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La Pratique Magique de Rosaleen Norton
On trouve aussi des informations sur le coven de Rosaleen Norton dans le livre intitulé « The Rebirth of Witchcraft »
de Doreen Valiente (1922-1999) la célèbre sorcière britannique, qui fut
à une époque la Grande Prêtresse du coven de Gerald Gardner et qui a
contribué à développer des procédures rituelles clés dans le renouveau
de la sorcellerie contemporaine. Doreen Valiente avait obtenu ces
informations sur Rosaleen Norton et ses activités rituelles de Leslie
Roberts, un journaliste britannique, qui a aussi travaillé comme
serveur sur le paquebot S.S.Orcades
qui faisait la route maritime entre la Grande-Bretagne et l’Australie à
la fin des années 1950. Doreen Valiente avait précédemment parlé à
Leslie Roberts de Rosaleen Norton ce qui lui a donné envie de chercher
à la rencontrer. Rosaleen Norton avait envoyé à Gerald Gardner une
copie de The Art of Rosaleen Norton,
et c’est ainsi que Doreen Valiente elle-même avait entendu pour la
première fois parler de la sorcière et artiste australienne. Il ne fallut pas longtemps avant qu’il ne soit initié dans le coven de Rosaleen. J’ai les notes de Leslie Roberts prises en vitesse sur les événements et dédicacées par Rosaleen Norton elle-même. Il a également consigné de nombreuses informations personnelles sur Rosaleen. Selon les notes de Leslie Robert, la tradition sorcière de Rosaleen Norton était connue sous le nom de « La Confrérie du Bouc » et cette branche de l’Ancienne Religion avait été amenée en Australie à l’époque coloniale par des personnes ayant été expulsées de Grande-Bretagne suite à une condamnation. Doreen Valiente a dit que certains des noms associés au coven de Rosaleen Norton avaient une saveur galloise et cela peut venir du fait que « la famille de Rosaleen était d’origine galloise » : L’initiation
du premier degré était appelée « Consurier » qui est un ancien mot
Gallois pour « sage-femme » ou « rebouteux ». Une phrase du rituel
disait : « En marchant dans la lande j’ai rencontré des amis. J’ai été
dans le chaudron et j’en suis ressorti. Ils m’ont dit que je suis un
des archers verts de Pryderie. » Pryderie étant un des héros des
Mabinogion l’ancienne légende Galloise truffée de magie et de mystères.
Ses héros et héroïnes sont probablement les anciens dieux sous une
apparence moyenâgeuse dont les bardes gallois ont chanté les aventures
après la christianisation du Pays de Galles. Pryderie semble avoir été
l’enfant miraculeux de la Reine Rhiannon, qui est une personnification
de la déesse mère elle-même. C’est peut-être à cause de son ascendance galloise que Rosaleen a accepté Leslie si facilement comme membre de son coven. Son nom complet était Leslie Tudor Roberts et il pensait descendre d’un Gallois du nom de Tudor Roberts qui était chambellan à la cour d'Henry VIII. Pour ce qui est des outils magiques et de la nudité rituelle, selon les notes que Doreen Valiente a reçues de Roberts, les pratiques rituelles suivantes étaient caractéristiques du coven de Rosaleen Norton : Certains
des rites de Rosaleen étaient pratiqués nus, mais souvent elle
préférait qu’ils soient vêtus et elle et son coven utilisaient de
nombreux masques rituels ayant l’apparence de têtes d’animaux et
d’oiseaux. Les Sabbats étaient les mêmes que ceux des sorcières européennes, mais bien sûr, les saisons australiennes étant décalées par rapport au calendrier européen leurs Sabbats l’étaient aussi… Comme les sorcières gardneriennes, Rosaleen et son coven utilisaient des « outils de travail » mais ils n’en avaient pas autant que ceux dont il était question dans les rituels de Gardner. Ils étaient au nombre de cinq, à savoir l’athamé (air), la coupe (eau), l’encensoir (feu), le pentacle (terre) et la corde (esprit). Ils utilisaient souvent de cordes consacrées dans leur pratique. Ils y avaient aussi un repas rituel avec du vin et des gâteaux, les gâteaux étant préparés spécialement à partir de farine complète, d’huile d’olive et de miel. Le vin était bu dans une corne qui était passée dans le cercle dans le sens des aiguilles d’une montre. Doreen
