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La Pratique Magique de Rosaleen Norton Drogues et Sortilèges (à relire) par Nevill Drury 
En
théorie, on aurait pu s’attendre à ce que Rosaleen Norton suive
l’exemple d’Aleister Crowley et qu’elle utilise fréquemment des drogues
psychotropes pour induire des états de conscience « magiques ». Mais,
il n’a été confirmé dans aucun document existant que c’était un aspect
important de la pratique magique de Rosaleen Norton. Crowley était un
toxicomane régulier et tenait des registres méticuleux de ses
expériences avec le laudanum, l’opium, la cocaïne, le haschisch,
l’alcool, l’éther et l’héroïne. De plus, à la fin de sa vie, il était
dépendant à l’héroïne et avait besoin d’injections régulières pour le
stimuler. Crowley a probablement été initié à l’usage magique des
drogues par son mentor Allan Bennett et à Paris au cours des années
1920, il a expérimenté avec l’Anhalonium lewinii,
le cactus produisant de la mescaline, encore appelé peyote. Mais, en
dehors de l’utilisation d’onguent de vol décrite par Eugene Goossens
dans ses lettres, la consommation de drogue semble avoir été une
caractéristique relativement faible des pratiques magiques de Rosaleen
Norton et peut en effet être plus spécifiquement associée à ses
processus créatifs de création artistique qu’à ses activités rituelles.
Il semblerait également que, même si Rosaleen Norton aimait parfois se
présenter à la presse à sensation comme la « méchante sorcière de Kings
Cross », les sorts et les malédictions ne jouaient pas un rôle majeur
dans sa pratique magique.
Selon l’éditeur Walter Glover, lorsqu’il a rencontré pour la première
fois Rosaleen Norton à la fin 1951, « avant que Roie ne soit connue
comme une sorcière, [elle] avait peu de respect pour les soi-disant
sorcières et diseuses de bonne aventure ... à cette époque elle était
plutôt la fille qui s’était hypnotisée pour dessiner en transe. » Mais,
il y a des références occasionnelles dans la presse populaire de
l’utilisation par Rosaleen Norton de drogues psychotropes ainsi qu’à sa
capacité à créer des sorts et des malédictions magiques - ces éléments
ne sont donc pas entièrement absents de son répertoire magique et
doivent être reconnus.
Au cours d’audiences judiciaires tenues à la cour centrale de Sydney en
octobre 1955 sur les accusations liées aux photographies controversées
Honer / Ager, un psychiatre, le Dr S. J. Minogue, a produit un
certificat médical sur l’état mental de Rosaleen Norton. Le certificat
était daté du 18 octobre 1955, on pouvait y lire : « Ce document
certifie que ce jour j’ai examiné Mlle Rosaleen Norton. A mon avis,
elle souffre toujours des séquelles des drogues, essentiellement la
Dexédrine et la Méthédrine, et elle est incapable de concentration
soutenue. A l’heure actuelle, je pense que la procédure judiciaire lui
imposerait trop de pression, mais elle devrait être bien mieux dans un
mois. » M. A. Griffith, représentant Rosaleen Norton, a demandé que
l’audience de sa cliente soit renvoyée au 2 décembre 1955. En même
temps, il a été noté au cours de la procédure judiciaire que le
Tribunal de la Santé Mentale avait envoyé Gavin Greenlees dans une
institution et qu’il était susceptible de rester là-bas « pendant au
moins six mois ».
En plus de prendre de la Dexédrine et de la Méthédrine, Rosaleen Norton
prenait aussi des comprimés de Benzydrine. Dans l’une des lettres que
s’était procurées le détective Trevenar, Eugene Goossens exprime sa
préoccupation au sujet des symptômes de « crise cardiaque » auxquels
Rosaleen Norton a fait référence dans une correspondance précédente :
Goossens l’avertit que les comprimés de benzédrine qu’elle consommait
sont susceptibles de produire de tels symptômes, « surtout quand tu
n’as rien mangé ».
La Dexédrine, la Méthédrine et la Benzédrine sont des formes
d’amphétamine, des stimulants chimiques qui produisent des états
temporaires d’euphorie, de confiance et de vigilance mentale, mais qui
sont aussi associés à l’insomnie et à une légère irritabilité. La
dexédrine et la benzédrine sont toutes deux des formes de
dextroamphétamine, commercialisées sous des noms de marque différents
et sous différentes concentrations. La méthédrine est un nom générique
pour la méthamphétamine, une forme d’amphétamine associée à recherche
d’augmentation du plaisir sexuel. Selon la High Times Encyclopedia of Recreational Drugs (1978),
à mesure que la consommation d’amphétamines se poursuit ou que la dose
augmente ou que les périodes de sommeil diminuent, les effets
indésirables deviennent plus sévères, la personnalité est franchement
modifiée, avec très souvent des crises de paranoïa et de délires. Même
si au début l’utilisateur peut voir ce développement avec un certain
détachement intellectuel, une utilisation intensive chronique détruit
généralement l’équilibre mental et les perturbations mentales
deviennent singulièrement réelles.
