La Wica

  Le NROOGD

  Dion Fortune & The Society of Inner Light

  Alex Sanders & la Tradition Alexandrienne

  Chamanisme / Faery / Huna

  Magie Enochienne

  Reclaiming / Feri / 3rd Road

  Thelema

  Tubal Cain

  Autres
    Charles Cardell et le Coven d'Atho
    Bill Gray et le Sangreal
    Madeline Montalban
    Rosaleen Norton
    Wicca Germanique

    Majestic Order

    Coutumes et Traditions

    Projections Astrales

    L'Oracle Rider-Waite

    Crapaud et Sorcellerie

    Hécate

    Cordes et Ficelles

    Sorcellerie au Cinéma
   
 Divination
    Divers

La Librairie

Le Cercle de la Pierre Sorcière

Liens

Dernières mises à jour du site


 

La Pratique Magique de Rosaleen Norton
Le Récit de Doreen Valiente sur le coven de Rosaleen Norton
par Nevill Drury


On trouve aussi des informations sur le coven de Rosaleen Norton dans le livre intitulé « The Rebirth of Witchcraft » de Doreen Valiente (1922-1999) la célèbre sorcière britannique, qui fut à une époque la Grande Prêtresse du coven de Gerald Gardner et qui a contribué à développer des procédures rituelles clés dans le renouveau de la sorcellerie contemporaine. Doreen Valiente avait obtenu ces informations sur Rosaleen Norton et ses activités rituelles de Leslie Roberts, un journaliste britannique, qui a aussi travaillé comme serveur sur le paquebot S.S.Orcades qui faisait la route maritime entre la Grande-Bretagne et l’Australie à la fin des années 1950. Doreen Valiente avait précédemment parlé à Leslie Roberts de Rosaleen Norton ce qui lui a donné envie de chercher à la rencontrer. Rosaleen Norton avait envoyé à Gerald Gardner une copie de The Art of Rosaleen Norton, et c’est ainsi que Doreen Valiente elle-même avait entendu pour la première fois parler de la sorcière et artiste australienne.
Selon Doreen Valiente, Leslie Roberts a localisé Rosaleen Norton peu de temps après que l’Orcades ai accosté à Sydney en 1959, et ils se sont bien entendus tous les deux. Doreen Valiente a écrit à propos de Roberts :

Il ne fallut pas longtemps avant qu’il ne soit initié dans le coven de Rosaleen. J’ai les notes de Leslie Roberts prises en vitesse sur les événements et dédicacées par Rosaleen Norton elle-même. Il a également consigné de nombreuses informations personnelles sur Rosaleen.

Selon les notes de Leslie Robert, la tradition sorcière de Rosaleen Norton était connue sous le nom de « La Confrérie du Bouc » et cette branche de l’Ancienne Religion avait été amenée en Australie à l’époque coloniale par des personnes ayant été expulsées de Grande-Bretagne suite à une condamnation. Doreen Valiente a dit que certains des noms associés au coven de Rosaleen Norton avaient une saveur galloise et cela peut venir du fait que « la famille de Rosaleen était d’origine galloise » :

L’initiation du premier degré était appelée « Consurier » qui est un ancien mot Gallois pour « sage-femme » ou « rebouteux ». Une phrase du rituel disait : « En marchant dans la lande j’ai rencontré des amis. J’ai été dans le chaudron et j’en suis ressorti. Ils m’ont dit que je suis un des archers verts de Pryderie. » Pryderie étant un des héros des Mabinogion l’ancienne légende Galloise truffée de magie et de mystères. Ses héros et héroïnes sont probablement les anciens dieux sous une apparence moyenâgeuse dont les bardes gallois ont chanté les aventures après la christianisation du Pays de Galles. Pryderie semble avoir été l’enfant miraculeux de la Reine Rhiannon, qui est une personnification de la déesse mère elle-même.

C’est peut-être à cause de son ascendance galloise que Rosaleen a accepté Leslie si facilement comme membre de son coven. Son nom complet était Leslie Tudor Roberts et il pensait descendre d’un Gallois du nom de Tudor Roberts qui était chambellan à la cour d'Henry VIII.