Valiente donne aussi les détails d’un texte tiré du rituel d’initiation
que Leslie Roberts dit avoir reçu de Rosaleen Norton. Cela s’appelait
Le Premier Savoir et, selon Doreen Valiente, « Leslie m’a laissé copier
ceci. » L’Art n’est qu’une partie de la Voie et il ne faut pas les confondre. Mais en soi, il est important, car il peut être utilisé pour alléger les fardeaux et aider au Grand Oeuvre. L’Art n’est pas pour les faibles. Si tu étais faible, tu ne serais pas là. Ainsi, sache cela : certains ont le pouvoir, la plupart ne l’ont pas. Si tu l’as, il jaillit de l’intérieur de toi, de la volonté, du mental et de l’esprit, et il peut être lié à des symboles externes. Il doit croître grâce à la pratique, à mesure que tu acquières des connaissances et des compétences. Les outils, les mots, les symboles et les sorts sont tes outils de travail. Tu dois être guidé par les Dieux qui habitent l’esprit et le corps. Les Officiers du coven te parleront des Dieux, car ce savoir est trop secret pour être couché sur papier. Rappelle-toi toujours que tu dois être plus fort que les puissances que tu évoques. Savoir comment cela se fait est l’un des signes de la maîtrise. Ainsi, à l’Oeuvre, et à la connaissance qui est joie et force et lumière et vie éternelle. Doreen
Valiente admet avoir légèrement modifié le texte de l’original et écrit
: « Je pense que cela donne une bonne idée de l’attitude de Rosaleen
vis-à-vis de la sorcellerie. » Mais il est très douteux que Rosaleen
Norton ait pu écrire elle-même ce texte. Rosaleen Norton n’était pas du
genre à écrire dans un style d’écriture aussi formel et pontifiant, et
le sérieux artificiel de phrases telles que : « Ainsi, sache cela :
certains ont le pouvoir, la plupart ne l’ont pas. » Et le ton presque
chrétien de « Ainsi, à l’Oeuvre, et à la connaissance qui est joie et
force et lumière et vie éternelle » ne peuvent venir des lèvres ou de
la plume de Rosaleen Norton. Elle était, après tout, une créature de la
nuit et l’avait déjà dit à de nombreuses reprises. Rosaleen Norton ne
fait référence à ses procédures magiques sous l’appellation « d’œuvre »
dans aucun de ses articles ou interviews antérieurs, nous pouvons donc
déduire que, s’il est authentique, Le Premier Savoir
était un document que Rosaleen Norton avait trouvé ailleurs. Ce texte
était probablement d’origine britannique, où le formalisme rituel était
plus mis en avant dans les cercles occultes. Il est possible qu’à
l’époque où Leslie Roberts l’a rencontrée à Sydney, Rosaleen Norton
avait incorporé Le Premier Savoir
dans les activités de son groupe magique local, même s’il n’en est pas
question dans l’interview de 1955 de Thompson mentionnée plus tôt, qui
comprend des détails rituels fournis par Rosaleen Norton elle-même. les membres du coven de Rosaleen Norton avaient une poignée de main spéciale qu’ils utilisaient entre eux. On a enseigné à Leslie cette poignée de main et il l’a toujours utilisée avec ses amis les plus proches. Je ne connais aucun autre coven qui utilise un signe comme celui-ci. Elle vient peut-être de sources maçonniques. Les
membres fondateurs de l’Ordre Hermétique de l’Aube Dorée étaient tous
Francs-Maçons, et si cette poignée de main faisait effectivement partie
des pratiques de coven de Rosaleen Norton à la fin des années 1950, il
semble aussi que cette pratique ait été introduite pour renforcer la
notion de lignée occulte secrète - une idée qui a peut-être été
suggérée par l’un des partenaires magiques de Rosaleen Norton, mais
elle n’est probablement pas venue de Rosaleen Norton elle-même. Nulle
part dans les écrits de Rosaleen Norton ou dans sa longue interview
avec L.J. Murphy à l’Université de Melbourne, qui était très
approfondie, il n’est fait mention d’une composante maçonnique dans la
pratique magique de Rosaleen Norton.
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