En plus d’utiliser diverses amphétamines, il a aussi été écrit dans le Sydney Morning Herald en
avril 1972 que Rosaleen Norton avait admis utiliser le LSD pour trouver
l’inspiration pour son art. Considéré comme un amplificateur des états
émotionnels, des perceptions esthétiques et des entrées sensorielles de
l’esprit subconscient, le LSD reste l’une des drogues psychoactives les
plus puissantes jamais découverte. Dérivé de l’ergot (Claviceps purpurea)
et classé comme drogue « psychédélique » ou « débordement des idées »,
le LSD a été synthétisé pour la première fois par le Dr Albert Hofmann
aux laboratoires Sandoz à Bâle, en Suisse en 1938 et est devenu un
symbole de la contre-culture américaine à la fin des années 1960. Le
LSD avait des caractéristiques surprenantes et caractéristiques qui
l’auraient rendu particulièrement attrayant pour Rosaleen Norton. Elle
savait en particulier que les états de conscience accrue auxquels le
LSD donnait accès se traduisaient souvent par une plus grande
sensibilité artistique et mystique. Comme l’a noté le psychiatre Dr
Stanislav Grof dans Realms of the Human Unconscious: Observations from LSD Research:
De
nombreuses personnes ayant utilisé le LSD ont raconté que sous LSD
elles ont vécu des expériences esthétiques inhabituelles et ont entrevu
la nature du processus créatif… [et un autre] domaine où l’utilisation
du LSD semblait être plutôt révolutionnaire était la psychologie de la
religion .... certaines expériences sous LSD avait la forme
d’expériences religieuses et mystiques profondes assez similaires à
celles décrites dans les Ecritures saintes des grandes religions du
monde ...
L’utilisation
du LSD par Rosaleen Norton peut se refléter dans les couleurs intenses
et vibrantes associées à certaines de ses œuvres de la fin des années
1960 et des années 1970, mais aucun document notable n’a jusqu’à
présent émergé concernant son utilisation magique, inspirante ou
artistique du LSD. Pour le moment, toute corrélation perçue entre ses
pratiques magiques et son utilisation de stimulants altérant l’humeur
et de drogues psychédéliques reste purement spéculative.
Comme pour la consommation de drogue par Rosaleen Norton, les
références médiatiques à Rosaleen Norton comme jeteuse de sorts ou de
magicien noir, sont aussi relativement rares. Mais, un fois, Nan Javes,
journaliste au Sun a téléphoné à Rosaleen Norton en février 1969.
Rosaleen Norton avait quitté son appartement de Brougham Street et
vivait maintenant dans une maison abandonnée de Sydney sur Bourke
Street. Lors de son entretien avec Javes, Rosaleen Norton s’est
qualifiée de « maître d’un coven » et s’est décrite elle-même ainsi que
les membres anonymes de sa religion sorcière comme potentiellement
hostiles et dangereux :
Il
est ridicule de dire que nous ne faisons jamais de mal. Si nous
n’étions pas capables de combattre les gens par des malédictions et des
charmes, nous ne pourrions pas survivre. Mais nous voici au XXe siècle,
plus forts que jamais. Bien sûr, nous faisons parfois aussi le bien. Le
genre de personnes sur lesquelles je pourrais jeter un sort sont celles
qui font du mal à moi ou à l’un de mes proches. Je ne le ferais
peut-être pas immédiatement si les circonstances n’étaient pas
propices, mais vous pouvez parier votre vie que je le ferai à un moment
ou un autre - et ça marche ! »
Au cours d’une interview avec Robert Drewe le célèbre journaliste et écrivain, publiée deux ans plus tard dans le journal Australian,
Rosaleen Norton a expliqué que comme « maître d’un coven de la branche
Wicca du culte des sorcières », elle présidait désormais quatre fois
par an les grandes réunions rituelles. La Chandeleur sera la prochaine
cérémonie qui sera célébrée par son coven. Sentant peut-être le coté
théâtrale de la chose, Rosaleen Norton a ensuite ajouté :
Nous
festoyons, dansons et buvons. Le côté sexuel des choses est très
important. Nous invoquons des divinités et des esprits et nous oeuvrons
à formuler tout ce que nous voulons mutuellement par des sorts, et
aussi des choses que nous voulons pour nous-mêmes. La magie noire est
une chose très personnelle. Elle fait partie intégrante de nos vies.
Si
Rosaleen Norton se voyait vraiment à cette époque comme « maître d’un
coven de la branche Wicca du culte des sorcières », c’est-à-dire comme
l’homologue australien du « Roi des Sorcières » britannique, Gerald
Gardner (à qui elle avait envoyé une copie de son livre The Art of Rosaleen Norton),
elle ne se serait pas présentée comme une adepte de magie noire.
