sa sœur « ne devait pas être dérangé ».
Rosaleen Norton a aussi confirmé dans son article autobiographique «Les sorcières ne veulent pas de Recrues », publié en janvier 1957, que ses voyages en transe pouvaient durer jusqu’à cinq jours :

... il y a quelques années, j’ai vécu une transe profonde de cinq jours. Peu de temps après, j’ai rencontré un moine bouddhiste de Birmanie, qui était expert en la matière. Il semblait stupéfait lorsque je lui ai décrit le contenu de cette transe et, après m’avoir interrogé longuement sur le sujet, il a déclaré que c’était sans aucun doute ce que certaines écoles bouddhistes appellent la « Transe de l’Annihilation ».

Bien que toute interprétation de l’expérience de Rosaleen Nortonde la « transe de l’Annihilation » doive nécessairement rester spéculative, il semble clair qu’elle avait la capacité d’entrer dans des états de transe profonde dans lesquels elle faisait des expériences métaphysiques impliquant des rencontres avec des entités mythiques et magiques telles que Pan, Hécate, l’Adversaire (Lucifer / Satan) et Lilith... La reproduction des « formes divines » associées à ces êtres magiques est devenue une caractéristique centrale du processus de création artistique de Rosaleen Norton au cours des années 1940 et 1950…
Un autre point intéressant concerne la représentation d’elle-mêmepar Rosaleen Norton : nue lorsqu’elle est en état de transe. Selon Cecily Boothman, c’était un moyen symbolique indiquant qu’un « voyage de l’esprit » était en cours. Boothman maintenait que Rosaleen Norton pensait qu’il serait moins efficace de se représenter elle-même portant des vêtements.

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Dans la joie nous nous sommes réunis, dans la joie nous nous séparons et dans la joie nous nous retrouverons!