Pour ce qui est des outils magiques et de la nudité rituelle, selon les notes que Doreen Valiente a reçues de Roberts, les pratiques rituelles suivantes étaient caractéristiques du coven de Rosaleen Norton :

Certains des rites de Rosaleen étaient pratiqués nus, mais souvent elle préférait qu’ils soient vêtus et elle et son coven utilisaient de nombreux masques rituels ayant l’apparence de têtes d’animaux et d’oiseaux.

Les Sabbats étaient les mêmes que ceux des sorcières européennes, mais bien sûr, les saisons australiennes étant décalées par rapport au calendrier européen leurs Sabbats l’étaient aussi…

Comme les sorcières gardneriennes, Rosaleen et son coven utilisaient des « outils de travail » mais ils n’en avaient pas autant que ceux dont il était question dans les rituels de Gardner. Ils étaient au nombre de cinq, à savoir l’athamé (air), la coupe (eau), l’encensoir (feu), le pentacle (terre) et la corde (esprit). Ils utilisaient souvent de cordes consacrées dans leur pratique. Ils y avaient aussi un repas rituel avec du vin et des gâteaux, les gâteaux étant préparés spécialement à partir de farine complète, d’huile d’olive et de miel. Le vin était bu dans une corne qui était passée dans le cercle dans le sens des aiguilles d’une montre.

Doreen Valiente donne aussi les détails d’un texte tiré du rituel d’initiation que Leslie Roberts dit avoir reçu de Rosaleen Norton. Cela s’appelait Le Premier Savoir et, selon Doreen Valiente, « Leslie m’a laissé copier ceci. »
Le texte dit :

L’Art n’est qu’une partie de la Voie et il ne faut pas les confondre. Mais en soi, il est important, car il peut être utilisé pour alléger les fardeaux et aider au Grand Oeuvre. L’Art n’est pas pour les faibles. Si tu étais faible, tu ne serais pas là. Ainsi, sache cela : certains ont le pouvoir, la plupart ne l’ont pas. Si tu l’as, il jaillit de l’intérieur de toi, de la volonté, du mental et de l’esprit, et il peut être lié à des symboles externes. Il doit croître grâce à la pratique, à mesure que tu acquières des connaissances et des compétences. Les outils, les mots, les symboles et les sorts sont tes outils de travail. Tu dois être guidé par les Dieux qui habitent l’esprit et le corps. Les Officiers du coven te parleront des Dieux, car ce savoir est trop secret pour être couché sur papier. Rappelle-toi toujours que tu dois être plus fort que les puissances que tu évoques. Savoir comment cela se fait est l’un des signes de la maîtrise. Ainsi, à l’Oeuvre, et à la connaissance qui est joie et force et lumière et vie éternelle.