Gardner et les siens étaient convaincus que le renouveau de la Wicca en
Grande-Bretagne se concentrait surtout sur les rites de fertilité,
l’imagerie de la Déesse et le cycle des saisons, et n’avait rien à voir
avec la magie noire, les maléfices ou le satanisme. Mais, qualifier sa
pratique rituelle de « magie noire » faisait peut-être partie de la
stratégie de Rosaleen Norton pour impressionner Drewe lors de leur
rencontre. « Certaines des choses qu’ils [c’est à dire les sorcières du
coven de Rosaleen Norton] peuvent vouloir ensemble ou individuellement,
» a écrit Drewe dans son article, « détruire un ennemi par une
malédiction ou un sort, et Rosaleen affirme être assez adroite à cela.
» Drewe cite ensuite à nouveau Rosaleen Norton :
«
Je me suis occupée de deux policiers qui étaient assez stupides pour
s’en prendre à moi… peu après, l’un a été contraint de démissionner des
forces de police, et l’autre, un sergent enquêteur, s’est rapidement
retrouvé à faire la circulation. »
Apparemment,
Rosaleen Norton n’a pas donné à Drewe les détails de son maléfice
contre les policiers en question et n’a pas cherché à détailler
l’efficacité ou non de son acte de « magie noire ».
Il y a, en effet, un véritable point d’interrogation lorsque Rosaleen
Norton affirme pratiquer la « magie noire ». Rosaleen Norton s’est
certainement orientée vers le côté « sombre » de la magie et s’est
sentie attirée par les Qliphoth,
les forces négatives de l’Arbre de Vie Kabbalistique. Mais, alors
qu’elle a indubitablement pratiqué la magie sexuelle Thélémique et
exploré des pratiques cérémonielles inspirées du Tantra de la Voie de
la Main Gauche et du Voodoo en plus de diverses formes de sorcellerie,
il y a peu ou pas de preuves qu’elle a utilisé ses pratiques magiques
pour faire du mal et nuire à autrui. Dans ce contexte, les remarques de
Rosaleen Norton à Robert Drewe et Nan Javes semblent quelque peu
exagérées.
A ce moment, Rosaleen Norton semble avoir été préoccupée par un besoin
de se mettre en avant dans la presse en tant que « sorcière » - un fait
auquel fait allusion Walter Glover, l’éditeur de Rosaleen Norton. Comme
cela a été dit plus tôt, lorsque Glover l’a rencontrée pour la première
fois, Rosaleen Norton ne se considérait pas comme une sorcière : « Elle
n’aimait pas qu’on la traite de sorcière », écrit Glover. « Je crois
que par la suite elle a trouvé commode pour ses affaires et de faire
comme les média en se déclarant ouvertement sorcière. » Dire qu’elle
est une sorcière « noire »
peut sembler encore plus dramatique, et faisait apparemment partie de
la stratégie médiatique de Rosaleen Norton du milieu des années 1960 au
début des années 1970.
Environ trois ans avant son interview avec Drewe, Rosaleen Norton avait
accepté de participer à une émission de télévision intitulée Seven Days,
diffusée à Sydney, sur Channel Seven, le 13 décembre 1967. Dans cette
émission on voyait une interviewe d’elle, préenregistrée où elle
portait un masque de tête de bouc et jetant un sort. Rosaleen Norton
avait été interviewée chez elle par deux journalistes, Phil Crookes et
Bryon Quigley, entourée de « tout l'attirail de sorcellerie, y compris
un autel » et était accompagnée par son chat, quelques salamandres et
un rat nommé Percy dont Rosaleen Norton a dit qu’elle l’entraînait à
devenir un « familier ». Rosaleen Norton apparemment cherchait à
impressionner Crookes et Quigley en présentant le même personnage de «
sorcière-maudissante » qu’elle mettait en avant dans son interview
médiatique avec Drewe trois ans plus tard. Crookes a décrit ce qui
s’est passé lors de l’interview filmée chez Rosaleen Norton :
Nous
avons trouvé que Miss Rosaleen Norton était une personne charmante.
Elle nous a offert une tasse de thé et nous a dit très franchement que
ces jours-ci, elle se consacrait principalement à ensorceler diverses
personnes sur demande. Elle a dit que c’était le travail qu’elle aimait
le plus et a ajouté - avec un léger degré de fierté – qu’elle le
faisait avec un succès notable. Pendant qu’elle jetait le sort, Mlle
Norton portait un masque de tête de bouc et faisait teinter des
cloches, versait de l'eau et brûlait de l’encens, tout en chantant pour
invoquer les forces du dieu de la terre. Après que ce fut fini - cela a
pris environ trois minutes et demie - nous avons demandé à Melle Norton
quel sort elle avait jeté. Elle nous a dit qu’elle avait jeté un sort
pour assurer le succès de la production. Le lendemain, notre caméra est
tombée en panne...
Les
faits associés à cet épisode médiatique particulier parlent
d’eux-mêmes. Rosaleen Norton semble être loin d’être un maître « jeteur
de sort » - un sorcier réputé pour jeter des sorts noirs et maléfiques
- mais elle était clairement disposée à faire semblant de l’être pour
les caméras de télévision.
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