Doreen Valiente admet avoir légèrement modifié le texte de l’original et écrit : « Je pense que cela donne une bonne idée de l’attitude de Rosaleen vis-à-vis de la sorcellerie. » Mais il est très douteux que Rosaleen Norton ait pu écrire elle-même ce texte. Rosaleen Norton n’était pas du genre à écrire dans un style d’écriture aussi formel et pontifiant, et le sérieux artificiel de phrases telles que : « Ainsi, sache cela : certains ont le pouvoir, la plupart ne l’ont pas. » Et le ton presque chrétien de « Ainsi, à l’Oeuvre, et à la connaissance qui est joie et force et lumière et vie éternelle » ne peuvent venir des lèvres ou de la plume de Rosaleen Norton. Elle était, après tout, une créature de la nuit et l’avait déjà dit à de nombreuses reprises. Rosaleen Norton ne fait référence à ses procédures magiques sous l’appellation « d’œuvre » dans aucun de ses articles ou interviews antérieurs, nous pouvons donc déduire que, s’il est authentique, Le Premier Savoir était un document que Rosaleen Norton avait trouvé ailleurs. Ce texte était probablement d’origine britannique, où le formalisme rituel était plus mis en avant dans les cercles occultes. Il est possible qu’à l’époque où Leslie Roberts l’a rencontrée à Sydney, Rosaleen Norton avait incorporé Le Premier Savoir dans les activités de son groupe magique local, même s’il n’en est pas question dans l’interview de 1955 de Thompson mentionnée plus tôt, qui comprend des détails rituels fournis par Rosaleen Norton elle-même.
Il est possible qu’en 1959 - trois ans après le départ de Sir Eugene Goossens – le fait de s’attribuer une sorte de « lignée occulte » ait pris de l’importance pour Rosaleen Norton, ou l’un de ses partenaires magiques proches, comme cela avait aussi été le cas pour les sorcières en Grande-Bretagne qui tenaient à démontrer qu’elles faisaient renaître la lignée oubliée de l’Ancienne Religion. L’orientation prétendument galloise de la lignée sorcière personnelle de Rosaleen Norton est aussi très discutable. Son père était anglais et sa mère était néo-zélandaise et d’origine juive. Plus important encore, depuis le début, Rosaleen Norton l’avait affirmé clairement - et cela est confirmé par ses articles autobiographiques dans l’Australasian Post en 1956 et 1957 ainsi que par des références dans l’interview de Thompson de 1955 - sa divinité principale était Pan et non l’une des divinités celtiques galloises, et les autres divinités centrales de son art et de sa cosmologie magique personnelle étaient Hécate, Lilith et l’Adversaire (Lucifer). D’autres éléments de la pratique rituelle de Rosaleen Norton - comme cela ressort clairement des preuves textuelles qui relient une partie de sa pensée et de sa pratique rituelle aux écrits d’Aleister Crowley et des photographies, dont il a déjà été question, montrent qu’elle a invoqué des archanges Juifs comme Uriel - indiquent qu’elle était plus influencée par la magie de l’Ordre Hermétique de l’Aube Dorée et de Thelema que par la tradition celtique.
Il y a une autre déclaration quelque peu surprenante dans le récit de Doreen Valiente. Doreen Valiente écrit que :

les membres du coven de Rosaleen Norton avaient une poignée de main spéciale qu’ils utilisaient entre eux. On a enseigné à Leslie cette poignée de main et il l’a toujours utilisée avec ses amis les plus proches. Je ne connais aucun autre coven qui utilise un signe comme celui-ci. Elle vient peut-être de sources maçonniques.

Les membres fondateurs de l’Ordre Hermétique de l’Aube Dorée étaient tous Francs-Maçons, et si cette poignée de main faisait effectivement partie des pratiques de coven de Rosaleen Norton à la fin des années 1950, il semble aussi que cette pratique ait été introduite pour renforcer la notion de lignée occulte secrète - une idée qui a peut-être été suggérée par l’un des partenaires magiques de Rosaleen Norton, mais elle n’est probablement pas venue de Rosaleen Norton elle-même. Nulle part dans les écrits de Rosaleen Norton ou dans sa longue interview avec L.J. Murphy à l’Université de Melbourne, qui était très approfondie, il n’est fait mention d’une composante maçonnique dans la pratique magique de Rosaleen Norton.
Mais, d’autres déclarations de Doreen Valiente sont certainement étayées par des faits corroborés. Doreen Valiente écrit que « les divinités invoquées par Rosaleen et son coven étaient appelée Pan et Hécate, bien que d’autres noms aient aussi été utilisés. » Cette affirmation est effectivement étayée par des déclarations de Rosaleen Norton ainsi que par des photographies prises en 1955 par le détective de la brigade des mœurs Bert Trevenar qui confirment les observations de D. L. Thompson, à savoir qu’il y avait deux autels dans l’appartement de Rosaleen Norton de Brougham Street – l’un dédié à Pan et le plus petit à Hécate. L’interview de Rosaleen Norton par Dave Barnes en 1956 fait aussi allusion à un autel rituel au Nord et au Sud. Il y a aussi des preuves allant dans le sens de la déclaration de Doreen Valiente selon laquelle le coven de Rosaleen Norton utilisait souvent des masques rituels ayant l’apparence de têtes d’animaux et d’oiseaux : des photographies de membres du coven masqués, y compris Rosaleen Norton elle-même, ont été publiées en octobre 1955 dans l’Australasian Post.
Doreen Valiente savait que plusieurs aspects de la pratique rituelle de Rosaleen Norton étaient improvisés et spontanés, un point récemment confirmé par le Magicien Dave Robinson (alias Wayland the Smith), qui était, au début des années 1960, un ami de Rosaleen Norton et un visiteur régulier de l’appartement de Brougham Street. Doreen Valiente savait aussi que Rosaleen Norton avait prêté un serment d’allégeance à Pan, elle a écrit : « ... elle n’avait jamais lu ce rituel nulle part. Il lui est juste venu comme ça, instinctivement », une affirmation qui est clairement en contradiction avec la notion voulant que Rosaleen Norton était d’une lignée sorcière galloise celtique remontant à l’époque des déportations. Il est donc évident que si certains détails du récit de Doreen Valiente peuvent être corroborés par d’autres sources, y compris les propres déclarations de Rosaleen Norton, d’autres détails fournis par Leslie restent contradictoires et malgré les contradictions entre ce que Leslie Roberts a partagé avec Doreen Valiente et ce qu’on sait de Rosaleen Norton, un point reste incontestable : le nom de Leslie Roberts est l’un des rares qui peut être indubitablement lié au groupe magique de Rosaleen Norton dans les années 1950 - nous le savons parce que Doreen Valiente a pu voir des documents du coven australien qui portaient la signature de Rosaleen Norton.
Qui d’autre est connu comme l’un des premiers membres du coven magique de Rosaleen Norton ? Bill Turnbull était l’un des « amis occultes » de longue date de Rosaleen Norton, pour reprendre l’expression quelque peu étrange de Cecily Boothman. Rosaleen Norton lui a légué son athamé [son couteau magique] et d’autres outils magiques par testament. Le fait que Turnbull ait reçu les outils rituels ayant appartenu à Rosaleen Norton elle-même, y compris son précieux couteau de cérémonie, suggère fortement qu’il était un membre depuis longtemps de son cercle magique, mais on ne sait pas pendant combien de temps Turnbull fut membre du coven. Walter Glover, l’éditeur de Rosaleen Norton, a affirmé connaître trois autres personnes qui, selon les rumeurs, appartiendraient au cercle magique de Rosaleen Norton : il a parlé de Jack Davey, le célèbre animateur de radio, George Nathan, un riche bookmaker juif et Henry Foster, un ingénieur spécialisé dans l’entretien des fours et qui travaillait dans une boulangerie à Bondi Junction. Selon Glover, Foster était le « grand prêtre » du coven de Rosaleen Norton et les preuves circonstancielles fournies précédemment suggèrent que c’était peut-être lui qui avait été désigné sous le nom de M. Abrahams puis le Crapaud, dans l’interview de D.L. Thompson. Plus récemment, en juin 1999, Ned McCann un romancier écrivant des livres policiers se déroulant à Sydney, a appris du détective Bert Trevenar que des « rumeurs malveillantes » circulaient au moment du départ de Sir Eugene Goossens affirmant que Sir Charles Moses, directeur général de l’Australian Broadcasting Commission et son assistant, A.N. (Huck) Finlay était aussi membre du coven, mais cette assertion n’a jamais été prouvée. En dehors de ces liens possibles - dont plusieurs sont spéculatifs et non étayés - aucune information supplémentaire sur le petit cercle des partenaires magiques de Rosaleen Norton n’a été fournie. Il y a, pourtant, un partenaire proche de Rosaleen Norton dont l’activité magique dans son cercle magique a été documentée en détail. Il s’agit de Sir Eugene Goossens, et les pratiques rituelles dans lesquelles lui et Rosaleen Norton étaient engagés incluaient diverses formes de magie sexuelle basées en grande partie sur les enseignements Thélémiques et les pratiques d’Aleister Crowley.


retour

     

 

Dans la joie nous nous sommes réunis, dans la joie nous nous séparons et dans la joie nous nous retrouverons!